‹ Étude sur une forme myélopathique du blenno-rhumatismeChapitre 12 sur 39 · LAS A RS · texte numérisé non relu

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elle parait amincie et adhérente, atrophiée, craquelée, recouverte de fines écailles épidermiques, tantôt au contraire, elle est épaissie. On la trouve ordinairement sèche, mais elle peut se couvrir aussi d’exsudations abondantes, localisées principalement aux jambes et aux pieds.

Les accidents cutanés de la blennorrhagie que Landouzy a + désignés sous le nom de « gonorrhéïdes » ne sont pas rares. Outre les éruptions scarlatiniforme et rubéoliforme, les éruptions à caractère d’érythème polymorphe, des poussées de purpura, que nous ne faisons que rappeler, la peau est encore le siège de productions épidermiques toutes spéciales auxquelles on a donné le nom de cornes cutanées.

Les cornes cutanées, ou plutôt « les éruptrons croûteuses cornées » n'apparaissent pas toujours à la même époque. Jeanselme en a noté Papparition trois semaines après le début d’une première blennorrhagie, alors que l'écoulement était à peu près nul. C'est trois mois environ à la suile d’uu deuxième écoulement, pas encore complètement tari, que les observe Vidal chez son malade. Parfoïs elles ne se montrent que vers le déclin du rhumatisme ainsi que la observé M. Jacquet. Chez notre malade d'Hérold, elles ne se sont développées qu’à la cinquième pullulation gonococcique.

Ces productions cornées ont une consistance variable ; tantôt elles sont molles, tantôt elles sont dures. Dans ce dernier cas, elles ressemblent à une véritable croûte ; elles sont sèches, sans trace d'humidité n; de suintement. Ordinairement pleines, elles sont quelquefois aussi, évidées à leur « base comme des cornes de ruminant ». Elles ont une apparence jaunâtre, de couleur cireuse, demi-transparente. Le sommet est translucide. à

De dimensions et de formes bien différentes, aplates ou saillantes, tantôt elles ont l’aspect d’un eône d’un centimètre

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de diamètre (Obs. de Vidal), tantôt leur base a les dimensions d’une pièce de cinquante centimes à un franc et leur hauteur atteint cinq à dix millimètres. On voit aussi l’éruption se présenter sous forme de simples papules squameuses, de plaques de rupia ou de petits cônes cornés (Obs. de Chauffard). Les unes sont comparables « aux clous de cuivre coniques qu'emploient les tapissiers », les autres rappellent par leur forme et leur relief un massif montagneux couronné de plusieurs pics ». Primitivement distinctes, elles peuvent devenir confluentes et donner lieu à une seule saillie mamelonnée à sommet double, triple et mème quadruple ; on a, en miniature, l’image d’un massif montagneux à sommets multiples, comme le représenterait une carte de géographie en relief (Obs. de Jacquet).

Dans certains cas, on a vu les productions épidermiques, constituant de « véritables kératoses », engainer, comme dans un étui, l'extrémité des doigts ox des orteils, et les coiffer d’une véritable calotte cornée. Elles empiètent parfois sur la matrice unguéale et soulèvent l’ongle dont elles ne tardent pas à déterminer la chute. (rualades de MM. Vidal, Jeanselme, Jacquet et Launois).

La symétrie de ces lésions comme leur généralisation a été remarquée dans toutes les observations que nous avons analysées. « La peau, écrit Vidal, attire l'attention par une dermopathie tout à fait insolite : c’est une éruption symétrique et généralisée de croûtes dures, cornées, sèches, sans trace d'humidité ni de suintement. » De même Jeanselme indique que, chez son jeune malade, les amas cornés affectaient sur les deux pieds une disposition manifestement symétrique. Les mêmes constatations sont faites dans les observations de Jacquet, de Chauffard. « Ce qui frappe surtout dans ces diverses éruptions des cuisses, dit ce dernier, c’est leur disposition symétrique. De chaque côté, ces

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