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matériel, des matières considérables dont le total est imposant, par conséquent une mise en jeu de gros capitaux qui est, en principe, à la portée des seuls gros fermiers.
Il faut rappeler ici ce que nous avons indiqué dans notre introduction : il n’est pas possible d'isoler entièrement une spéculation agricole des autres spéculations que le fermier entreprend également. Le fermier de « l’Ile de France » se spécialise, concentrant ses efforts et ses capitaux sur quelques produits agricoles seulement, sur ceux qui sont le mieux adaptés aux conditions naturelles du milieu où il cultive et aux conditions économiques du moment, mais il lui est impossible de pousser la spécialisation trop loin et de ne se livrer qu’à la culture d’un seul produit.
Tout le monde a entendu parler de la question de l’assolement. Une même parcelle de terre ne peut pas porter tous les ans la même culture. Une plante cultivée sur un sol déterminé prend à ce sol un certain nombre d'éléments fertilisants qui sont nécessaires à sa croissance, elle épuise le sol : pour redonner à celui-ci les éléments qu'il a perdus, il est nécessaire de mettre à la place de l’ancienne plante, une autre plante qui lui restitue les éléments pris par la première ou, au moins, qui ne prenne pas les mêmes. Cette alternance des cultures sur une même terre, c’est l’assolement.
Les fermes de « l’Ile de France » s’adonnnent à trois cultures essentielles : betteraves, blé, avoine ; ce sont ces trois plantes que l’on fait venir à tour de rôle sur une même terre; nous avons donc, en principe, ce qu’on appelle un assolement triennal. Cependant, dans notre ferme-type, on ne peut dire qu’il y ait un système de rotation absolument invariable : suivant le cours du sucre on fait une part
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plus ou moins grande aux betteraves, suivant la situation même des champs et la facilité des charrois de betteraves on fait revenir plus ou moins souvent la betterave sur la même terre. Toutefois, on fera une certaine place aux prairies artificielles (luzerne surtout), on fera revenir cette légumineuse tous les dix ou quinze ans pour reposer la terre, pour en faire une terre neuve. | Pour les 196,06 hectares de notre ferme moyenne,
nous aurons pour l’année 1934-1935 l’assolement général moyen suivant :
BIC DECLeRANES EE TU 0 EE 12 Bicrdéendestthineusess del, 1949 DO LTORAVO SE none on cases 41.90 NOT CPE TE RE Can tee, ee. DO) (ORDER EE SE SE RE EN A Et (0) BratriessarticielesS eee mat 5 112 PAUSE CPE EN Oo 20750
Il est évident que, chaque année, la surface emblavée pour chaque catégorie de culture est susceptible de variations.
L’assolement normal étant l’assolement triennal, nous aurons sur telle parcelle de terre cette année du blé, l’année suivante de l’avoine, la troisième année de la betterave, la quatrième année du blé et ainsi de suite, au bout de quatre tours, c’est-à-dire de douze ans, on mettra sur la pièce de terre pendant deux ans de la luzerne. Mais comme cet assolement n’a rien d’immuable, pour des pièces de terres qui seront voisines de la bascule où l’on viendra faire peser les tombereaux chargés de betteraves, ou bien pour les pièces près de telle ou telle route permettant de faire sortir aisément les charrois, l’assolement pourra être
blé, betteraves, blé, betteraves, etc..., parfois avoine ou
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luzerne. Il est bien évident que dans ce cas, on demandera plus d'éléments fertilisants au sol, on l’appauvrira par suite davantage; il faudra alors veiller tout particulièrement à ce que les plantes cultivées, les céréales ou les betteraves ne soient pas atteintes par les maladies ; il faudra, en outre, faire intervenir les engrais à plus forte dose.
La rotation des cultures, surtout lorsqu'on pratique la culture intensive, n’a jamais été suffisante pour restituer au sol tous les principes fertilisants que les plantes cultivées lui prennent. De là la question des engrais, engrais naturels d’abord, engrais de complément, engrais minéraux ensuite.
Nous ne parlons ici que des engrais en tant que nécessaires à la culture de la betterave. Nous verrons, dans l'établissement statistique du prix de revient, que la question de savoir dans quelle proportion les avances en engrais faites à une terre, pour une culture donnée, profitent aux cultures suivantes est une question controversée, qu'il est nécessaire de recourir à une convention lorsque l’on veut attribuer une dépense de fumure à une culture déterminée.
Le premier engrais est un engrais naturel, c’est le fumier. La ferme le fournira; s’il n’y en a pas suffisamment, elle en achètera : il y a un cours du fumier, pris dans certaines conditions, comme il y a des cours pour toute autre marchandise, ce qui permettra d’ailleurs, disons-le en passant, d'évaluer la dépense faite avec précision.
On admet, en principe, que le fumier mis en terre profite aux trois récoltes suivantes. Dans le cycle de l’assolement, c'est l’année où l’on va cultiver la betterave que l’on choisit pour l’incorporer au sol par un labour profond. Il