OBSERVATION III
(Lévy. Th. de Paris, 1897. Résumée).
Le nommé Joseph...., âgé de 48 ans, sans antécédents héréditaires ou personnels ressent huit jours environ après une deuxième blennorrhagie, une douleur assez forte sous les talons, qui ne l'empêche pas de continuer son travail. Après avoir servi un grand diner, il éprouve une grande difficulté à marcher et entre à l'hôpital dans un état cachectique très manifeste et couvert d'une éruption purpurique visible surtout au niveau des jambes.
Dix jours après, il est pris de douleurs dans les deux genoux, principalement au niveau des bourses séreuses pré-rotuliennes et des bourses sur lesquelles glissent les tendons de la patte d’oie ; un mois après il souffre de son poignet droit et des deux hanches.
Puis les épaules se prennent. Il présente également de l'arthralgie vertébrale cervicale et de l'amyotrophie surtout localisée aux membres inférieurs, mais les interosseux et les muscles de l'éminence thénar sont très amaigris.
Chez ce malade, on constate quelques secousses fibrillaires dans les muscles de la cuisse et de la diminution de la force musculaire.
11 n’y a pas de troubles de la sensibilité.
Le réflexe plantaire est intact, les douleurs des genoux empêchent de rechercher l’état des réflexes rotuliens. La station debout est impossible.
Sept mois après environ, le malade commence à marcher en s’appuyant sur des cannes, mais il évite de poser le talon sur le sol, tant est vive la douleur.
A l'examen électrique :
Courants faradiques. Diminution de la contractilité faradique des muscles et des nerfs des membres inférieurs, plus prononcée à gauche, qu'à droite, et intéressant surtout les muscles de la région antéro-externe, les péroniers des deux côtés et le pédieux, à gauche, en particulier : il faut employer des courants très intenses pour obtenir une légère contraction des muscles.
Courants galvaniques. Diminution de la contractilité galvanique des nerfs et muscles des membres inférieurs. Le membre gauche est plus atteint que le membre droit. De plus, dans la région antéro-externe, les muscles se contractent moins que ceux de la région postérieure ; on trouve des contractions lentes, vermiculaires avec inversion de la for- ù mule : il y a donc réaction de dégénérescence. Peu de chose du côté des membres inférieurs.
L’année suivante Félix Allard et Henry Meige (1), publiaient un cas analogue qu'ils résument ainsi :
« L..., issu d’une famille neuro-arthritique, est un névropathe rhu- « matisant, non alcoolique, dont la profession exigeait une station de- « bout prolongée. |
« Quinze jours après l'apparition d’une chaudepisse non soignée, L..., « fut pris de faiblesse dans les membres inférieurs : une arthrite tibio- « tarsienne se déclara quelques jours après, mais la motilité n’a pas « cessé d'être troublée dans les membres inférieurs dont les muscles « présentèrent dès le début, de l’atrophie avee contractions fibrillaires
(1) Félix ArranD et Henry Meicx. Journal de médecine et de chirurgie praliques, 1898.