‹ Étude sur une forme myélopathique du blenno-rhumatismeChapitre 17 sur 39 · BAD CURE · texte numérisé non relu

BAD CURE

Tous les mouvements sont possibles, mais sont évités parce qu'ils sont douloufeux. De temps en temps, on remarque de petites contractions fibrillaires des muscles des membres inférieurs pendant l'extension. Par suite de l’état de faiblesse des jambes, la locomotion est pénible, le malade traine les pieds et ne peut marcher que soutenu par une canne. Il lui semble que ses membres se dérobent sous lui et au bout de quelques secondes, il est obligé de s’asseoir. ,

La station debout est pénible et réveille les douleurs, mais il n’y a pas de talalgie.

Les membres sont le siège de douleurs lancinantes, presque fulgurantes, paroxystiques qui surviennent spontanément et à des intervalles assez rapprochés, Elles sont aussi. intenses d'un côté que de l'autre et passent brusquement d’un groupe musculaire à un autre. La nuit elles sont presque continues.

Aux membres inférieurs, les douleurs sont localisées, en avant, aux masses musculaires innervées par le crural, aux muscles psoasiliaque et pectiné, aux muscles antéro-internes de la cuisse.

Le tronc du nerf est particulièrement douloureux.

En arrière, elles siègent le long du sciatique, mais sont plus aiguës à la cuisse et au mollet. Les chevilles sont un peu douloureuses,

Aux membres supérieurs, des douleurs moins intenses occupent le deltoïde, le biceps, la masse musculaire antéro-interne de l’avantbras notablement atrophiée.

La pression est des plus douloureuses, surtout sur le trajet des nerfs, aux mollets et aux cuisses:

La sensibilité est normale sous tous ses modes : pas d’hyperesthésie, aucun trouble de la température.

Les réflexes rotuliens, olécranien, crémastérien sont exagérés, [ ya un certain degré de trépidation épileptoïde.

Le réflexe pharyngien est conservé.

Il n’y a pas de troubles trophiques de la peau où des ongles, mais une atrophie assez considérable des muscles de la main et du mollet. Cette atrophie existe aussi aux membres supérieurs bien que moins nettement accusée : le deltoïde et le biceps sont surtout atteints.

Il n'existe aucune déformation articulaire et toutes les jointures présentent leur aspect normal.

En examinant, le matin, au réveil, l’urèthre du malade, on a constaté, à son entrée, la présence d'une goutte militaire, et de plus, retrouvé

URSS

dans son urine les filaments muco-purulents qui sont l'indice d’une uréthrite chronique.

La température est normale.

Les appareils respiratoire et circulatoire sont intacts.

Les fonctions digestives sont bonnes, bien que l'appétit ait notablement diminué.

Traitement. Repos au lit.

Antipvrine. Extrait de quinquina et phosphate de chaux.

Sirop de morphine, pour la nuit.

Bains sulfureux tous les deux jours.

Le 11 février. Depuis l’entrée du malade dans le service, il y a une amélioration progressive, bien que lente. L'appétit revient et les joues reprennent des couleurs. Les nuits sont bonnes bien que depuis deux jours, le sirop de morphine ait été supprimé.

Les muscles reprennent un peu de volume et de consistance, les douleurs s’atténuent et ne surviennent plus par accès violents.

C'est une souffrance vague, fatiguante que le malade ressent dans les muscles qui avaient été le plus frappés, souffrance aiguisée encore par la pression.

Plus de douleurs lombaires.

Les douleurs des membres supérieurs sont presque nulles.

Depuis deux jours il y a quelques craquements dans les genoux quand on leur fait subir des mouvements d'extension et de flexion.

La marche cependant est beaucoup plus aisée et le malade peut se passer de canne. Il se fatigue toutefois assez rapidement.

La station debout est toujours pénible et éveille même des douleurs dans les articulations tibio-tarsiennes et coxo-fémorales.

Le 14 février. Depuis 4 jours, l’état est plutôt stationnaire.

Le 20 février. Une amélioration notable est survenue dans l’état du malade qui dès ce jour marche à grand pas vers la guérison.

L'appétit renaît, les nuits sont excellentes et bien que le malade se lève dans la journée, il ne ressent plus aucune douleur, les masses musculaires reprennent leur volume et leur consistance normaux et le 10 mars, il quitte l'hôpital. :

Dans cette observation, il est quelques manifestations que nous croyons devoir mettre en relief; c'est d'une part l'intensité et la dissémination des douleurs le long des nerfs,

RARES d'autre part la rapidité et la généralisation de l’amyotrophie et enfin l'exagération des réflexes.

La notion d’une blennorrhagie antérieure et récente, la constatation d’une gouite militaire nous ont permis de comprendre la pathogénie et d'établir la filiation des mani-

festations morhides observées.

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