‹ Étude Sur Une Affection De La Peau Mycosis FongoïdeChapitre 2 sur 22 · AVE · texte numérisé non relu

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Traité des tumeurs, Virchow parle du mycosis fongoïde (1); il rapporte une observation, qui a bien de l’analogie avec cette affection, mais la concision de cet article, et l'insuffisance de l’examen histologique dû à Kœbner (2), nous empêchent d’en tenir compte. M. le professeur Hardy, que nous avons entendu nous-même exposer son opinion à l'hôpital Saint- Louis, à propos de notre malade, regarde le mycosis fongoïde comme une dartre dégénérée, et la fait rentrer dans ce qu’il a décrit sous le nom de lichen hypertrophique (3). |

Cest donc principalement avec les faits publiés par MM. Bazin et Guérard, et avec celui qui nous est personnel, que nous allons faire l’histoire du mycosis. Bien que notre observation soit la seule dans laquelle un examen micrographique complet ait permis de déterminer la nature anatomique de la maladie, nous n'hésitons pas à y joindre celles des auteurs que nous venons de citer : leur analogie au point de vue cli-nique est des plus manifestes. Du reste, M. Bazin, dont la science en dermatologie est incontestée, a lui-même reconnu l'identité parfaite des lésions de notre ma- Jade avec celles qu'il avait déjà vues et décrites jus-

(1) Virchow, Pathologie des tumeurs, trad. par P. Aronssohn, tp "028:

(2) Klinische und experimentelle Wittheilungen aus der Dermatolooïa und syphilidologie; Erlang., 1864, p. 40. (Communications clin. et expériment. sur la dermatologie et la syphilidologie). Cite par Virchow.

(8) Hardy, Leçons sur les affect. cutan. dartr., professées à l'hôpital Saint-Louis en 1861, rédigées par Pihan-Dufeillay. p. 92; Paris, 1862,

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qu'alors sous le nom de mycosis : plusieurs de ses anciens élèves ont également confirmé cette assertion.

Etymologie. — Par le mot de mycosis (ubene, fungus, champignon), Alibert voulait faire saisir immédiatement le caractère mollasse, fongueux des tumeurs qu'il rangeait sous ce titre; l’épithète de fongoïde n’est en réalité qu’une redondance inutile, mais qui servait à distinger l’une des espèces créées par Alibert. Tant que la nature de l'affection resta inconnue, le mot de mycosis était excellent par cela même qu’il ne préjugeait rien; aussi fut-il gardé par M. Bazin, et cité par les autres auteurs, Mais aujourd'hui que nous sommes édifiés sur .a structure des tumeurs du mycosis, que nous avons pu le rattacher à un groupe nosologique récemment étudié, la /ym- Phadénie (leucocythémie et adénie), comme nous espérons parvenir à le démontrer dans ce travail, n’aurions-nous pas dù abandonner le nom de mycosis . fonycide, et le remplacer par une dénomination plus en rapport avec les exigences de la science moderne (éumeurs adénoïdes, lymphadénomes de la peau, lymphadénie cutanée)? Nous n'avons pas cru devoir faire cette innovation dans un travail destiné précisément à rechercher et à déterminer la nature véritable du mycosis ; et nous avons gardé provisoirement le mot sanctionné par les imposantes autorités d’Alibert, de M. Bazin, etc.

Division. — Nous suivrons, dans l'exposé de cette étude, la marche qui nous a dirigé nous-même dans

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l'examen des faits, et nous a conduit à une opinion définitive. Après avoir décrit les symptômes et l’évolution de la maladie, nous examinerons les conditions dans lesquelles elle se développe, ses causes appréciables ; nous demanderons à l’anatomie pathologique des renseignements sur la structure des produits morbides et leur pathogénie; nous établirons le diagnostic du mycosis et des autres affections de la peau avec lesquelles on pourrait le confondre : à l’aide de toutes les données positives que nous aurons pu recueillir sur notre route, nous passerons en revue et discuterons d’une façon libre et consciencieuse les théories émises par les auteurs qui nous ont précédé, et nous terminerons enfin en exposant l'opinion à laquelle nous nous sommes arrêté. Ce sera matière à autant de chapitres différents.

Plus que personne nous sommes convaincu des difficultés que présente un pareil sujet, et pénétré de notre insuffisance à le traiter. Nous espérons que ces difficultés mêmes pourront servir, aux yeux de nos Juges, d’excuse au peu de mérite de ce travail. On trouvera peut-être prématurées les vues que nous avons émises, à la fin de notre étude, sur des questions de pathologie encore bien obscures, et les conclusions que nous avons adoptées. Nous avons cru néanmoins que la conviction, qui s’est imposée à notre esprit, nous faisait un devoir de les défendre : nous nous estimerions trop heureux si quelques-unes de ces conclusions étaient accueillies favorablement, et si nous pouvions ainsi apporter quelques matériaux utiles à l’édifice scientifique si laborieusement et si

EL brillamment réédifié par nos maîtres, sur les bases de l'observation et de la science positive.

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