n0 LE
son corps sur la jambe droite qui souffre moins que l’autre: Au bout de quelques minutes, il est obligé de s'asseoir, d'autant plus que ses pieds enflent jusqu'au dessus des chevilles, et que les mollets et les euisses sont pris de soubresauts violents et involontaires. Cette « talalgie » est chez lui le symptôme douloureux prédominant. On peut localiser exactement par la pression, les points sensibles du calcanéum, ce sont : à la face plantaire, les deux points postérieurs qui correspondent aux tubérosités interne et externe de l'os ; en arrière, le point d'insertion du tendon d'Achille ; les faces latérales ne sont pas douloureuses.
Outre cette talalgie, il existe encore d’autres régions douloureuses les articulations tibio-tarsiennes, le petit orteil droit, les deuxième et troisième orteils gauches, les bords externes de chaque pied, le genou droit au niveau de la pointe et des bords latéraux de la rotule (les autres régions de cette articulation, faces latérales et postérieure sont intactes), le coude gauche, l'épaule droite, l’articulation sterno-claviculaire droite, l'articulation temporo-maxillaire gauche, les régions ischiatiques : enfin terminons par la région coccygienne qui est tellement douloureuse qu'il est presque impossible d’y toucher.
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, chez ce malade perclus de douleurs, les articulations sont peu malades : On n’observe de déformations qu’au niveau des orteils, des tibio-tarsiennes, du genou droit, de la sterno-claviculaire droite ; toutes les autres articulations sont absolument indemnes. Les orteils sont un peu déjetés, surtout le gros, sur le bord interne du pied; les tibio-tarsiennes sont légèrement empàtées ; le genou droit est un peu gonflé, les culs-de-sac supérieur et surtout inférieur sont un peu volumineux, mais il n’y à pas d’hydarthrose bien manifeste ; il s’agit plutôt d’épaississement de la synoviale; les mouvements de flexion et d'extension sont normaux ; on ne peut y provoquer de craquements articulaires. L’articulation sterno-claviculaire droite présente un léger degré d’hydarthrose.
Si les articulations sont relativement indemnes, il n’en est pas de même du pied qui réalise le type de ce que l’on a appelé Ze pied blennorrhagique. Il en a,en effet, les deux caractères principaux : l'aplatissement de la voüte plantaire et l'hypertrophie de la région calcanéenne.
L’aplatissement du squelette du pied est ici bilatéral, plus marqué à droite qu’à gauche: Il ne s’agit certainement pas d’une déformation congénitale, car le malade a fait son service militaire aux zouaves, où il dut effectuer des marches particulièrement pénibles et qu’il supporta
Le QE
parfaitement. D'ailleurs, le malade précise fort bien l'apparition de cette déformation : il la fait remonter aux premières semaines qui ont suivi le début de sa première blennorrhagie, et en attribue la production brusque à un effort qu'il fit en portant un sac très lourd sur ses épaules.
L'hypertrophie de la région calcanéenne n’est pas due en totalité à l'hyperostose. Il existe, en effet, un empâtement peri-calcanéen siégeant plus spécialement à la face interne de l'os, au niveau de la grande gouttière calcanéenne, effaçant ainsi les dépressions siégeant de chaque côté du tendon d'Achille et donnant l'élargissement du talon, caractéristique à la vue postérieure. Il y a cependant production d'os nouveau au point d'insertion du tendon d'Achille; on y sent, à la face supérieure du calcanéum, une petite saillie dure qui n'existe pas du côté opposé.
Enfin, restent Zes phénomènes nerveux ; ils peuvent se caractériser en quelques mots : paraplégie spasmodique avec atrophie musculaire et intégrité des sphincters.
La peau ne présente pas de troubles trophiques. f
Les réflexes plantaires sont très diminués. Le réflexe crémastérien gauche est diminué, le droit aboli.
La sensibilité des membres inférieurs est intacte sous ses trois modalités : tactile, douloureuse, thermique.
Les muscles des mollets et dés cuisses présentent un degré notable d’atrophie. Ils sont agités au moindre choc ou même spontanément de tremblements fibrillaires,
I existe de l'exagération des réflexes rotuliens et de la trépidation épileptoïde’ surtout à droite, du côté ou existe non pas le maximum de douleurs, mais le maximum: de déformations (genou droit seul malade, pied plat et hypertrophie calcanéenne plus marquée).
La piqûre de la plante des pieds (faite suivant les préceptes de Babinski) provoque à droite la flexion des orteils, à gauche l'extension légère d’abord, puis au bout d’un certain temps une flexion très marquée.
Pas de troubles des sphincters.
Il est important de noter que notre malade ne présente aucun symptôme de sciatique ; il n’a aucun des points douloureux de cette névralgie ; enfin il ne présente pasle signe de Lasègue, tout au plus provoque-t-on une légère douleur
LE PME
au creux poplité et à la fesse gauche dans la flexion, extrême sur le bassin, du membre inférieur gauche étendu: M. Milian signale dans ce pseudo-rhumatisme.
1° La forme. H ne s’agit pas d’inflammation des artieulations, mais surtout de douleurs : ce sont des arthralgies plutôt que des arthrites.
20 Son siège. C’est un rhumatisme fbreux.
3° La localisation spéciale du talon. C'est la tatalgie qui est ici le symptôméle plus douloureux, tellement vive qu’elle empêche le malade de marcher et même de se tenir debout. 4° Les troubles trophiques qui l'accompagnent, pied plat, hyderostose calcanéenne au niveau de linsertion du tendon d'Achille, atrophie musculaire. | ° Les phénomènes médullaires concomitants. Douleurs fulgurantes et symptômes de paraplégie spasmodique. 6° S'on évolution. Elle fut essentiellement chronique et apyrétique.