‹ Étude Sur Une Affection De La Peau Mycosis FongoïdeChapitre 11 sur 22 · NS ES · texte numérisé non relu

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rentiels, tirés de l'étendue des surfaces malades et du prurit, qui ont paru suffisants à M. Guérard, ne nous offrent aucune certitude. Nous avons observé, d'un côté, des plaques lichénoïdes disséminées, très-circonscrites ; d’un autre côté, le prurit, chez plusieurs malades, a été aussi violent que dans les lichens dartreux. Ici encore nous invoquerons les caractères communs aux manifestations du mycosis : la teinte foncée, plus accentuée que dans le lichen, la saillie plus considérable au-dessus de la peau, qui paraît boursouflée comme par une substance fongueuse ; la surface n’est pas franchement papuleuse comme dans le lichen, mais inévale, squameuse; enfin, par-dessus tout, la marche intermittente et l’apparition de nouveaux éléments mobides.

A sa période tuberculeuse, le mycosis peut être confondu avec les nombreuses maladies qui donnent naissance à des tumeurs cutanées. Cependant les caractères des tubercules ou excroissances fongoïdes, sur la description desquels nous avons longuement insisté, nous paraissent assez tranchés pour être aisément reconnus. À cette époque, du reste, on doit être éclairé par l'existence antérieure des autres éruptions, leurs transformations et le développement des aceidents généraux.

Le molluscum se rapproche par sa forme et sa consistance des petits tubereules Ilymphoïdes. Beaucoup de dermatologistes ont confondu, sous le nom commun de molluscum, des affections cutanées de natures différentes. Nous sommes convaincu, par la lecture de leurs ouvrages, que Biett, Rayer, Cazenave, Gi-

(Sani

bert, etc., ont fait la même confusion que Battemann et Carswell, dont ils ont reproduit les idées sur ce sujet. Quelques cas de molluscum. appelés par eux molluscum fongoïde, se rapportent certainement à notre mycosis. Les autres espèces de molluscum sont : le molluscum proprement dit, consistant en tumeurs de ærosseur variable, nombreuses, lisses, sessiles ou pédiculées, indolentes, à développement lent, permanentes et sans influence sur l’état général ; c'est par sa structure un fibrome (1); le molluscum pendulum est une variété du précédent ; le molluscum stéarique, décrit par M. Hardy (2) et M. Bazin (3), forme des tumeurs globuleuses, sans changement de coloration de la peau, fermes, stationnaires, sans tendance à l’ulcération ; elles renferment un contenu graisseux facile à reconnaître par une légère incision : enfin, certains acnés varioliformes, hypertrophiques, ont encore été confondus sous la dénomination de molluscum. On voit done que ce groupe hétérogène doit disparaître, etque, si l’on conserve le nom de molluscum, il doit être réservé au fibrome molluscoïde (Virchow), bien différent, sous tous les rapports, de notre mycosis.

Dans quelques circonstances exceptionnelles, les glandes sébacées s’hypertrophient, s'altèrent et prennent un volume exagéré sous forme de tubercules nombreux : témoin le fait curieux d’acné hyper-

(1) Virchow, Pathologie des tumeurs, t. f, p. 322. (2} Leçons sur les maladies de la peau, publiées par M. Gar-

nier, 1862, p. 13.

(3) Leçons sur les affections cutanées artificielles, etc, p. 445.

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