‹ Étude sur une forme d'adéno-lymphite péri-utérineChapitre 4 sur 7 · PRONOSTIC · texte numérisé non relu

PRONOSTIC

La lymphangite péri-utérine est moins grave assurément que la phlébite; les observateurs ont été depuis longtemps frappés de ce fait. Une fois formée dans les veines, la matière purulente est bientôt portée dans tout le système circulatoire. Au contraire, les liquides en suppuration dans les vaisseaux lymphatiques, n'arrivent pas directement dans le sang. Ils traversent un ou plusieurs ganglions lymphatiques, espèces de filtres, où le liquide est en quelque sorte jugé, et le plus souvent arrêté, lorsqu'il possède des propriétés délétères.

Dans le pronostic de l'affection, il faut tenir un grand compte de l'anémie consécutive. Il résulte des recherches de M. Fioupe, et de celles plus récentes de M. Fouassier (De la numération des globules du sang dans les suites de couches physiologiques et dans la lymphangite utérine, thèse 1876), il résulte, dis-je, que Taccouchement normal modifie le chiffre des globules blanc et des globules rouges du sang, toujours dans le même sens : diminution des globules rouges, augmentation des globules blancs, ce qui produit un changement considérable dans les termes du rapport.

Dans l'accouchement suivi de lymphangite, le nombre des globules blancs et rouges, ainsi que leur rapport subit des modifications importantes, et la disposition signalée dans Taccouchement normal se retrouve ici, mais exagérée.

Dans sa thèse, M. Fouassier s'est placé au point de vue de la lymphangite infectieuse presque fatalement mortelle, et si l'on compare les tableaux qu'il donne des suites de couches normales, avec ceux des suites de couches accompagnées de lymphangite, l'antithèse est frappante. Dans la lymphangite plus bénigne, il en est encore de même, dans une proportion moindre, il est vrai.

Une adéno-lymphite survient, la malade pâlit, maigrit, ses digestions se font mal. Cet état dure jusqu'à ce que la résolution s'est faite dans les ganglions lymphatiques.

Nous pouvons citer telle femme (observation XV) que nous avons vue au début de sa lymphangite, elle était encore rouge, vive, nous la revoyons trois jours plus tard, et bien que l'adéno-lymphite reste bénigne, il y a une décoloration complète du visage et des téguments et les symptômes d'une anémie profonde si bien que nous avons peine

à la reconnaître. Dans la lymphangite née en dehors de l'accouchement, soit chez la malade qui avait une blennorrhagie, il en était absolument de même.

Je sais bien que, l'on pourra invoquer dans les suites de couches, la fièvre comme cause de la diminution des globules rouges, mais pour produire, alors que la fièvre est relativement modérée, une telle augmentation dans la proportion des leucocytes, il faut aussi concéder un certain rôle au système lymphatique. Chez la malade de l'observation I, on ne pourra attribuer l'anémie à la blennorrhagie seule. La malade qui en fait le sujet, ne s'est pas fatiguée depuis son entrée à l'hôpital, elle est relativement bien nourrie, elle s'était trouvée avant son entrée dans des conditions moins heureuses, elle avait sa blennorrhagie depuis longtemps, et ce n'est que lorsque l'adéno-lymphite survient, que l'anémie fait de rapides progrès. C'est là un fait dont il faut tenir compte dans le pronostic. Lorsqu'une malade a eu une lymphangite péri-utérine, si bénigne qu'on la suppose, elle a eu une maladie grave, sa résistance est considérablement affaiblie, et toute autre affection intercurrente survenant, trouverait un terrain bien peu disposé à se défendre et à réagir.

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