‹ Étude sur une forme myélopathique du blenno-rhumatismeChapitre 19 sur 39 · HO RUN · texte numérisé non relu

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les réflexes étaient notablement exagérés, et la sensibilité cutanée modifiée : y avait tantôt de l'anesthésie, tantôt de l’hyperesthésie.

Stiénon (1), publia un cas de méningite cérébro-spinale blennorrhagique. C’est celui d’un jeune homme atteint d’un écoulement remontant à quatre semaines, qui après un amendement notable, avait repris plus abondant et avait été suivi d'accidents graves.

Le malade était entré dans le service dans un état voisin du coma, la tête renversée en arrière par la contraction des muscles de la région postérieure du cou, les pupilles, inégalement dilatées.

L’affection avait débuté brusquement trois jours avant Pentrée à l'hôpital, par un mal de tête violent, une rachialgie intense et un malaise qui empêchaient le patient de se tenir debout. Bientôt étaient survenus des nausées et des vomissements, de l'incontinence d'urine et, à plusieurs reprises, des matières fécales.

A mesure qu’il reprenait possession de lui-même, le malade se plaignait davantage de vives douleurs dans tous les membres inférieurs avec gène notable et raideur des mouvements qui aboutirent vite à une paralysie complète de la motilité de la jambe droite.

Nous ne multiplierons pas ces exemples, et nous passerons au troisième groupe de notre division, où les lésions de la moelle ont été constatées à l’autopsie et décrites.

Et d’abord, Pobservation de Stanley (2), rapportée par Gull, d’un homme qui, au cours d’une gonorrhée fut pris de paraplégie jusqu’à l’ombilic, d’incontinence d’urine, de

(1) Snénon. Journal de médecine de Bruxelles, 1892, p. 165. (Th. de Souplet).

(2) Sranzey. Méd. chir. transact. 1883, p. 260.

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perte complète de la motilité et presque complète de la sensibilité. À l’autopsie, on n’a pas rencontré d’autres lésions qu'un épanchement de liquide dans l’arachnoïde et une turgescence inaccoutumée des vaisseaux de la moelle et des méninges. |

L'observation de Gull (1), d’un malade qui, à la suite d’un écoulement dù à plusieurs chaudepisses consécutives, fut atteint de paraplégie, de perte complète de la sensibilité, d'incontinence d'urine. La moelle fut trouvée ramollie jusqu'au milieu de la région dorsale, à tel point que la substance nerveuse se laissait dissocier par la chute d’un mince filet d’eau. Au milieu du tissu nerveux existaient d'abondantes cellules graisseuses. x

L'observation de Dufour (2), d’un cordonnier qui, deux mois après une chaudepisse ressentit de violentes douleurs dans la région lombaire suivies bientôt après de parapléqe complète avec anesthésie presque absolue, de paralysie de la vessie, d'eschares multiples, d'amyotrophie prononcée et qui mourut, après un court séjour à l'hôpital.

A l’autopsie, on trouva une moelle ramollie dans toute sa hauteur et presque diffluente à la région cervicale. Le bulbe était mème dans un tel état de ramollissement qu’il fut impossible de le retirer en entier.

Il y avait une très vive inflammation de l’arachnoïde avee, sur la face externe de la portion médullaire, au niveau de la deuxième vertèbre cervicale, une fausse membrane avant quatre centimètres de long sur un centimètre de large. |

A l’examen microscopique de cette portion de la moelle on constata une congestion très nette avec sclérose inters-

(4) Guzr. Medico-chirur. Transact. 1856.

(2) Durour. Th. de Paris 1899.

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titielle des faisceaux pyramidaux croisés. Il ÿ avait désintégration granuleuse de la gaine de myéline avec accumulation de corps granuleux à l’intérieur de cette gaîne. L’examen des autres portions de névraxe ne put être fait, leur état de ramollissement n'ayant pas permis leur durcisse ment.

Nous admettons donc qu'il existe des lésions médullaires vraies bien que ces lésions — dans l'immense majorité des cas — n'aient pas été prouvées et bien que le nombre des observations suivies de mort soit infime par rapport au nombre de celles où il y a eu une amélioration très grande.

Les observations de notre deuxième et troisième catégorie ont entfe elles une si grande analogie, au point de vue symptomatique, qu'on est porté, à les ranger toutes, dans le groupe des méningo-myélites. Dans toutes, en effet, gxiste la paraplégie avec anesthésie et on retrouve, dans les cas terminés par la guérison comme dans les mortels, les troubles des sphincters, les douleurs lombaires et même les eschares sacrées qui appartiennent à la myélite.

Nous pensons néanmoins, que la plus extrême prudence est nécessaire dans l'examen de ces ohservations et que grand nombre de cas que l’on a rangés sous le nom de méningo-myélite doivent en être éliminés soit parce qu’ils sont dus à une affection associée ou secondaire, soit parce qu'ils ne dépendent pas uniquement de la blennorrhagie.

Nous nous proposons maintenant de montrer dans le chapitre suivant, sous quelle influence pourraient se développer ces manifestations, en quelque sorte purement trophiques, que nous avons décrites.

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