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elle ne fut jamais retenue par les grandes associations agricoles de notre pays ni par les dirigeants de nos écoles nationales d'agriculture.
Depuis la guerre, l'augmentation des produits agricoles, des dépenses qui en découlent et l’industrialisation plus poussée de l’agriculture de certaines régions ont fait une obligation à de nombreux agriculteurs d’avoir à leur disposition une comptabilité agricole sérieuse leur permettant de voir clair dans leurs affaires. Cette comptabilité nécessite obligatoirement à la base l'établissement du prix de revient des divers produits de la terre. L'établissement et l'étude du prix de revient sont particulièrement intéressants lorsqu'il s’agit de la betterave à sucre.
Si la betterave est le produit agricole qui a le prix de
revient le plus élevé, qui a eu, et a encore, le prix de vente le plus élevé (ce qui ne veut pas dire suffisamment rémunérateur), c’est aussi une matière première qui alimente une grande industrie nationale et intéresse à ce titre six millions de Français :.
Sans doute, il semble difficile, lorsqu'on traite de la culture betteravière, de ne pas aborder la question du sucre qui est extrêmement complexe ; mais alors nous sortirions
1. Lorsque, en 1797, Margraff découvrit la présence dusucre dans la racine de la betterave, on ne pouvait se douter de l’essor que devait prendre la culture de cette plante industrielle, essor qui, du reste, n’a commencé que 50 ans plus tard.
En 1840 on a produit en France 23.760 tonnes de sucre raffiné.
En 1850 — 60.720 — En 1860 — 153.120 — En 1873 —- 349.360 — Pour atteindre en 1902 1.051.931 —
chiffre qui n’a été dépassé qu’en 1930-31 avec 1.084.129 tonnes correspondant à une superficie cultivée en betteraves de 282.000 hectares.
PRG
du sujet même que nous nous sommes {racé : nous VOulons prendre la betterave dans sa culture même, à son .origine, c’est-à-dire avec les premiers travaux effectués sur la terre qui la portera, et la suivre ensuite jusqu’à la bascule de la râperie ou de la sucrerie ; ce que nous chercherons avant tout c’est à savoir à combien on peut estimer Ja tonne de la préciseuse racine que l’agriculteur porte au sucrier. Plus exactement, nous chercherons à quel prix revient la mise en culture d’un hectare de betteraves, :car nous verrons qu'il est extrêmement difficile de déterminer le prix de revient de la tonne, parce qu’alors intervient la question du rendement si particulière à l’agriculture. Le rendement, c’est-à-dire le poids total des racines récoltées sur un hectare, est fonction des soins apportés, de la fertilité des terres et des conditions atmosphériques — soit de deux conditions sur trois qui ne dépendent pas du pouvoir de l’homme. Le prix de revient à l’hectare et le prix de revient à la tonne sont deux notions tout à fait voisines; on passe de l’une à l’autre par une simple division, mais la deuxième présente un degré d’incertitude beaucoup ‘plus fort que la première.
Seulement, ayant abouti à -un chiffre, nous ne pourrons pas en rester là parce qu’il existe en notre matière un état de choses des plus intéressants, état de choses qui vient de
ce que les planteurs estiment que leur prix de vente me eouvre pas leur prix de revient tel que nous le calculerons et auquel on paraît avoir trouvé remède ; une étude sur la situation d’une partie de l’économie agricole actuelle, de l’économie betteravière et sucrière, a donc, à sa base, l'étude même du prix de revient. À cela les agriculteurs planteurs de betteraves sont directement intéressés.
Mais avec M.Zolla nous pourrons dire que le problème