XXXIX
(4) Jbid., p. 228. -* ^-
(5) Rod. I. I. 56. .
(6) Rod. V. m. 27,
On lit d « On a dessein «i on fait d( mier couj entre dest on fait un pourquoi et non pai « On n< vert de gl C'est qu'e environne rayons, le couvrent 1 « Blessi « Une même (3).
En . Qi
« On soi êure point
La mên tombées e naturellen
« On m janiaia été on sent de
^1) Hér. Il
(2) Hér. I\
(3) Rod. I.
(4) Conn.
On lit dans un autre endroit d4i m^nrifï ouvriige : ' ' '
« On a des desseins aur ffuclqu''unl rusais on r»'a pomt de i dessein «ur quelque cliose. Or^ ne fait point des desseins ;/ on /ait des projets. Ces règles paraissent étranges au pr(> " mier coup d'œil et ne le sont point. \(lV^ de la diiTérenco entre dessein et projet^ un prôjvt est nWîl\et arrêté i ^insi on fait un projet. Desiein donne une idée^us y ligue ; voilà pourquoi on dit qu'un général forme un projeta eumpi^^ et non pas un desactn de campagne (^). ^P-)
« On ne peut dire couvert^ de louange comme on dit Pivert de gloire^ de lauriers, d'opprobre y de honte. Pourquoi'?. C'est qu'en effet la honte, la gloir^^ les lauriers, semblent environner un homme,, le couvrir. La gloire couvre de ses rayons, leà lauriers couvrent la tête ; la honte, la ropgeur,, couvrent le visage ; mais la louange ne couvre pas^(2V .
« Blessé d'un reff sentiment: ; . \
« Une injure blesse et le ressentiment est la. blessure même (3). ^ ' ^
Vous êtes-^voùs, siigneur, imagihé \
V Le cœur humain de près examiné ^
En y portant le compas et l'équerre, '
Que l'amitié par l'estime s'acquière?
« On sonde les repHs du cœur humain, mais on n/le mê\ sure point avec un conripas (4^). »
La même logique fait proscrire à Voltaire des locVitrons tombées en désuétude ou des. expressions communes très naturellement formées : .
« On ne peut dire faire estime de quelqu'un, cela n'a janiais été français ^ on a de l'estime, on conçoit de l'estime, on sent de l'estime, et c'est précisément parce qu'on la sent
^1) Hér. IL VII. 15. : ^ - ^
(2) Hér. IV. IV. HH. ,
(3) Rod. I. vu. M.
(4) Conn. des beautés, io-t, Métç^pfiore. XL, p. 254.
Pi-
qn*on ne la fait pas. Par In même raison on sent de l'amour,
) Ho l'amitié, on ne fait ni de l'amour, ni de l'amitié (t). »
, ' '«' On ne peut pas dire, en dépit jde mon crime comme on
/ iV\i malgré mon crime \ qttel qu'ait été mon crime, parce
(jirnil crinien'a point do dépit. On dit bien en dépit di^ ma
hainr^râc mon ampiir^ IKiPce que ]os.pasi§ioris se.p(?rsonni-
riùnimJ. /" ,;■ ;',.;,. " . .' .„.^^. ■. ' ,
Ce purisme excessif s'étend mêmç jusqu'au latin ; malgré l'autorité des meilleurs écrivains, l'auteur dii Dictionnaire philosophique ose critiquer l'expression virum proceritatiB inusitatœ paroe que « dans tous les pays On ne dit inusité que de^Wioses d'usage qui dép^^n^^des hommes {3). »
Si Voltaire se montre aussi rigoureux pour .^des* façons de parler qui ont pour elles jusqu'à un certain ^oint l'autorité de l'usage, on peut deviner à quel excès de logique il va s'emporter quand il Jjigera les métaphores qui paraissent avoir été créées de toutes jpièces parles poètes. ''
, On en jugera par les remarques suivantes •. . " 7 « La pOfftd'un sceptre est hasardé parce 4"'on ne coupe . i)as un sceptre en deux. Cependant cette figure qjjf ne présente rien de louche et d'obscur. est Jrès admissible.
« tes forcés d'un espoir : "aucune la(ngue ne peut admettre ' ' ce mot parce que Ijp forces' ne sont pas dane un espoir (*).
« On ne peut dire en" aucune langue aux boVda^'unc victoire parce que la victoire n'a point de blg-ds (5).-
« l,e fard des pleurs est une mauvaise expression, on rie peut mettre /réellement du fard sur les larmes. Cette fijgure n'est pas jSfete, parce qu'elle n'estpas \Taie (i>). . v '
« On dit bie|L^^rdi?* de Vavenir parce qu'on eàl supposé
(1) Nie. II, m. 11. èf. Ibid, III. i. 9.^ "i
(2) Citma. IV. VII. 31. ' ^j. " "
(3) Expression tirée de Plirèfift". V. Dict. phil., arï. Ldngueé. XXX. 530.
(4) Sert. II. II. 160. V " "^
(5) Sert. II. n^lG^. ' .^ :
(6) Rod. U. IV. 59. / ' V.
«ta
voir l'avenir cmnme dans un miroir : mais on ne peut dire miroir delà fatalité, parce ^ue ce n'est pas cette fatalité, qu'on voit, mais-les événements qu'elle apnène (0.
'« Il est temps qu'en son cieLcet astre aille reluire. »
« Cette métaphore est vicjeuse en ce ({u'elie sui)pose que cet astre de Laodice est descendu du ciel ^ur la terre (-)/
« El les nuages sont la poudre dé ses pieds.
« Cette image est très fauss^pri sait assez aujourd'hui f|ue, l'eau n'est pasMe la poudre (3), . '
« On ne dirait plus aujourd'hui : (C Ailona^ mon dmc, ».ni
■ « Allons, mon bras. » Ce n'é^t point un effet du caprice de
la langue, c'est qu'on s'est accoutumé à mettre plus de
suite dans le langage. Allons signifie marc/ion» et ni vm
bras ni une âme ne marchent (4). ^
« Cessez- d'appréhe^ider de voir rougir mes mains Du poids honteux des fers ou du sang des Homains.
Bougir est employé ici en deux ^acceptions diiïérentes. Les mains rouges de sang^^lles sont rouges en un autre sSens que quand elles sont meurtries par le poids des t'ers^ mais cette figure ne manque pas de justesse parce qu'il y a en effet date rougeur dans l'un et dans l'autre cas T>). »
Les/métaphore^ par lesquelles on remplace un nom concret WUrun substantif abstrait ne résisteront pas à cette ma-
nier
raisonner.
«.PàiJ^up n'est pas invincible, parce qu'un cou|) ne combat
pa<(«>. ;\
(1) I||I. m. 29. ... *fe
(2) m II. II. 58. - -«^ '
(j3) Vers du poème de L, Racine sur l.i Grâce. Conn. des beautés, ait. Grandeur de Dieu, XXXIX,»i224.
(4) Comm. 9ur Corneille. Cid. I. vu. 49.
(5) Hor. I. IV. 3. . - ^.
(^Pomp. L I. 77.
a ....* Je vois enfin paraître .
L'espoir et la douceurde me venger d'un tralW-e.
,< Comment ijeut-^|l voir paraître un espoir? Gomment voit-on paraîtri3 la do^uceur (^) 7 ^
« Vos résolutions usent trop de remise,
user suppose usage ; une résolution n'a pas d'usage (2). »
Et si ces sortes de figures se compliquent par l'introduction de plusieurs mots abstraits, ce qui se rencontre fréquemment dans les dernières pièces de Gomeiller le commentateur se borne à tourner la phrase^en prose ; mais Iç raisonnement qu'il n'a pas voulu faire est remplacé dédaigneusement par un point d'exclamation' (3).
La règle qui paraît se dégager de toutes ces remarques^ est à peu près celle-ci. Pour savoir si une métaphore est bonne ou mauvaise^ on rétablit dans un raisonnement prosaïque la comparaison sur laquelle elle est fondée, ^/expression étant ainsi rapprochée du langage naturel, on voit mieux lejapj3orLde l'idée et de l'image ; ce rapport doit être aussi exact que possible et n'avoir rien de forcé. lEi) vertu de cette môme règle, toute figure dans laquelle ^n des termes est beaucoup plus grand que' Tautre doit être bannie. La raison condamne donc IJiïperbol^ J qui^est d'ailleurs délictueuse par elle-même, puisque par sa nature elle est toujours au delà du vrai (4) ». Il ne faut imiter ni les
(1) Eloge de Crébillon. Mél. 1762. XL. 474. ^
(2) Pol V III. 76.
(3 Nous avons cité principalement des passages tirés du ^ommen-^ taire sur CorheiUe, parce que dans cet ouvrage Voiture cherche, enN génératli justifier ses c«t«uie^: mais on reconnaîtra facilement qu il a jugé d'après le même principe tous les auteurs qu'il a ^o-^™*"^^;*^^»* ne traite pas les prosateurs autrement que les poètes. - ^f- /^ict. pAa., art. Français. XXIX, p. 502 et suiv. Conseils à un {^^'^^'^'-J^^b}' 1757. XXXVII. 3a:i. UUres sur la Nouvelle Héloise. Mél. iTin. al,
(4) Conn. des beautés, a^rt. Métaphore. XXXIX, p. 252.
^ri
ligures guées' quels I et sag parlé ( approu
parce ( ■ fait: de
en fran qu'elle quelqu Et le c dans u sûrem< pas pe plaît jp n'ait pj
Enfii f^uj^hores tout el naît UE en usa emploi fu'une
Et Ci
(2) Ce
(3) Ce ' Racine.
(4) lb\
(5) Ce
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ligures outrées des Hébreux {^\ ni ceUës qui ont été pp^tfiguéeS'Sans mesure et sans art par les Orientaux, a auxquels leur imagination n'a pas permis d'écrire avec méthode et sagesse », et qui paraissent « n'avoir presque jamais parlé que pour ne pas être entendus (2) » . On ne peut^ approuver des vers comme ceuxrci ;
r -^ Autant que sa fureur s'est iinniokVle tètes, • Autant dessus sa tête il croit voir du tempôtes ;
parce qu!il esty« difficile devoir autant de tempêtes qu'Qh a
^ faitrde crirpes ».
« Peser l'univers dans le cr^x' de sa main » ne peut être en français qu'une image gig;|ntesque et peu noble, paite qu'elle présente à l'esprit l'effort' qu'on fait pour soutenir quelque chose en formant' un creux dans sa^iain.... (^) » Et lé critique ajoute : « Quand) quelque chose pous choque dans une phrase il fa\it en chercher la sî)urce et on la trouve sûrement, car je ne sais (litot n'est pas une raison, il n'est pas permis à unxhomme de lettres dé dire que cela ne plaît jpas, à. moiqs^ue la raison n'en soit si palpable^ qu'elle n'ait pas besoin d'être indiquée ».
Enfin, ta logique qui doit présider ïi la création des méta-
f^uj^hores nous commande d'en faire un usage modéré, car après tout elles ne sont que des espèces de licences. On reconnaît un grand écrivain noq seulement aux figures qu'il met en usage, mais encore à la sobriété avec laquelle il les emploie {^\ et « c'est une règle de la véritable éhniuence, [u'une seule métaphore convient à la passion (î>) »)s ^
Et comme la raison -ne peut supporter qu'un seul objet
(tH^traits dé \di Gazette littéraire, XLI. 500.
(2) Conn. des beautés., ibid., p. 256.
(3) Cette expression se trouve dans le poème sur la Grâce, de Louis Racine. Çonn, des beautés, art. Langage. XXXIX. 224.
(4) J6id.,p.256. ' '
(5) Comth. sur Corneille. Rem. suf Polyeucte. IV. m. 08.
soit pîusioucs choses ^ la fois, elle exige que la métaphore liiiisso coif;n)(3 elle a coinmenct^ 6t qu'elle ne soit [Jias mêlée
■ (^ ;ivV(/rrhi(' mi.io(î qui lui est étrangère (0 ». L'entassement-i \,^es iigui'b> peùt.èti'e toléré à coudition (ju'elles soient bien disiiiigu(''es entre elli's ; mais il laul t'viter les « accumula-
tions (jui sentent le rhéteur » et les disparates qui choquent
un bon esprit (-;. Enfin il est encore déraisonnable d'abuser de certains procédés trop souvent employés par nos auteurs. 11 faut e\iter l'antithèse (3), sans doute parce (ju'elle accuse- tro[) vivement les contrastes ; rironie est à^^eu près bannie du genre tragique (*), la réticence (5) est blâmable en général,-et l'apostfoplje (♦>), inconnue à Racine, doit être absolument proscrite.
11 va sans dire que pour les ligures coihme pour les mots le mélanga des tons doit être absolument interdit. Les « demi-beaux esprits, qui ont la manie de se singulariser, » osentmôler à des, discours sérieux le style des métiers, le jargon populaire, ou employer des expressions poétiqu(^nlans le genre simple^ •
ja
(1) Ibxd. Rod. III. IV. 83. — Conn, des beautés. XXXIX, p. 251.
(2) Comm. sur Corneille. Pol. ibid.
(3) Jbid. Nie. I. i. 4. Cf. Rod. I. vu. 9. Dans un autre endroit, Voltaire fait une observation assez peu nette sur cette figure : « L'antithèse, dit-il, est trop familière à là poésie française : ce pourrait bien êtœ la faute de la langue qui n'a point le nombre et l'harmonie de la latine^ et de la grecque ; c'est encore plus notre faute ; nous ne travaillons pas assez nos vers, nous n'avons pas assez d'attention au choix des paroles, nous ne luttons
. pas. assez contre If*^ diJ^Ciillés ». Comtjn. ttur Corneille. Rod. IV^vii. 8. On ne voit pas bien comment le défiiut d'harmonie peut engendrer l'abus de l'antithèse. D'autre part, il est clair gue Teniploi de cette figure indique plutôt une certaine recherche qu'une trop grande facilité. Comme Voltaire, d'Olivet n'aime point les antithèses; il ne traduit point Celles des anciens et par là il ôte souvent toute énergie au style de Cicéron. V. JBncycl. met h. 1. 20"). " - v
(4) Comm. sur Corneille. Méd. II. ii. 12. Nie. 1. II. 40. ^
(5) Ibid, Rem. sur Tife et Rërénice.
(6) Lettre à M. D. au sujet du prix donné par l'Académie ft^ançaiae. Mél. t. XXXVII. .
jW^
0ff- $<^
Ainfi^ion se permet d*écrire :
« Epicure avait un extérieur à l'unisson de son âme.
^ Son amant ne veut pas mesurer ses maximes à sa tois^ et prendre une âme aux livrées de sa maison. ' « Les entiemis furent battus à plate couture.
« Un avocat, à propps d'un mur mitoyen, dit (jue le /droit de sa partie est éclairé du flarhheau des présomptions.
« Un historien, en parlant de l'auteur d'une sédition, vous dit qn' il allume le flambeau de la discorde. /
« Voilà ce qui a fait tomber la prose française ; c'est ainsi qu'on risque de perdre pour toujours la langue que nos écrivains ont eu tant de peine à former (^). » r^
Les théories de Voltaire sur lés figures se rattacheht par les liens les plus étroits h ses autres opiniolis grammatt- ' cales. Il proscrit 'les' Tropes hasardés au même titre que les termes risquée ; il condamne les métaphores un peuj trop nouvelles, parce qu'elles ne sont que des néologismes contraires à ce qu'il considère comme la raison. Cette rigueur provient, ici comme ailleurs, de ce goût de la simplicité qui, au point de vue grammatical, ne peut être regardé que comme un préjugé. Une métaphore est une sorte de raisonnement qui repose sur l'analogie ; elle est pour ainsi dire à l'art de parler ce que le syllogisme est à l'art de penser. Si pour reconnaître la justesse d'un jugement un peu compliqué, on peut le réduire à un simple raisonnement, on a aussi le droit, pour se rendre conipte de la vjileur d'une métaphore, de la ramener à "fees simples éléments. Mais il ne faut pas oublier que les métaphores peuvent, elles aussi, ( se présenter sous de nombreuses figures, qu'on n'a pas étu- • diées avec autant de soin que celles du sylloî^^ispne. Par suite de l'enchevêtrement des comparaisons 'qui ont servi à les former et de la suppression ou de la transformation d'un ou de plusieurs des termes primitifs, certaines images peuvent
(1) Dict. phil., art. Français. XXIX. 502, suiv.
paraître très compliquées, alors qu'elles ont pu venir très naturellement à l'esprit de récrivain qui les a créées. Voltaire ressemble à un logicien qui condamnerait toutes les fif^nres du raisonnement sauf les deux ou trois plus simples. On voit par les exemples cités plus haut qu'il n'admet en général que le» métaphores les moins compliquées, celles qui sont pour ainsi dire du premier ou du second degré.) De là une sévérité (jui, appliquée môme à la prose, serait intoh'rahle. Il en est arrivé à critiquer les expressions les l)lus naturelles <1), à regardei" par exemple la locution avoir Jiorrcur de quelque c/josf, comine une irrégulari/é qui n'est permise (ju'eii vers i'-i), à se récrier devant des façons de parler aussi heureuses (jue justes, telles que esclave de la vie et reine de nos destins (3). Gicéron, qu'il cite à l'appui de son opinion, avait jécrit : '\erec\inda débet esse translatio C^}; mais assurément il n'a jamais' dit que Ja meta- \phore dût vlw dime puj^pjsi farouche. t>oint ntest besoin de réfuter ici en détail ^^^^f^^'^l^^^ vétilleuses Iftoat nous avons cité un assez gra^^pmbre ; un des ennemis du gr.ind critique sest empai'f^e cette tache dès l'apparition , (lu ConDnenlaire, et it a censuré cet ouvrage avec quelque abrimonie, ihais "non sans j^tesse (•">). Remarquons seulement ([ue 1<^ ('riti(jue de Corneille et de MoHère a pris pour la raison luimaine" ce qui n'est que la raison d'une certaiîie é[)oque ou «pour mieux dire le goût de Racine et le sien propre. Et (juand il m voulu justifier ses préférences par des ar<iunients logiques, ce cpii était imp(^sible, il a
(t) 11 y a (l«^ lindîfîtMico dosprit à dire également la tête d'un clou et la frfc dune aniuV. ^ Dicf. phil., art. Langues. XXX. 536.) L:expression cul'de-sàc oM condaninée ronnne impropre; parce qu'une rue « neros-. seiiiM.' ni :\ nu cnl i\i i nn sae- ». RcjjuêU' de J. Carre, t.' VII, p. 20. . 1,1 critique est ici ;iiissi trivial»" (|iMnjwwfe.'' Ci) Comn^ 8ur Corneille. Ilév;^ 1. ly: 38. V '
(3) Ibid. IN)1. V. II. i., " - '
(i) Conn. des heauti'S. .wt Métaphore. XXXIX. 'iô'i. (7.) Clément, .SJ.atvHc' lettre à Af. de' Voltaire. ^ -'
"zzzrzr^ ÂvîTS AtA ArmrvI/xirAâo /Ml n/\n nni*
-TT — rr '■ — TT—
écri* dek observations qu*on peut regarder comme bien au dessous de lui ; et il n'a réussi à démontrer qu'utie seule chose, c'est que la timidité du goût peut aller jusqu'à la naïveté, et que, même chez un grand homme, le raisonnement peut quelquefois bannir la raison. ^
L'idée générale qui se dégage de toutes les observations sur le vocabulaire, la syntaxe et les figures, c'est queia langue doit autant que possible se pHer aux règles de la plus simple logique. Et Voltaire a résumé lui-même ses opinions dans une sorte de formule qu'il appliqua à la poésie. « Pour juger si é[ès vers sont bons ou mauvais , quo le • lecteur les tourne en prose, qu'il voie si les paroles de cette prose sont précises, si le sens est clair, s'il est vrai, s'il n'y a rien de trop ni de trop peu, et qu'il soit sûr que tout vers qui n'a pas la netteté et la précision de la prose ne vaut rien C) ». Ainsi s'exprime le commentateur de Corneille. Si l'on prenait ces paroles au pied de la lettï*e, Voltaire se serait mis dans une singulière contradiction avec luimôme. Il aurait par là condamné absolument l'inversion, car pourrait-on transposer en prose des tours comme celui-ci (2) :
Ariane, ma sœur, de quel aniour blessée,
Vous mourûtes aux bords où vous lûtes laissée ?
Il aurait aussi proscrit l'ellipse qui n'a rien de prosaïque. Cependant il a approuvé plusieurs de ces constructions poétiques dans Corneille et il'a loué Racine d'avoir su employer habilement « ces finesses qui font le charme de la diction (^)). D'ailleurs, si l'on examine les nombreuses observations qu'il semble avoir fondées sur ce principe, on voit qu'il ne l'a pas exactement énoncé. Le critique de
■ (1) Commentaire sur Corneille. Sert. I. i. 3. — Cf. Pol. il. ii. 9. Senlitnenta d'un académicien de Lyon. MtM 177i XLVIII r>0.
(2) Cf. Clément. Sixième lettre à M. de Voltaire, p. 131. .
(3) Cwnm. sur Comeill^Wem sur la lWré»ic.e de Uacinc. I. i. 15. /
Diiiiinui
rtru:ii*âiruidiu:ai[UH^iiiiiiiK
— i5ÎÔ —
Corneille ne tourne pas à proprement parler les vers eiî ppoBe, même quand il paraît le faire, et la prose se prêterait facilement à certains tours qu'il aurait désapprouvés. Ainsi à J>f opos de ces ckiux vers :
; Et ces j^n-ands cœiirs enflés du bruit de leurs combats... ' Sans lui vilir en la main piques ni javelots.
le commentateur fait ces remarques : « On ne peut dire « des cœùfs enflés dehruit ».; « voir piques » n'est pas français (1) ». La prose elle-même ne résisterait pas à un pareil système de criti*(]ue, cai- elle ne saurait être tournée impunément etk une autre prose. Mais Voltaire, qui croyait sans doute mettre ces deux vers en prose, a fait en réalité tout autre cliose, car il a modifié. une expression dans le premier et cité \m fragmcnttlfcl'ajitre de telle façon qu'il l'a dénaturé. Au reste, quand il change la construction poétique, il juge souvent utile d'ajouter à sa glose un petit raisonnement qui nous dévoile sa véritable pensée. Au fond it cherche à
^(rapprocher his >igrs non de la prose, maïs de la raison. Il est vrai que la prose étant en général plus raisonnable que la poésie, la rè^le ainsi énoncée peut être d'un emploi commode; c'est une de ces formules empiriques qui parfois
* l)euvent êtrfî données aux écoliers pour leur faciliter l'intelligence de certains faits, mais qui ne s'appliquent qu'à la généralité des cas. La véritable règle est celle-ci : Il tant toujours ramener la langue aux formes logiques. Pour voir quelle est la portée de ce principe, il importe d'examiner avec quelque détail l'ouvrage dans lequel Voltaire en critiquant un auteur important d'après les règles qu'il a posées,, s'est ç'hargé de nous montrer quelles pourraient être pour la granunaire et la littérature les consé- ([ueires (l«> leur application, ("est du Commentaire 8ur (U^rncThe que nous avons dégagé les principales théories
(t) Ibid. Nie. II. 1. 17. Sert. 111. u. 10.
Oiifiuii i(ii^iftV^"*f^*^iinri rnirnaiik em|iloie rad^erba
grammaticales du célèbre critique ; c*est dans ce même livre qu'il faut voir avec quelle injustice le purisme a pu condamner, au nom de la langue classique, le grand homme qïil en avait été un des j^rincipaux créateurs.
^ôme toute une proposition où une conjonction serait
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