‹ Étude Sur Un Prix De Revient AgricoleChapitre 3 sur 34 · PRES · texte numérisé non relu

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ils être crédités de cette valeur ? Deux conventions sont encore nécessaires.

Autre exemple : les: frais généraux d’une ferme sont des plus importants. Comment les répartir entre les différents postes de production ? Ici encore, il faudra résoudre la question d’une façon tout à fait arbitraire qui sera, par là même, toujours sujette à critique.

Cela ne veut pas dire du tout que, a priori, nous critiquons et déclarons vaines les études concernant les prix de revient agricoles, y compris notre propre étude, maïs nous voulons indiquer que des conventions très strictes sont nécessaires et que les résultats que l’on obtiendra ne pourront fournir d'indications véritablement utiles que s’ils ont été établis rigoureusement identiques.

M. Daniel Zolla*, dans un article publié dans la Revue des Sciences politiques, a mis en lumière ce caractère des prix de revient agricoles : «Il semble qu’en divisant le totai des dépenses par les quantités récoltées, on obtient exactement le coût de production. Le public est tenté d’ajouter que tous les commerçants utilisent leur comptabilité pour connaître les prix de revient de leurs marchandises et qu’i suffit aux agriculteurs de suivre cet exemple pour être exactement renseignés.

« Eh bien! Non! Les commerçants et les industriels se livrent à des opérations qui correspondent exactement à des ventes et à des achats réels. En agriculture, les choses se passent autrement. Le cultivateur produit lui-même la plupart de ses matières premières comme les aliments donnés au bétaïl, comme les pailles qui servent à la fabrication du fumier; cet engrais semblable à une matière

1. Zolla. Les prix de revient agricoles, p. 7. Bibliothèque Sciences politiques, Mélanges, g. v., 8°, 63.

première est porté sur les champs pour arriver à produire une récolte. La récolte obtenue reçoit la fumure, mais ne l’achète pas après en avoir discuté le prix selon sa qualité, pas plus que les animaux ne discutent le prix des fourrages qui leur sont distribués. La force des attelages nourris à la ferme avec des aliments que l’agriculteur n’a pas achetés, cette force, moyen de production, a une valeur que l’on peut fixer seulement après une évaluation toute arbitraire. Cette évaluation a pour base le prix des aliments donnés, déduction faite du fumier produit : le prix des aliments ou des fumiers dépend lui-même de la valeur attribuée sans exactitude aux fourrages ou aux fumiers qui ont servi à produire les grains, les racines, les foins ou les pailles, toutes matières données aux animaux.

Tout est ainsi mêlé ; toutes les productions sont subordonnées les unes aux autres. Puisque la plupart des prix attribués aux éléments d’un compte spécial sont arbitraires, on arrive à faire gagner ou perdre le compte correspondant, car ce qui est inscrit au débit de l’un est porté au crédit de l’autre.

Dans le commerce, au contraire, ou dans l’industrie, il y a des ventes effectives et des achats réels ; les prix de revient ne comportent pas d’'hypothèses ou d'évaluations personnelles. » Pourtant, des prix de revient agricoles ont été établis, mais ils sont, soit très anciens et fort arbitraires — et l’opinion de M. Zolla est alors entièrement confirmée — ou très récents, établis suivant des méthodes nouvelles que l’auteur de l’article que nous venons de citer ne connaissait pas encore lorsqu'il l’a écrit.

Nous croyons pouvoir affirmer que la conception actuelle du prix de revient était inexistante avant 1914. Des spécialistes avaient bien essayé de lancer cette notion, mais

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