‹ Étude sur Voltaire, grammarien et la grammaire au XVIIIe siècle [microforme]Chapitre 24 sur 34 · UO S · texte numérisé non relu

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excepté au commencement du paragraphe. Je vois avec déplaisir Rome, Paris, la France en lettres minuscules, et je ne crois pas.qu'il y ait aucune raison de retrancher de ,ces mots les capitales après un long usage. C'est une affectation au-dessous de Voltaire il). » En effet, c'était là une bizarrerie qui diîiparut dans tous ses autres ouvrages. Mais Torthographe qu'il avait adoptée pour les imparfaits et certains irrfmitifs devait lui survivre et garder à juste titre le nom de celui qui, sans l'avoir inventée, en fut le plus zélé promoteur. Elle apparut pour la première Çois dans le Moniteur le i®»" novembre 1790; et bien que plus tard elle ait été repoussée par un certain nombre d'écrivains et attaquée assez vivement par quelques grammairiens (2), elle a fini par triompher. Reconnaissant que la lutte était devenue impossible, l'Académie a sanctionné l'usage en introduisant la nouvelle manière d'écrirq dans Féditiondu Dictionnaire qui parut en 4835.

Voltaire n'avait pu accomplir sa réforme sans rencontrer de nombreux contradicteurs. Il fut combattu par les grammairiens les plus considérables et même par ses amis. Seul, Duclos approuve le changement que la plupart des auteurs commencent k a()opter t en suivant Les pas d'un illustre moderne. » Si la diphtongue ai n*est encore qu'une fausse combinaison pour exprimer un son aimple, il reconnaît qu'elle est au moins sans équivoque : cependant il n'036 rien changer à cet égard, de peur t d'efaroucher les yeus (3) », et il faut avouer que les anciennes formes favaiSyj'étoiB for-

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(1) Lettre à son fils Stanhope, 22 mars 1753. (V. Desnoireterreés, ibidj 'h

Çî) Notamment par l*abbé Girard (Vrais' prtneipêê delà langue françoiaej, par Domergue, dans sa Grammaire simplifiée, et dans ses Saluions grammaticales (tl. 313), par Ch. îiodier {Notions élémentaires de linguistique, p. 162), et Girault-Darivier (Crrammaire des Grammaires 3)édit., 1834, t.II, p. 10Q3).

8» Rem, sur la Grammaire générale et raittmnée, 1, 5,

(1) Beau 9ur Radnê

(^) Disses françoiee, <

(3)Ofrt.4

(4> VOrt> naturels.-

(5) Lêtin

ment un contraste bizarre avec les témérités de son orthographe nouvelle. Tout en ménageant pne susceptibilité qu'il eut été dangereux d*éveiller, Beauzéè, d'Olivet et Dumarsais cherchent d*abord à combattre l'argument qu'on pourrait tirer de l'autorité d'un grand poète. Une foule de jeunes gens, écrit l'un, qui se sont crus ses rivaux, parce qu'ils sont ses copistes, se sont mis à l'imiter. Ainsi, dit un autre, < les courtisans d'Alexandre sejcroyaienj, parvenu s Ji être des héros, lorsqu'à l'exemple de leur maître, ils penchaient la tète d'un côté ('!> ». Dumarsais s'excuse avec plus de franchise : « Comme on peut être fort honnête homme et faire mal les vers, on peut aussi Taire les plus beaux vers du monde et ne s'être pas appliqué à approfondir les principes de l'orthographe.... Ceux de Newton sont plus satisfaisants pour des génies.... Le poète philosophe aime trop la vérité pour persister dans sa pratique, s'il connaît jamais les raisons qui la combattent « (2). Lès arguments ne manquent pas aux adversaires delà réforme. Les] uns prêchent simplement le respect de la tradition : Desfontaines craint le danger d*un exemple pernicieux, grâce auquel « les provinciaux pourraient se croire en droit de conformer leur écriture à la prononciation de leurs dialectes » (3); Girard, qui avait autrefois adopté la nouvelle manière d'écrire se rétracta plus tard de peur de t défigurer l'orthographe »(*). D'autres invoquent des raisons étymologiques. Voltaire avait écrit à d'Olivet qu'étant «[très dévoué à Saint François, il avait vDulu le distinguer des Français » (&). Beauzée juge qu'il ne faut pas

(1) fieaniée, Enc. méth,, art: Diphtongue. '— D'Olivet, Xlb Rem. Bur Radn0,

(2) Diê9êrtfUion êur la pt'ononciation et Vorthographe de la langue' françoiÊê, Œuvres. lU. 277.

(3) Ofrt. «ur <M (é(»^in(Mferne«, XXX. 2^.

(4) VOrîkograf^ firançoUe êans équivoque et dam- ées principa natuTêli. -^ VraU prindpu dé la langue françoièey t. U, p. 344.

^) I#llr«<iH 5 ;aiiv<«r 1707. .

si fort distinguer Fr^inçois du nom de Saint Francoiis, qui était le même à l'origine (i) ; Dùmarsais reproche au réformateur ^effacer les lettres étymologiques qui rapprochent certains mots tels que connoitre et notion; mSads tousVattachent principalement à démontrer qu'il est inutile de remplacer oi par une combinaison qui présente les mêmes inconvénients qu'une orthographe vicieuse , mais à laquelle du moins on était hgibitué. Ai n'est jamais prononcé comme, un son double, selon sa première et unique destination ; il n'y. a guère qu'au pays des anciens troubadours qu'on ait l'habitude de faire entendre les deux lettres a et i... Il y a d'ailleurs cinq usages de cette diphtongue : elle correspond à la fois à un a suivi de l mouillée, à un e tantôt fermé, tantôt demifermé, tantôt muet et tantôt ouvert, comme on peut la voir en prononçant les mots aU, aimer ai^ affaire , je faisais^ palais. Si l'on veut une réforme, il faut la prendre des mots accès, procèSy etc., plutôt que de se régler sur palais et quelques termes semblables ; car il n'y a pas plus de raison de réformer François en Français qu'il n'y en aurait de remplacer palais par palois {%. -

Les raisons étymologiques données par Beauzée et Dùmarsais n'ont pas une bien grande valeur. L'argument du premier se retourne contre son auteur, puisque Fh^ançaiSy (Fmncensisjy et Françjois (FranciseusJ, étaient très difTérents à l'origine. Connaître s'éloigne de notion, bien plus que connoitre; mais si nos ancôti'es, pour conserver des lettres utiles^ avaient toujours maintenu l'ancienne orthographe sanslenir cpmptéde la prononciation; s'ils avaient continué par exemple, à écrire je preuve, alors qu'on disait /ej^rouve, sous prétexte de rattacher le verbe prouver au substantif

(i) Encycl. méth., SiTt. Diphtongus.

(2) Enc. méth,f art. Diphtongue. Dissert, sur la pr<monei(Uion, p. 276. — Cf. d'Olive^, Xlb R$m» sur Racine ; D'Açarq, Année littéraire, 1758. III. 14.

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preuve^ où en serions^noUs aujourd'hui? Quant à l'argument tiré de la variété de la prononciation, il est tout à fait concluant, et démontre avec évidence que la réforme voltairienne était Icnn d'être irréprochable.

Les philosophes étiient pourtant d'accord sur la nécessité d'un changement. Dumarsa^ aurait voulu, comme autrefois l'Esclache, écrire Francès] j'allès, eonnètre. Beauzée trouvant, au contraire, è trop éloigné de l'orthographe ordinaire, de l'ancienne prononciation et de l'analogie nationale, proposait, pour tout conciHer, d'écrire François en marquant Yo d'un ac<3ent grave : c'était' un inutile replâtrage, car on arriverait à une singuHère complication,' si, au lieu d'employer les accents à indiquer les nuances de la prononciation d'une même lettre, on voulait les faire servir à représenter des sons tout à fait différents. D'Alembert, comme Dumarsais, était pour Ve ouvert; e simple, disait-il, paraît mieux convenir à une articulation également* simple 0). Voltaire ne voulut point adopter cette manière de voir : (n Ai doit être préféré à.è, parce qu'il indique plus sûrement la prononciation qu'un accent qu'on peut mettre de travers, qu'on |)eut oublier, que les provinciaux prononcent toujours mal ». D'ailleurs cette combinaison indique mieux l'étymologie : « je faiè, je plaie se rapprochent bien plus de fado et de placco que je fès et je plès; enfin on fait usage de ai dans plusieurs livres nouveaux (2) », Il faut avouer que le promoteur de la réforme la défendait assez mal; ce sont là des excuses et non des preuves. Autant valait mettre un accent de travers que d'employer une fausse diphtongue équivoque, et (jui avait au moins les mômes inconvénients. L'usage suivi par quelques livres nouveaux n'avait point encore la force d'une tradition : on y pouvait apporter des changements; et Ton en faisait bien d'autres à cette époque. L'argument tiré de

(i) Utm à VoUaim, « mars 1770. LXVl. 197. (8) Lettre à dPAlmnbtrt. Ibid., 19 mars, p. 34.

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Tétymologie semble porter à faux. Il s'agissait à proprement . parler de mots tels que avoit, connoitrey François, dans lesquels oi rappelle au moins aussi bien que ailles lettres ei i ou 0 qu'on trouve dans, les formes Jatines qui leur correspondent. Voltaire donne une autre raison beaucoup meilleure ; c*est que la diphtongue ai « a bien plus d'analogie avec tous les mots où elle est employée]]». En effet cette combinaison, quoi qu'en pensât Dumaï'sais, n'avait pas tout à fait les mômes inconvénients que ai, car elle ne représente en somme que les différentes nuances de la prononciation d'une même lettre, tandis que l'autre n'en représente aucune. De plus le changement d'une seule voyelle ne choquait pas trop l'usage et n'effarouchait pas les yeux comme l'eût fait la transformation] complète cl'une diphtongue; et c'est peut-être une des 'raisons principales (Jui Ton fait adopter. • ^ . ^

Cette/ première réforme devait être complétée parj un changement du môme genrfe, mais de moindre importance La diphtongue ai peut représenter le son de Te muet dans certaines formes du verbe faire et de ses composés ;Jce qui est passablement/choquant. Voltaire se fit ici qncore le défenseur d'une idée émise avant lui, et écnvit conformément à la prononciation[/^«on« et bienfesant (i). Bien qu'approuvée par .Beauzée et] employée par Rollin et plusieurs autres écrivains, cet|.e orthographe n'a ppint prévalu. Voltaire ne réussit pas davantage à faire adopter la form^ Européan i'i); la prononciation ^qu'il soutenait ayant vieilli, l'écriture qui la représentait ne pouvait subsister. Il voulut aussi supprimer Vo inutile dans Laon, paon, faon, (3) et écrire en un seul mot les composés tels que à propos, comme

(1) Dict. phil.f art. Orthographe, XXXI. 332.

(2) EpHreau duc de Richelieu, en této de VOrphelin de la Chine. VI. 406. '

(3) DicL phil, art. A, XXVI. 25. , .

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atour et avenir (i). Tous ces petits changements avaient leur raison d'être. Faiiant a été maintenu sous prétexte qu'il se rapproche de faire ; cette anoTmalie est d'autant plus étrange qu'on écrit je ferai et je ferais. La suppression des lettres étymologiques dans faon et paon était très naturelle, puisqu'ici la dérivation ne prête aucun secours à l'étymologie. Il serait même à souhaiter qu'on étendit cette règle à tous les mots composés ; on éviterait ainsi de^ difficultés orthographiques qui ne correspondent à rifen dans la prononciation, et même qui Ja contredisent quelquefois.

Voltaire a une manière particulière d'écrire les noms propres: « L'orthographe de Isli plupart des livres français, est ridicule. Presque tous les imprimeurs ignorants impri- . ment WisigothB^ Westphalie^ Wirtembérg^ Wéinétavie, etc. Ils ne ^vent pas que le double v allemand, qu'on écrit ainsi lo, est notre v consonne, et qu'en Allemagne on prononce Vérétavie, Virtemherg, Vestphalie, Visigoths (2) ». Il n'admet cette lettre que dans quelques noms propres anglais comme Warburton^ Wwton, Walston 13), mais il va jusqu'à la supprimer à la fin du nom propre Schouvalow, qu'il écrit « Schovalo, comme il prononce », parp qu'il pe saurait se faire aux doubles v pour lesquels il a toujours eu la plus grande aversion (*).

Les éditeurs commettent encore d'autres erreurs. « Ils impriment Altona au lieu d'Altena, ne sachant pas qu'en allemand un o surmonté de deux points vaut un >€. Ils ne savent pas qu'en Hollande œ fait ou; et ils font toujours des fautes en imprimant cette diphtongue (5). » Voltaire voulait donc pour les noms propres conformer l'écriture à la prononciation française. Il semble avoir raison, si Ton considère

(1) Ibid., art. ApropOê, p, 514.

{^) Ibid., art. Orthographe, XXXI, ^t.

(3) Epitre III, note xiii. 27. ^

ik) Lettre à un Académicien, XVIII, p. 437.

(5) met. phU., art. Orthographe, XXXI, 333.

seulement ceux qui ont été véritablement francisés et son d'un usage courant. On pourrait admettre qu'on écrivît hour et non hoër afin d'éviter une prononciation qui parait ridijj^ cule ù un Hollandais. Mais ce sont là des cas peu nombreux. Pour être conséquent avec lui-même et assouvir sa haine contre le double r, Voltaire aurait dû écrire Ouarburtoriy et môme pour reproduire la prononciation anglaise, il devait faire plusieurs autres changements. Il a senti qu'une pareille orthographe eût été ridicule. Le système qu'il proposait " pouvait s'appliquer d'une façon générale à la transcription des mots chinois, puisqu'il n'y en a pas d'autre possible; mais qui oserait en faire. usage pour les termes anglais et allemands? L'orthographe la plus ridiculement compliquée n'arriverait jamais à rendre, même à peu près, la valeur de certains sons qui choquent tout d'abord nos habitudes phonétiques : d'autre part les étrangers trouveraient grotesque une nianière d'écrire où ils ne pourraient plus reconnaître leurs propres noms. Le meilleur est donc, si récriture ne s'y oppose pas, de se conformer [i l'écriture originale. Au reste la connaissance des langues étrangères et surtout des langues germaniques, bien plus répi^ndue qu'autrefois, nous ote souvent la peme d-e conformer notre orthographe à la prononciation de nos voisins. " •

De toutes les réformes de Voltaire une seule a été définitivement adoptée par l'usage : mais.c'est, il est vrai, la plus importante. Les autres ne portaient en somme que sur des points de détail ou dés cas peu nombreux ; celle-là s'étendait beaucoup plus loin et formait une règle générale, d'une application fréquente et facile: et c'est là peut-être une des causes du succès qu'elle a obtenu. On peut regretter que le grand homme (pii l'a fait triompher n'ait pas essayé d'en faire passer d'autres non moins importantes et même moins contestables: pounfuoi par exemple n'a-t-il pas supprimé lesdoul)ies lettres inutiles, comme le faisait Dumarsais? Les circonstances étaient des plus favorables ; l'Usage hésitait, et

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l'appui d'une telle puissance littéraire eût probablement fait pencher la balance du côté des réformateurs. Mais iljaut dire que Voltaire n'attache pas une bien grande importance à ces questions. JI dit quelque part, dans son Commentaire sur Corneille, en parlant' de certaines incorrections fort excusables du poète, que « ce sont-ià des fautes'd'orthographe » (t). Aujourd'hui une faute d'orthographe est lin signe d'ignorance. Il écrit à Duclos en lui envoyant un manuscrit : « Ne faites aucune attention à l'orthographe : songez que nous sommes Suisses » i2). Et s'il eût été convaincu delà nécessité d'une réforme', -il est probable que le préjugé de l'étymologie l'eût empêché de rien tenter. Peut-être eût-rl osé davantage, s'il eût eu^plus de goût pour notre vieux langage, dont la connaissance eût attiré son aCten-, tion sur certaines irrégularités, tout en lui fournissant les moyens de s*en défaire. Mais il se serait, bien vite aperçu qu'il faut du temps pour^ corriger des abus produits par le temps.

\ Quoi qu'il en soit, la réforme relative à la diphtongueoi a une importance assez considérable : en dehors]do son utilité, elle montre ce que peut un grand écrivain dans le domaine des réformes grammaticales. Il serait ù souhaiter qu'on en fit autant de temps en temps. <( On * prononce une^ langue," on en écrit une autre, disait Diderot i»*) » ; cette vé" rite serait peut-être moins évidente,^ quelques-uns de nos grands écrivains avaient imité Voltaire, Les néographes, malgré leurs bonnes intentions, ont trojf souvent le tort de vouloir faire adopter au public, dans leur enseïnble, des systèmes qui choquent les habitudes reçues. Mais tel esprit (|ui s'effraye d'une révolution pourrait s'accommoder d'une réforme progi^ssive et modérée. Ce serait faire œuvre de

(1) Rem. $ur Pompée, III.. ii, 115. ^

(2) i8 Auguête, 1761, LIX, 537.

(3) EncycL m^th., art. Langues, p. 437.

courtoisie pour les étrangers qui nous font Thonneur d%j^ prendrç notre langue, âe pitié pour l'enfance et la jeunes^; qui ne peut plus comme autrefois perdre un temps précieux à résoi^dre d'inutiles difficultés. Ce serait travailler également à l'unité de notre langage ; car l'or thographef aujourd'hui de plus en plus puissèmte ^en raison" des progrès de l'instruction, réagit sur la pSi^e et fait commettre des fautes ; et, d'autre part, les caract^pçfs variés qui servent à ' désigner un môme son, semblent autoriser toutes les prononciations et "favorisent les çiccents provinciaux. 'Gomme la différence des formes écrites et des formes parlées s'accroît tous' les ^ours, il serait peut-être prudent dé commencer quelque réforme. Tout le monde, il est vrai, n'a pas, comme Voltaire, le désir de faciliter aux étrangers l'étude de noire langue, et bien des gens sont peu soucieux d'épargner à leurs descendants des fatigués qu'ils ont oubliées ou qui après coup leur paraissent faciles à surmonter. Il est vrai encore que des passions de tout genre pourraient, dénaturer et envenimer cette question comme beaucoup d'autres. Le lilr. térateur troublé dans ses habitudes ne reconnaitra plus son Corneille et ne voudra plus que personne le reconnaisse ; le poète regrettera les restes d'tfne vénérable antiquité ; le grammairien s'indignera de ce défi porté à la science étymologique,; et quelques maîtreç verront de mauvais œil la suppression de certaines règles compliquées, dont la donnaissance indique une certaine supériorité ; les conservateurs de tous les droits acquis et de toutes les traditions s'inquiéteront de cette dangereuse manifestation de l'esprit révolutionnaire : la (luestion de l'orthographe pourrait môme devenir une ({uestion politique. Mais que n'a t-on pas dit de Voltaire ? N'a-t-il pas été accusé d'avoir ourdi une trame machiavélique contre les grands écrivains qui l'avaient précédé (1) ? Il n'en a pas moins bien mérité de la langue frîin-

(1) « Il a voulu, dit. Nodier, frapper leurs éditions à venir, si Ton ose en

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çaise en contribuant, pour sa part, à montrer c[tie nous ne devons pas regarder éternellement notre orthographe comme l'art de conformer notre écriture à la prononciation du xvi* siècjei ou môme parfois au langage des contemporains de Gicéron.

faire, du ridicule d'une. orthographe surannée. » Techener, Bulletin du diftriopAtle,- mars 1843. VI» série, p. 112. -

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C2) Dict. phiL, art. Orthographe. XXXI. 333 , arL A. XXVI. 14. Comm, »ur Corneille, Antiromède, prolog., v. 79. (3) Lettre à l'abbéd'Oli^et, 5 janvier 4767. LXJU. 575.

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