TRAITEMENT
L'opinion à laquelle nous nous sommes arrêté sur la nature du mycosis fongoïde, nous permet de tracer la voie dans laquelle doit être dirigé le traitement, Malheureusement, la lymphadénie cutanée doit par- : tager le triste pronostic des autres affections lymphadéniques : tous les cas publiés se sont, en effet, terminés par la mort.
Cependant, le médecin ne doit pas perdre courage en face d'un mal qui défie ses efforts. Espérons que les progrès de la science, en nous éclairant sur Ja pa-
thogénie des maladies, nous permettra de lutter contre elles avec succès, et c’est alors que la connaissance de la nature de la lymphadénie pourra servir à instituer un traitement rationnel. En attendant, nous devons employer les moyens thérapeutiques les moins incertains que nous aient transmis nos maîtres et prédécesseurs; et même, à une période avancée de la maladie, mettre en usage les méthodes de traitement qui ont été suivies, sinon de guérison complète, du moins d'amélioration marquée, contre la leucémie et l’adénie. |
La lymphadénie entraînant un état anémique particulier, une cachexie progressive, on a tout d'abord employé contre elle les préparations ferrugineuses, le quinquina, les analeptiques, un régime réparateur, etc. : c’est le fond du traitement.
Le sulfate de quinine, employé pour agir sur la rate qu'on supposait être le point de départ du mal, est resté inefficace.
Ce sont les modificateurs généraux et puissants, les {traitements thermal et hydrothérapique, aidés d’un régime convenable, qui ont rendu le plus de services : c'est à eux qu’il conviendra de s'adresser dès que le diagnostic aura été posé. Trousseau {1), Hérard (2),
Niemeyer (3), sont unanimes pour accorder une grande ‘ confiance aux eaux minérales bromo-iodurées : eaux de mer, eaux de Kreuznach, de Nauheim, Lavey, Saxon, etc. M. Cossy a vu un malade atteint d’adénie
(4) Clinique médic., t. II, p. 580.
(2) Union médic., 1° août 1865, p. 214.
(3) Traité de pathol. et de thérapeut., 2° édit. t. I, p. 754.
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se bien trouver des eaux de Lavey administrées à l'intérieur jusqu’à effet laxatif, en même temps qu’à l'extérieur on employait les douches froides et chaudes, le massage, etc. ; les tumeurs ganglionnaires avaient notablement diminué. Trousseau recommande particulièrement les eaux de Saxon, à cause de la forte proportion des éléments minéralisateurs (33 gr. d’iodures et 10 gr. de bromures, pour un bain de 300 litres).
Sigualons en passant l’heureux effet de la décoction de Zilimann (lisane de salsepareille composée), employée par Niemeyer contre une lymphadénie ganglionnaire dont les tumeurs disparurent ; le malade : soumis ensuite à l'hydrothérapie, avait repris «un état florissant, » mais la maladie reparut, et finit par l’emporter. En se rappelant la diminution de volume des lymphadénomes sous l'influence de la diarrhée, on pourra s'expliquer l’heureux effet de la tisane de Zittmann, qui est légèrement purgative, ainsi que celui des eaux minérales que nous avons indiquées.
Quant aux lymphadénomes cutanés à leur période d'ulcération, la fétidité des liquides qui en découlent, réclame un pansement désinfectant au chlorure de chaux ou à l'acide phénique, etc. ; puis, on cherchera à réveiller Ja vitalité des plaies, et l’on activera leur cicatrisation par des pansements réguliers au vin aromatique, ou par l’application de topiques excitants et modificateurs, que l’on pourra varier suivant les indications particulières.
1869. — Gillot. 7
Observations. ;