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yuBë Bn pro99f p. »u. i.onn, Oêi oeauieê, mot table, p %flJ. Urtttque d'Inès. Dict. phil., art. Ver $ et poésie . XXXII, p. 438 et suiv., art. AmplifietUian. XXVI. %7. Conn. dM beautéê, mot IMa(ogftM en vers,
abus se maintiennent par leur propre absurdité. .. L'inconvénient s'est accru à un tel point, écrit Diderot, qu'on n'ose plus y remédier (ï) » ; et les grcimmairiens, quoiijuo disposés U adopter des rélbrmes avouées de la raison, se voient ol»li«,r«.s de déclarer que « le remède serait pire que le mal, jiui es! comme désespéré {2j». Voltaire respecta en général la liadition, bien qu'à cette époque l'usage se prêtât plus qu'aujour d'hui aux entreprises des novateurs. Il osa bien moins que Duclos et fit bien davantage. Sans avoir bâti un système, sans être à proprement parler un néographe, il eut le mérite plus sérieux d'être un réformateur. - . ^
Ce n'est pas qu'il manque d'égards pour l'étymologie ; mais comme il connaissait- mal l'histoire de la formation du français, il soutient, comme ses contemporains, des idées fort inejèactes sur la formation des mots : « Tout attesterait la barbarie de notre ancienne langue à qui voudrait y regarder de prè^. On verrait que le nombre vingft vient de viginti,' ei qu'on prononçait autrefois ce qt et ce t avec une rudesse propre à toutes les .nations septentrionales.... De hipus on avait fait lotip^ et on faisait entendre le p avec une dureté insupport^le. Toutes les lettres qu'on a retranchées depuis dans la prononciation, mais qu'on a conservées en écrivant, sont nos « habits de sauvages». ^ ^^
L'étude des anciens monuments nous apprend pourtant qu'un grand nombre des caractères qui surchargent aujourd'hui notre orthographe avaient disparu de récriture dès les temps les plus reculés: ainsi on trouve «u dans la chanson de Roland et le g de vingt n'existait déjà plus dans le latin vulgaire (3). On sait que les lettres dites étymologii^ues ont été en grande partie ajoutées aux inots, à une époque
(1) Enc, méth,, art. Langues. *
(2) D'Açarq, Année lUtéraire, 1758. 1(1. 13.
« (3)iXu(lupi), V. 1753. — Schuchardt, Vokalismua des Vulqaerlateins
postérieure, par des savants qui ne connaissaient pas toujours l'étymologie : enfcoro est-il heureux qu*ils n'aient pas regardé le français comme dérivé du grec ; car ils auraient pu nous léguer une ample collection de lettres plus suivantes encore et plus inutiles. t
Iléduite à ses propres forces, l'étymologie ne doit avoir aucune importance. Le fanatisme orthographique peut prétendre il est vrai que « la tradition est la ratio scribendi de toutes les langues qui n'ont pas la vanité d'être primitives » ; que « d'après la raison, la plus vieille orthographe est la meilleure (i), et l'indice le plus sûr d'une éducation intelligente (2) ». Mais quelle est la langue qui peut se dire primitive ? Pourquoi ne pourraH-pn écrire un mot sans avoir appris comment il était prononcé par nos ancêtres? Si nous voulions étendre plus luin ce principe, il ne nous resterait plus qu'à écrire le français en latin ; encore la linguistique pourrait-elle y ajouter quelque chose.
Il est pourtant des cas où l'étymologie peut être respectée sans grand inconvénient, et même avec quelque avantage ; c'est quand elle est soutenue par l'analogie. Les c^feisonnes qui s'écrivent encore et ne se prononcent plus ne sont pas comme le croyait Voltaire nos « habits de sauvages ». Ce sont plutôt des restes de nos habits de Romains,, flétris et usés par le temps, et dont les différentes parties ne sont plus en complète harmonie, parce que les liens qui les réunissaient ont disparu. Si l'on doit rejeter ceux de ces lambeaux qui, ne tenant plus à rien, sont devenus inutiles et nous rendraient ridicules, on a aussi quelque droit de cx)nserver ceux qui servent encore à quelque chose. Le p dans Zoup et le g dans vingt sont des ornements d'une incontestable inutilité. Mais le t dans le mot enfant peut aider un étranger ou un jeune
Français qi enfantillag d'e la langu une lettre c notre idion jours savan sur l'usage de sorte qu utile à l'en!
peut l'être e qui veut b mûr. .
Voltaire l'écriture lei comme beai mologiô, re souvent en losaphique • graphe, il n cipale réfon iM^ porté qu
Voltaire, non par ^*, 1 quelquesiin faible et^mc de noms dé yen, tels qu On a attaché ,en fui* le zél proposé bie:
Au XVI* fi
(1) Ch. Nodier : Notion» élémentairei de linguistique, p. 165.
(2) Ibid., p. 174. U est vrai que Nodier ajoute : « ce qui ne rempéche pat d*étre mauvaise ».
<i) G*Mt à U pmU, p. m)ft
(7) Lettre à d'Olivet, i*' avril 17(iG. Lettres inéd., publiées par llph. François, t. U, p. 11. LiUre à d'Àrgental (du môme jour).
Français qui veut trouver Cacilement les dérivés enfantin et enfantillage, et l'avantage qu*oh peut en retirer pour Tétude d*e la langue parait bien compenser rinconvénient d'écrire une lettre qui n'a aucun son. Cela tient à la nature môme de notre idiome. La dérivation, en français, est presijue toujours sii vante, c'est-à-dire qu'elle est fondée sur le latin ou sur l'usage ancien, et non sur la prononciation modenie ; de sorte que cette orthographe, quoique anormale, est aussi utile h l'enfant qui commence à étudier la grammaire, que peut l'être en général la connaissance du latin au Français qui veut bien posséder ^ langue maternelle avant l'Age mûr. . \
Voltaire ne semble pa^ avoir songé à supprimer dans l'écriture les consonnes qiilne se prononcent point 'A). Il avait comme beaucoup de sesj contemporains la religion de l'étymologiô, religloiV que pncertitude de la scienc^ changeait souvent en superstition. Dans l'article du Dictionnaire philoaaphique où il Signale les principaux abus de notre orthographe, il ne s'occupe point des consonnes inutiles ; la prin-
cipale réforme qui Ta fait mettre au nombre des novateurs Importé que sur une voyelle.
Voltaire, comme on sait, voulut qu'on écrivit par a», et non par ot, tous les impar£stits et conditionnels des verbes, quelquesiinflnitifs tels que connoitre et paroitrCj les mots faible eï^monnoie avec leurs dérivés, et un certain nombre de noms dé peuples dans lesquels on prononçait un e ouvert, tels que FrançoiSy AfigloiSy Hollandais ^ ÇharoloiSy etc. On a attaché h ce changement le nom de Voltaire, parce qu'il ,en fui- le zélé défenseur et le fit triompher ; mais il avait été proposé bien longtemps avant lui.
Au xvi«8ièc;le, la diphtongue ot ne faisait déjà plus enten-
(i) Cest à tort, ce semble, que Gëni'n (Variation du langage fran- ÇtiÂ0, p. 91) jemble croire q[ue Voltaire avait cherché à provoquer une 'IWMtbm dé C8- gofurt».
{t) l'uinp. 11. 1. «s. nou. iv. i.oi. oen. v, i. ixi.
(5) Gian.I. II.37. Pol. I. i. 57. Rod. I. v. 89. Hér. 1. 1.38. IV. iv. 12».
l,v) rprei (10) V. les
(Jre à roreille le son naturellement représenté par les deux lettres dont elle se compose : de plus elle se prononçait de plusieurs manières différentes, que les grammairiens du temps fiprurenl par oè, oa, e (i). On commençait alors à remplacer dans beaucoup de mots, le son oi par celui do l'c* ouvert, lièze attribue ce cbangement .'i l'inlluence italienne (2). II. Estieime se moque de ceux qui dénaturent^ ainsi les mots pour les rendre plus « mignards », et complaire aux dam§s : ;
Qui mieux complaist î\ sa maistresse
Fait estât de plus prand' proués.se.
Kt do la vient, ô courtisans,
Que ce mot François desguisans,
Par Iressotte mignarderie,
Aimez mieux que Franceson die
Pour ce (jue ce seroit pécher
La bouche sucrée fascher
|)e madame ou madamoiselle,
. Et faut s'accommoder à elle (3).
Voltaire est un- peu du môme avis. Une fait point remonter cette prononciation au xiii® siècle, comme Beiiuzée, qui n'y voit qu'une licence poétique des trouvères (*); il n'a pas recours, comme Duclos , h une cause philosophique, à l'euphonie, par laquelle « on amollit la- prononciation des mots c( qui ont été quelque temps en usage chez le peuple des « gens du monde » ; (•>) il sait que cette manière de poirier remonte à l'époque où François I»' a adoucit notre langage alors agreste en appelant les femmes h la cour (6) ». Mais il est difficile d'admettre que cette transformation soit due^
(1) Thurot, Histoire de la prononciation française rfu XVI» siècle jusqu'à nos jours, p. '^\ et suïv. » --f
Ci) De francicae linguae recta pronuntianonef p. 54.
(3) Dial. du français italianhé (Remonstrancc adx courtisans) 565.
(4) Encycl. méth., art. Oient.
(5) Comm. sur la Grammaire généraU et raisonnéef chap. I. (G) Dict. phil, art. A, t. XXVI, p. 12.
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(3) Lesdeu parler franco
(4) En 17^ car ce semft o telpt. Voltaire la société au
{V) Vfjf èumple dans les Hem. tur PulehérU. (10) V. les Bamarquêê sur ces deux pièces.
des influences de cette nature # il est plus probable qu'on ne fit qu'adopter la coutume des Normands, qui peut-être était celle de plusieurs autres provinces. Quoi qu'il en soit, Tusage, après avoir hésité assez longtemps, finit par se décider au commencement du xvii® siècle en faveur de Ve ouvert (^). L'ancienne diphtongue ne se conserva plus que dans •le style soutenu et dans le langage des provinciaux. La prononciation se trouvait en contradiction flagrante avec l'orthographe ; dès 1579, Laurent Joubert essaya de les mettre d'acfebrd dans son Dialogue du la. cacographie. Il fut imité par l'Esclache, en 1G68 (2) ; en 1675, Nicolas Béraiii reviat h la charge dans ses Nouvelles remarque» de la langue française ; quelques années plus tard Mî(fillei'aii et La Touche tentèrent à leur tour de faire changer cette orthographe vicieuse (^).. '
Mais ces riouveautés ne furent adoptées ni par ICs grands écrivains du temps ni par les principaux grammairiens, et elles n'étaient pas près de prévaloir, lorsque Voltaire entreprit de les faire accepter. On li.sait diëjà dans l'avertissement de Zaïre (1736) : « On a imprimé français par un a et on en usera ainsi dans la prochaine édition de Xa Henriade [^) . » Mais c'est au Siècle de Louis XIV que remonte l'apulication définitive de la nouvelle orthographe. Cet ouvrage, quand il parut en 1752, présentait deux caractères particuliers, (pii étonnèrent les étrangers, entre autres lord Ghôsterfleld, qui en marque sa surprise dans une lettre h son fiJs : « D'abord, dit-il, il n'y a pas une seule lettre capitale dans tout le livre
(\y Vers 160B (Thurot, p. 3^0).
(2) Le9 véritables règles de Vorthograptie française, — V. Régnier- Desmarais, Traité de la Grammaire française, p. 8i et 101.
(3) Les deux Grammaires fransaizes, Marseille, 1004. — L'art de bien parler français , Amsterdam, i096 (5« édit., p. DO).
(4)' En 173t^, M"»« de Grafigny déclare qu'elle écrit français par un a, car ce sertift un « barbarisme de récrire autrement », selon M*"* du Châtelpt. Voltaire se trouvait alors à Circy. V. Dcsnoireterres, Voltaire et la société au X Vit!» siècle (Voltaire et Frédéric), 211;
ikm, p. XLI.