OBSERVATION VII
Rhumatisme blennorrhagique : Talalgie, troubles trophiques et phénomènes médullaires concomitants:
Dr Miran. Presse Médicale, 1899.
D... typographe, âgé de 29 ans, est entré le 2$ novembre 1898 ; salle Saint-Denis ne 15, dans le service de notre maître, le professeur Cornil. ’
Antécédents hérédilaires. — Père et mère actuellement vivants et bien portants. Un frère et une sœur bien portants.. : Antécédents personnels. — Fièvre typhoïde en 1883. En 1891, ïl
aurait eu un chancre guéri en une dizaine de jours, sans secours médical. Ce chancre ne fut suivi d'aucun accident qui pût le faire supposer de nature syphilitique ; il a laissé sur la face externe du prépuce une
cicatrice blanche, ovalaire, très marquée. En août 1898, il eut une blen-
norrhagie très intense. Quinze jours après le début de celle-ci et, suivant le malade, à cause d'injections uréthrales mal pratiquées, survinrent de vives douleurs au niveau des chevilles et de la plante des pieds, assez intenses pour empêcher le malade de continuer son métier de typographe. Au mois de septembre 1898, ces douleurs, jusqu'alors localisées, se généralisèrent, et malgré tous les traitements, persistèrent avec une telle violence que le malade entrait à l’hôpital le 28 novembre.
État actuel. — L'écoulement du malade n’est pas tari : il suinte encore une goutte de temps à autre dans la journée. Mais ce qui l’inquiète surtout, ce sont les douleurs qui l'accablent et le rendent presque infirme.
A l’état de repos, il a quelquefois des douleurs aiguës, presque fulgurantes dans les pieds.
C'est à propos des mouvements, ou par la pression, que ces phénomènes douloureux apparaissent. La plus forte de ces douleurs. est celle qu'il éprouve à chaque talon, la talalgie. Dès que le malade est. debout, cela devient intolérable et il redoute de poser le pied à terre. Aussi, la marche est-elle très pénible : appuyé sur une canne; il s’avance avec difficulté, courbé en deux, portant presque uniquement le poids de