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Pas de troubles digestifs notables au début : l'appétit est conservé, l’embonpoint persiste même jusqu'au moment où la généralisation des tumeurs amène rapidement la cachexie. Alors apparaît la diarrhée, déjà signalée par Albert, sous-forme de lientérie abondante, et de nature séreuse. Elle peut cesser pendant quelque temps, puis récidive : à chaque nouvelle apparition, elle a une influence notable sur l’affaissement des tumeurs fongoïdes existantes. À la fin, elle devient continue. Nous avons à la période ultime observé du muguet sur la langue et les parois buccales.
Les fonctions respiratoires et circulatoires sont peu dérangées; nous signalerons chez une malade (obs. 1) l'existence d’un noyau tuberculeux dans le sommet d'un poumon; mais il ne doit être considéré que comme une complication survenue dans les derniers mois de la vie. |
L’altération du sang s’est révélée par un bruit de souffle anémique au cœur, et propagé dans les vaisseaux, ainsi que par un œdème passif des membres inférieurs, du dos et des flancs : il n’y a pas eu d’anasarque généralisée, mais de:l’ascite. Le sang, examiné au microscope, pendant la vie, n’offrait pas d'augmentation dans la quantité proportionnelle des globules blancs. Les urines, examinées avec soin et à plusieurs reprises, étaient pâles, peu abondantes et ne contenaient aucune trace de sucre ni d’albumine (obs. 1).
La menstruation a, chez notre malade, toujours ée régulière jusqu'aux dix derniers mois , époque
Ares où elle s’est suspendue complétement. Dans un autre fait (Guérard, obs. 5), des troubles de la menstruation avaient été signalés dès le début.
Quant au système nerveux il paraît peu atteint. M. Guérard a insisté sur la diminution de sensibilité, l’'anesthésie incomplète destumeurs mycositiques, mais ce phénomène ne nous paraît pas constant et a été sans doute exagéré. La privation de sommeil a constitué un symptôme persistant et pénible presque dès le début chez la femme Battet (obs. 1). Peut-être faut-il l'attribuer en grande partie à la démangeaison : ce prurit, qui appartient à la période des premières éruptions, n’atteint cependant pas l'intensité des atroces démangeaisons de certaines affections herpétiques. Pas de douleurs vives, ni spontanées, ni provoquées dans les parties malades. M. Bazin a signalé leur existence une seule fois (obs. 3), dans un cas où la vaste étendue des surfaces malades était exceplionnelle et où il y avait eu en outre des complications inflammatoires. L'iniégrité des organes des sens est complète et l'intelligence se conserve jusqu'à la mort.
Arr. IV. -— Marche et durée de la maladie.
Début. — C'est au milieu d’un état de santé satisfaisant, en apparence du moins, que débutent les premières manifestations du mycosis. Cependant eiles ont été, dans plusieurs cas, précédées par des troubles morbides peu prononcés, qui n'ont pas suffisamment peut-être éveillé l'attention ni des malades, ni du médecin, tels que douleurs vagues dans les memn-
ROLE bres, perturbations menstruelles, dyspepsie, état maladif causé par un changement de pays, des chagrins prolongés (obs. 1, 3).
La succession régulière des diverses lésions cutanées qui appartiennent à cette curieuse maladie, nous permet de lui considérer deux phases ou périodes.
Première période. —Les malades s’aperçoivent de rougeurs, de taches congestives, disséminées ordinairement dans plusieursrégionsdu corps, quelquefois limitées à une seule. Cette première éruption s'accompagne toujours de chaleur de la peau et de démangeaison ; aussi les malades sont-ils portés à se gralter etaugmentent par cela même l’irritation de la peau : l’éruption d’abord sèche et simplement congestive peut devenir suintante et squameuse. Les taches cong'eslives se montrent par poussées successives, disparaissant sur un point pour reparaître ailleurs. Parfois elles s’évanouissent complétement, et cette améliora. tion paraît survenir de préférence pendant l'hiver, la maladie semble guérie ; mais, après un intervalle de répit qui ne dépasse pas quelques mois, de nouvelles éruptions se manifestent principalement au retour du et printemps: elles offrent alors une ténacité extrême, bientôt changent d'aspect. En effet, après une durée variable de quelques mois à dix-huit mois (obs. 1), cinq où six ans même ‘obs. 3), pendant lesquels on croit n'avoir affaire qu’à une éruption herpétique tenace, on voit apparaître ces éruptions plus saillantes que nous avons appelées plaques lichénoïdes. Elles peuvent également se montrer de bonne heure : les pre-
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mières manifestations se transforment alors rapidement; la peau se soulève, s’épaissit et prend l'aspect lichénoïde presque d'emblée. Jusque-là, la santé générale n’a encore subi aucune atteinte grave, malgré la persistance de quelques troubles fonctionnels légers et insidieux.
Deuxième période. — Cest l’époque principale de la maladie, celle pendant laquelle poussent les excroissances fongoïdes avec leurs caractères particuliers. Sur les points de la surface cutanée, encore actuellement malades, ou qui l'ont été dans la période précédente, il se fait une sorte de fluxion dans l'épaisseur de la peau qui se gonfle, se boursoufle, s'élève assez rapidement, et forme une petite tumeur rouge, lisse, indolente, offrant enfin les caractères que nous avons longuement décrits plus haut. Des productions semblables se forment peu à peu sur le reste du tégument externe, les unes isolées, les autres agglomérées d'une façon irrégulière. Puis, au bout d’un certain temps, sur le sommet de ces tumeurs se fait une ulcération, qui s'agrandit rapidement : des ulcérations voisines se réunissent, et constituent alors ces pertes de substance superficielles mais très-étendues en surface, que nous avons signalées; elles font du malheureux, qui est atteint de cette horrible affection, un objet de dégoût pour les autres et pour lui-même. Pendant toute cette évolution, se reproduit encore le singulier phénomène de rétrocession, qui est un des caractères les plus frappants des affections mycositiques. Tous les malades signalent l’affaissement, la disparition
= JE | même à plusieurs reprises, et quelquefois très rapide, des tumeurs fongoïdes d'un volume considérable, et de ganglions engorgés : cette disparition est même souvent si complète qu’il n’en reste presque aucun vestige. On se félicite alors de ce mouvement dé résorption, que l’on croit tendre à la guérison. Vain espoir! Arrivé à celte période, le mal ne recule pas; de nouvelles explosions de tumeurs éclatent, qui suivent ia marche des précédentes. C'est à ce moment que la santé générale est sérieusement ébranlée, et que se manifestent des troubles généraux graves et profonds. Ce n’est pas seulement à la suppuration des ulcères, à la fétidité de leurs produits qu'il faut imputer la gravité de l'état général; l’économie est frappée tout entière par une cause morbide qui nous échappe, mais qui produit, en même temps que des phénomènes extérieurs, une altération certaine, un état dyscrasique du sang, et se révèle par les signes d'une cachexie prononcée. Il se déclare des exacerbations fébriles le soir, des troubles astro-intestinaux, une insomnie pénible, un amaigrissement extrême. La diarrhée s'établit et achève d'épuiser le malade, qui meurt enfin dans le dernier degré de marasme. Hâtons-nous de dire toutefois que les périodes désignées dans notre esquisse, ne sont point aussi tranchées qu'on pourrait le supposer. Nous avons voulu indiquer la succession très-régulière des manifestalions cutanées, par lesquelles se traduit le mycosis. Mais si chaque période est caractérisée par l'apparition d'éléments nouveaux et de plus en plus importants, il n'en est pas moins vrai qu'on n’observe pas la dis-