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Les matières. — En principe, les quantités ne peuvent être réduites dans des proportions intéressantes : certains exploitants ont tenté d'utiliser moins d’engrais, les résultats paraissent désastreux.
Ce qu'il faut, c’est n’employer les matières que très judicieusement et utiliser au maximum les produits mêmes de l’exploitation.
Fermage. Impôts. Assurance. Entretien locatif. — Le cultivateur ne peut presque rien pour diminuer ces chapitres. Les fermages, ainsi que nous l’avons dit, sont presque toujours en nature et le plus souvent inférieurs en valeur-or, à ce qu'ils étaient avant la guerre; ils représentent à peine 2 p. 100 des capitaux investis (C£. rapport de M. Caziot).
Le matériel. — Les dépenses d'entretien du matériel ne tendent presque jamais à diminuer. Dans le cas où ces dernières sont à un chiffre inférieur à celui des années précédentes ce n’est presque jamais dans la proportion de la baisse des produits de l’exploitation agricole.
La direction. — C’est un poste presque incompressible et qui sera plutôt en augmentation : l’agriculteur se trouvant dans la nécessité d’être mieux informé de la situation commerciale, d’où les déplacements et par suite des frais supplémentaires. Il faut souligner ici l’intérêt qui existe pour l’agriculteur dans l’amélioration du contrôle de ses affaires par une comptabilité claire et précise, ainsi que par une meilleure organisation du travail. On ne saurait également passer sous silence l'intérêt qu'il y a, dans une exploitation agricole, à établir d’une façon très sérieuse un budget avant le commencement de l’exercice ; ce bud-
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get ne peut être naturellement suivi d’une façon absolue, mais ce sera toujours un guide très précieux.
Les dépenses que nous venons de voir sont celles qui dépendent, en quelque mesure, de l'exploitation, mais il en est d’autres que nous avons rencontrées et qui ne dépendent pas de celle-ci.
C'est surtout par celles-ci qu’à l'heure actuelle on pourrait obtenir une compression du prix de revient.
En ce qui concerne les matières achetées, s’il est impossible d’en diminuer les quantités, il devrait être possible de les amener à des cours en harmonie avec ceux des produits agricoles ; rien n’a été fait en ce sens.
Les impôts ne doivent pas être augmentés, car ils représentent déjà 1 /2 quintal de blé au minimum et sont dans un coefficient hors de proportion avec les produits vendus par l’agriculteur.
Il ne faut pas négliger non plus l'incidence des impôts communaux et départementaux qui ont tendance à s’accroître d’une façon tout à fait incompatible avec la fortune des communes et ceci en raison des facilités accordées par l’État pour des fonds de premier établissement, d’une utilité, il faut le reconnaître, parfois incontestable.
On peut dire, par conséquent, que dans la mesure dépendant de son action propre l’agriculteur a, à peu de chose près, adapté son prix de revient aux circonstances économiques d'aujourd'hui. Par contre pour les frais qui ne sont pas sous sa dépendance, mais qui sont indispensables à la bonne marche de l'exploitation, on ne peut que constater que, sur la plupart des points, il n’y a eu, jusqu’à ce jour, aucune adaptation à la situation nouvelle.
À notre avis cela paraît provenir de l'isolement de chaque cultivateur.
Seule l’action corporative peut apporter une solution à cette partie du problème.
Sur le terrain particulier de la culture betterävière, l’action corporative, sanctionnée par l’État, s’est manifestement exercée. Elle est actuellement en plein travail. Elle ne s’est pas attaquée directement au prix de revient, mais à la crise betteravière elle-même en cherchant à procurer à l'agriculteur un prix de vente rémunérateur.
$ 2. — Les accords de contingentement.
Le système du contingentement de la production agricole est un moyen d'obtenir une revalorisation des produits à la satisfaction des exploitants. Les consommateurs euxmêmes n’y trouveront pas un inconvénient énorme, à condition que le contingentement soit raisonnable, c’est-àdire assez large pour ne pas provoquer des cours exagérément gonflés. Il est d’ailleurs évident que moins le contingentement sera sévère, plus il sera volontiers respecté par les intéressés. En matières betteravière et sucrière l’idée de contingentement n’est pas une idée tout à fait nouvelle. À l’heure actuelle, nous ne voulons nous occuper que des accords de contingentement français ; cependant ceux-ci ont été précédés, sur le plan international, par de accords conclus pour réglementer la production du sucre et, sur le plan national, par les travaux d’une commission ministérielle créée en 1923 pour étudier d’une façon générale tous les problèmes relatifs aux rapports entre planteurs de betteraves et fabricants de sucre.
Le mouvement de contingentement partit de Cuba. Nous avons vu que, dans les pays exotiques, la production
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du sucre (de canne) avait augmenté dans de grandes proportions. Cuba est un très gros producteur qui a pour débouché principal le grand marché des États-Unis ; en 1925, les cours des sucres sur le marché de New-York subirent une forte baisse. Devant cette baisse, les fabriques ne couvraient plus leurs frais et craignaient que cette situation n’allât en s’accentuant ; effectivement en mars 1926 le prix de la livre de sucre tombe à 2,20 cents.
Les planteurs de Cuba réclamèrent du Gouvernement une politique de restrictions, lui demandant de briser par des décrets l’opposition faite à cette tentative par une minorité de planteurs et de fabricants. Un contingent fut fixé et il oscilla, les années suivantes, de 4.905.000 tonnes à 4.103.000 tonnes.
Comme à cette époque les autres pays producteurs augmentaient encore leur production, l'initiative en baisse se révéla plus ou moins inutile.
Cuba fit alors une nouvelle tentative en 1927. De concert avec quelques pays européens producteurs de sucre son marché d’exportation fut réglé par une « Société d'Exportation du Sucre. » Grâce à cette politique particulière de vente sur les marchés extérieurs, autres que les États-Unis, le prix moyen püût atteindre un niveau favorable relativement aux prix minimes du marché mondial.
Lors de la Conférence de Paris, tenue du 11 au 14 novembre 1927, les représentants des industries sucrières d'Allemagne, de Tchécoslovaquie, de Pologne se déclarèrent prêt à collaborer avec Cuba.
Cuba s’engageait à réduire la production de sa récolte de 1927-1928. Les autres pays, de leur côté, promettaient de faire tous leurs efforts pour augmenter leur consommation et de régler ensuite la culture de la betterave de telle
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façon que, pour la campagne 1928-1929, les excédents de production destinés à l’exportation diminuassent.
Les résultats furent les suivants : on put constater que, seule, la Tchécoslovaquie avait restreint sa culture de betteraves. L’Allemagne et la Pologne avaient au contraire augmenté la leur.
La Société des Nations connut elle-même, de la crise sucrière. Le 4 avril 1929, le Comité économique de la Société des Nations se réunit en une séance spéciale pour entendre l’exposé de nombreux experts. Cette séance avait pour objet de renseigner le Comité sur l’ensemble de la question. Il fut reconnu qu’une tentative de règlement international de la production serait vouée à l’échec, ainsi que l'avaient montré les essais précédents, mais que, d'autre part, l'initiative d’une restriction générale de la production du sucre devait être prise par l’industrie ellemême. À ce point de vue se rallièrent Cuba, l’Allemagne, la Tchécoslovaquie, la Pologne, la Hongrie et la Belgique.
A la fin de 1929 les représentants de ces mêmes États se réunirent de nouveau, cette fois-ci à Bruxelles. Il fut convenu entre ces six pays qu'ils restreindraient leur exportation, pendant une durée de quatre ans, en se basant sur des chiffres qui furent établis à cette occasion.
Ces résolutions ne furent pas plus observées que celle de 1927.
Et nous arrivons alors au Plan Chadbourne de 1931.
De très nombreux capitaux américains étaient investis dans les sucreries cubaines. Le krach de Wall-Street, du 24 octobre 1929, entraîna pour les fabriques de sucre de Cuba une situation financière intenable.
Les ventes du sucre cubain durent être effectuées à perte ; les cours tombèrent. Le marché des États-Unis
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devint très défavorable aux producteurs qui y trouvaient leur débouché. Les deux banques américaines les plus atteintes par cette situation : la Chase National Bank et la National City Bank of New-York chargèrent le juriste américain M. Thomas Chadbourne de traiter avec les différentes parties intéressées.
C’est de là que sort la convention internationale de 1931 ou Plan Chadbourne. Nous n’entrerons pas dans le détail des négociations qui eurent lieu à cette époque.
La Convention Chadbourne fut signée à Bruxelles le 9 mai 1931 par les délégués de Cuba, de Java, de la Pologne, de l’Allemagne, de la Tchécoslovaquie, de la Hongrie et de la Belgique, valable jusqu’au 1° septembre 1935. L'idée fondamentale était tout d’abord d’établir un rapport plus favorable entre l'offre et la demande, en stockant une partie des approvisionnements qui, au cours du délai fixé, devaient être écoulés, chaque année d’une manière égale.
En second lieu, les industries sucrières contractantes s’engageaient à régler leur production de telle sorte qu’elle ne dépassât pas la consommation de l’intérieur, plus le contingent d'exportation, déduction faite cependant des quantités à prendre sur les stocks en excédent. On réglait la production à venir en tenant compte de la production actuelle et des stocks. Des chiffres précis furent fixés pour chaque pays adhérent.
En Octobre 1931, le Pérou se rallia à l'accord. La Yougoslavie l’imita en Juin 1933.
Un Conseil International du Sucre fut créé, qui eut son siège à La Haye. Il devait veiller à l'exécution de la convention, rassembler les informations nécessaires, faire de la propagande pour le développement de la consommation,