OBSERVATION XI
(Résumée).
Éyuplion généralisée el symétrique de crotûtles cornées, avec chule des ongles, d'origine blennorrhagique coincidant avec une polyarthrite de même nalure. Récidive à la suile d'une nouvelle blennorrhagie, deux ans après la guérison de la première imaladie.
(Dr Vinar. Ann. de derm. el de syph. 1893).
Alphonse C..., âgé de 24 ans, né de parents rhumatisants contracte le 25 février 1890, une deuxième blennorrhagie suivie d'accidents infectieux.
Dès les premiers jours d'avril, il se développe sur Ja peau de la région antérieure du genon droit, des croûtes cornées pour lesquelles il entra le 27 mai 1890 à l'hôpital Saint-Louis, salle Devergie, n° 44.
Le malade est pâle, amaigri, profondément cacheclique, et condamné au décubitus dorsal par les souffrances prolongées d’une polyarthrite blennorrhagique. La pression sur le trajet de lurèthre fait sourdre quelques gouttes de muco-pus.
La peau attire l'attention par une dermopathie tout-à-fait insolite. C’est une éruption symétrique et généralisée de croûtes dures, cornées, sèches sans trace d'humidité ni de suintement. Ces croûtes sont d'autant plus abondantes qu’on se rapproche davantage des extrémités et surtout des extrémités imférieures.
La main droite est beaucoup plus envahie que la gauche, la face palmaire présente des croûtes d’un jaune brun, les unes isolées, les autres réunies, les unes aplaties, les autres saillantes, enchassées dans un épiderme très épaissi et présentant une très grande ressemblance avec la syphilide cornée.
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Ces croûtes-sont plus abondantes vers l'extrémité des doigts où elles se confondent et soulèvent l’ongle qui est déja presque détaché, La pression fait suinter quelques gouttes de pus provenant du tissu sousunguéal.
La main gauche ne présente que trois petites croùtes cornées jaunâtres sur la face palmaire, les croûtes soulèvent le bord libre des ongles des trois premiers doigts.
Sur les bras et les avant-bras, elles sont en général discrètes, on ne les trouve en groupe qu’au bord externe de l’avant-bras droit.
Sur la face antérieure du genou droit, les croûtes sont plus abondantes, plus volumineuses que sur le pourtour du genou gauche où l'on ne voit que de rares éléments.
Le pied droit est moins envahi que le gauche. La peau de la face dorsale des deux derniers orteils, est recouverte par une enveloppe cornée, l'extrémité des trois derniers orteils est coiffée par une calotte cornée qui commence à soulever les ongles, qui ne tardent pas à se détacher.
La face plantaire du pied est recouverte d’une croûte plus épaisse et plus dure sous le talon et à la base des orteils.
On retrouve sur le pied gauche les mêmes lésions, mais plus accentuées. Tous les ongles paraissent soulevés par une croûte encore plus compacte et plus épaisse.
Sur les régions antérieures de la poitrine, sur le dos, sur l’abdomen, on constate la présence de quelques petites croûtes qui ne dépassent
. pas la grosseur d’un grain de millet. Il en est de même pour la face,
les oreilles et le cuir chevelu.
La sensibilité étudiée dans ses différents modes ne paraît pas modifiée.
Le 13 décembre, la peau a repris son aspect normal, sans apparence de cicatrice, ce qui inäique que la lésion a été superficielle et n’a pas dépassé la couche papillaire.
Le 3 janvier, le malade quitte l'hôpital Saint-Louis, en état de reprendre sés occupations.
Deux ans après la guérison de la première maladie, Alphonse C..., voit sa dermatose cornée récidiver ainsi que ses arthrites, bien que l’examen microscopique confirme la guérison de la blennorrhagie.
M. Vidal, étant donnée l'apparence de l'éruption, particulièrement à la paume des mains et à la plante des pieds,
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avait pensé à une syphilide cornée. Le traitement antisyphilitique institué, n’amena aucune modification. Devant Ja récidive de ces lésions, cet auteur, penche en faveur d'une manifestation directe de l’infection bleanorrhagique.
Avec MM. Jeanselme et Jacquet, nous ne croyons pas à “une gonococtie cutanée, les recherches de M. Sabouraud, dans ce sens, ayant.été négatives, et nous considérons ces troubles trophiques comme d’origine médullaire. L'hydrothérapie froide, prescrite à ce malade par M. Jacquet, 1mena une véritable résurrection.