OBSERVATION VII
(Résumée)
Infection blennorrhagique grave, avec production cornée de la peau.
(D: CnaurrArp. Bull. de la Soc. méd. des Hôp. Avril 1897)
François C..., âgé de 25 ans, entre le 21 décembre 1896, à l'hôpital Cochin. :
Il eut une première blennorrhagie à 20 ans, accompagnée d'arthropathies et de lésions cutanées très spéciales : croûtes cornées avec épaississement énorme de l'épiderme de la plante des pieds et des talons.
La blennorrhagie actuelle, qui date des premiers jours de décembre 1896, s’est compliquée de phénomènes arthropathiques très intenses,
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d'une hypertrophie du calcanéum, d’une déformation en radis du médius, d’une ophtalmie double et de douleurs du testicule gauche.
Ces accidents ont été accompagnés d’élévation de température.
Vers le 10 janvier, apparaissent des phénomènes cutanés. Ce sont des productions cornées qui se montrent tout d'abord sur le gland, presque en même temps sur la partie supéro-interne des cuisses, et très peu de témps après sur le‘ dos, aux pieds.
Sur le gland, l’éruption revêt une forme papulo-squameuse, lenticulaire. Elle est de courte durée. |
Aux cuisses, ces productions cornées se‘présentent sous deux aspects bien différents : au niveau des adducteurs, le long du bord interne, ce sont des plaques cornées jaunâtres, larges comme une pièce de cinquante centimes à un franc, faisant une saillie de quelques millimètres, et ne s’accompagnant d'aucune altération de la peau environnante. Ces plaques paraissent stratifiées, en forme de rupia, d'écailles d'huîtres.
Ces croûtes cornées se détachent spontanément, en se décollant de la périphérie vers le centre. Au commencement de février, c’est-à-dire trois semaines après le début, il ne reste plus qu'un tiers de l’éruption primitive.
La place qu'occupaient les éléments éruptifs, est reconnaissable à un aspect rose et assez brillant de l’épiderme, aspect qui va en s’atténuant à mesure que la chute des plaques est plus ancienne.
Au niveau de la partie supéro-interne du quadriceps, l’éruption se produit sous une autre forme. L’on voit une surface large comme une pièce de deux francs du côté gauche, comme une pièce de un franc du côté droit, hérissée de petits cônes cornés, gros comme des grains de chènevis, un peu plus foncée que les plaques ci-dessus décrites.
Ce qui frappe surtout dans ces diverses éruptions des cuisses, c’est leur disposition symétrique. De chaque côté, les plaques cornées occupent la zone des adducteurs ; et les cônes cornés sont situés au même niveau des deux côtés. Pour expliquer ce fait, on ne peut pas invoquer le contact entre les deux cuisses, car le malade restait constamment les jambes écartées, dans la position du tailleur, à cause de ses arthropathies.
Dans le dos, on voit entre les deux omoplates uñe Zoñe large corime la paume de la main, s'étendant en hauteur de la troisième à la cinquième apophyse épineuse dorsale, Cette zone présente un semis de productions squameuses un peu grasses, larges comme des lentilles