XVIII
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(S) V. d Olivet. Traité de la prosodie françaiee (1750), p .M , suiv., et Mai^ montel. Poétiqit^ françaiee. (Paris, 1763,, p. 188.) —V. Becq de Fouquiéres, TttiiUé générai de vm^fieation française. Charpentier, 1877, p. 176,
oxytons, avait encore l'avantage de rendre le rythme plus sensible à l'oreille ; mais elle ne pouvait apparaître qu'après raifaiblisseraent général de toutes les finales atones. De là une création toute française, l'alexandrin, qui n'est autre chose que le doublet du décasyllabe, et par conséquent ne pouvait venir qu'après lui.
^ La structure intérieure du vers devait conserver de même les caractères essentiels du rythme latin. A l'époque classique, le 2«, 3* et le 4* pied du sénaire tendaient à devenir rythmiques, c'est-à-dire que l'accent y renforçait généralement le temps fort e^ne le contredisait que fort rarement ; et par suite les 4«, 6« et 8® syllabes des rythmes correspondants devaient porter l'accent. La versification française ne s'astreignit point à conserver à la fois ces trois syllabes toniques ; mais elle s'impose encore la loi d'en garder au moins une. Dans le plus ancien de nos vers, on préférait en général accentuer la quatrième syllabe ; dans l'alexandrin on adopta définitivement la sixième (i). Enfin à cet élément essentiel on ajouta l'^assonance, qui, perfectionnée, devint lu rime, aujourd'hui partie intégrante du vers français.
L'ignorance des origines et l'abus de certains termes techniques ne permirent point aux grammairiens du xviir siècle de saisir le véritable caractère de la versification française. Sans être beaucoup plus précis que ses contemporains, Voltaire sentait l'importance de l'hémistiche et de la césure, et il a consacré à l'e^camen de cette quesr tion, « qui demande l'attention de quiconque veut s'instruire », un assez long article du Dictionnaire philoBOphique (2). H compare les vers français à ceux des Italiens, et ce rapprochement aurait pu le conduire à d^utiles observations ; mais comme il n'a aucune notion sur les rythmes latins, origine commune des deux versifications, il n'aper-
(1) V. Tobler, p. 106 et suiv.
(^ Art. Hémietiehe, XXX, p. 168.
« JEnfin, l(>rsque Tauroire a de ses feux blanchi l'hortioii,
« Lorsque du jour naissant let clartés ont chassé les ombres..... »
çoit guère que des dissemblances. Il fait remarquer, avec assez peu de clarté, que s'il y avait un hémistiche dans rheppécasyllabe italien, il faudrait qu'il tombât au deuxième pied et trois quarts; puis il parle des vers anglais qui, ^omme on sait, sont construits d'une tout autre manière, /et il attribue vaguement les différences qu'il a constatées au c génie différent » des langues. Aussi n'a-t«il pas une idée nette de la césure, et môme il ne peut en donner une bonne définition. îl voit dans l'hémistiche un repOs ^u milieu du vers alexandrin ; et comm^il appelle césure la coupe de la phrase qui rompt le vers, il dit que le décasyllabe a au deuxième pied une césure sans hémistiche. Trompé par ces appellations latines de pied ei de césure, qui ne font qu'embrouiller notre versification, il ne voit pas que ces deux vers présentent au ïonà le même caractère, et qu'ils ont tous deux une syllabe d'appui (i), qui pour Tunî est la quatrième et piour l';|utre la sixième, bien que dans le premier on eût établi l'usage de suppléer par une certaine coupe de la phrase à la faiblesse toujours croissante de l'accent. '.
Cependant lé décasyllabe peut avoir, lui aussi, un véritable hémistiche. Voltaire revendique la liberté de placer une césure avec un repos c après le troisième pied », comme dans ce vers :
Elle vous traite mal, — mais la nature...
Marmontel prétend que notre oreille « répugne à ces sortes de coupes » (2). M. Quicherat est du même avis : c L'harmonie
(1) Cette expression, employée dans certains cas par les grammairiens du xviii« siècle, parait plus juste que celle de syllabe toiiiqiM : car il est choquant 4e placer à rhëmistiche la finale sonore d'un mot étroitement uni au suivant. Le mot de repos n'est pas alMtolument clair, car il pourrait foire croire qu'on doit s'arrêter après la 4* ou la G* syllabe d'un vers, ce qui n'est pas exact. Le terme de césure prête à l'équivoque ; car il ne représente pas pour nous I/idée qu'il exprimait «cttorjles anciens.
(^ Poétique, p.^iQ. " *T^ V • '
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de tels vers est nulle pour notre oreille. Primitivement oe système aurait pu être admis, mais à condition d'être unique (1) ». Cependant on paraît condamner à tort une coupequi ofTense bien plus nos habitudes que le sentiment propremifht dit de l'harmonie : elle représente d'ailleurs un des accents principaux du rythme original. Pour une oreille juste et non prévenue, elle parait aussi agréable que celle qui a prévalu ; mais elle peut déplaire aux poètes et aux. savants, auxquels une longue accoutumance a fait régaler la dernière comme la seule naturelle.
Il n'en est pas de môme de celle qu'on a placée quelquefois après la cinquième syllabe. Voltaire n'aimé pas beaucoup ces sortes^de vers, c On peut^ dit-il, les admettre dans les chansons, car ils ressemblent au ^rs saphique^î) :
L'Amour est un dieu — que la terre adore
« Mais on ne pourrait les tolérei^ dans des ouvrages de longue haleine : car les deux mesures dont ils se composent, étant trop courtes et trop rapprochées, il en résulté nécessairement cette uniformité ennuyeuse qu'on ne peut rompre comme dans les vers alexandrins :
Ainsi partagés,— boiteux et n^al faits,
Ces vers languissants — ne plairaient jamais (3). »
On ne vmt pas bien en quoi ces vers sontboiteux et mal faits ; ils sont au contraire trop réguliers et par suite monotones. Il est peu vraisembistbte qu^ils aient été composés d'abord à l'imitation des pentamètres latins, « les seuls qui ont naturellement cet hémistiche i>. N'ëst-il pas plus naturel de les regarder comme une création de l'analogie, qui en poésie lutte contre la rythmique ancienne, comme ep grammaire elle combat l'étymologie? En introduisant cette coupe
" (1) Traité de verêificatio» françaiac, 2« édition, p. 181.
(2) Dia. phiL, art. Hémùtiche. XXX. 160. ->- Cette ressemblance est piiremmit eitérieure, et ne porte que sur le nombre des syll£d>es;
X$)JHct. pt^. Ibid.
su'*-'-
nouvelle qui change complètement le mouvement original du vers, on voulut sans doute donner aij décasyllabe une structure intérieure analogue à celle de l'alexandrin.
Voltaire prescrit d'observer rigoureusement le repos de l'hémistiche dans le vers de douze syllabes, et il joint l'exemple au'précepte pour montrer comment on.peut,en variant la longueur des phrasés ou des membres dô phrase, rompre la monotonie qu'entraîne trop facilement cette coupe un peu uniforme : ,' '
Observez l'hémistiehe, et redoutez l'ennui Qu'un repos uniforme attache auprès de lui ; Que votre phrase heureuse^ et clairement rendue, Soit tantôt term.inée, et tantôt suspendue; C'est le secret de l'art. Imitez ces accents pont l'aisé Jéliotte avait charmé nds sens. ' Toujours harmonieux, et libre sans licence, . Il n'appesantit point ses sons et sa cadence ; SalJé, dont Terpsichore avait conduit les pas. Fit sentir la mesure et ne la marqua pas (1).
Il ne suffît pas que le poète indique soigneusement la cadencer, il faut encore que le lecteur ou l'acteur la rende sensible dans la déclamation. Voltaire se plaint que bien peu de personnes sachent prononcer convenablement les vers ; il reproche aux comédiens de son temps de les lire comme on lirait de la prose (2). En effet la versification ne reposait déjà plus sur la prononciation courante ; en se refusant à admettre les synizèses et l'apocope de \e muet, elle n'avait point suivi les progrès de la langue. Aujourd'hui les jeunes écoliers n'apprennent à bien sentir la mesure qu'avec une certaine difficulté ; et beaucoup de gens qui lisent mal les vers français se hâtent trop légèrement de déclarer qu'ils sont dénués d'harmonie. Cependant on ne saurait nier que l'alexandrin classique n'est que trop facilement monotone.
(1) îbid., p. 164.
(2) LelXre à V Académie (en tète d'/rènd). IX. 407.
(4) Bègléê de ia poésie française, m, Vf, V, VI, VU.
En y introduisant un repos après la quatrième et la huitième syllabe, sans violer la règle de l'accent à la sixième, Victor Hugo n'a fait que se conformer aux principes rythmiques de notre versification (il; mais Voltaire n'eût point ' souffert qu'on changiÉ^t quelque chose à l'art de Racine et de Boileau. Peut-être sentait-il aussi qu'il était indisf^nsable dô suppléer par une mesure simple, exacte et rigoureuse à l'insuffisance d'un autre élément du vers friinçais, la rime, ^ laquelle on n'attachait pas alors l'importance qu'on lui * attribue de nos jours,
Quelle est l'origine de la rime ? « N'a-t-elle pas été inventée pour aider la mémoire et pour régler eh môme temps le chant et la danse ?... On peut mettre au rang des opinions probables, c'est-à-dire incertaines, qu'elle fut d'abord une cérémonie religieuse. Les Juifs ont rimé et comme ils prenaient tout de leurs voisins, ils leur empruntèrent aussi la rime (3)... Selon quelques doctes, les Grecs commencèrent par rimer '; mais^'ensuite ayant mieux senti l'harmonie de leur langue, ils raffinèrent sur la mélodie et firent ces beaux vers que les Latins seuls purent imiter (3). »
Il est inutile de discuter des opinions qui paraissent plus incertaines que probables. La question est d'ailleurs obscure, car Tassonanoe plus ou moins perfectionnée est une chose bien naturelle, et qui a pu apparaître en même ternps chez difl'érents peuples. Quoi qu'il en soit, cet élément est indispensable à notre poésie :
« La rime est nécessaire à nos jargons nouveaux, Enfants demi-formés des Normands et des Goths (4). »
(1) Cette innovation avait déjà été proposée au xvni* siècle par Fauteur d'une brochure intitulée : Raisonnements hasardés sur Uk*.Poés%e française. Elle était approuvée par Desfontaines. (Observ. sur les écrits modernes, X. 2t.) '
(2) Dict, phil., art. Rime, XXXII, p. 142-i4:j.
(3) Préf 'd^Œdipe (1790). II. 60.
{Ht)BpUreàHoraee,li\\\,^Sk,
cinq syllabes phy tique* ou réeUeê (a-re-ma-te^-re). uacios avait aaopie cette manière dé voir, .
teu-re
L'auteur de ces vers explique ailleurs sa pensée : c Nous autres descendants de8 Goths, des Vandales, des Huns, des Welches, des Francs, des Bouriguignons, nous,, barbares, qui ne pouvons avoir la mélodie grecque et latine, nous sommes^ obligés de rimer. Les vers blancs cbez .tous les peuples modernes ne sont que de la prose sans mesure (i). » Cette dernière affirmation est fort contestable : il est évident que les vers blancs, quoiqu'ils n'aient point de rimes, n'en sont pas moins des vers. Et en quoi Qotre qualité de descendants de barbares nous force-t-elle à rimer? Pour marquer nettement la mesure, est-il absolument nécessmre d'employer la quantité à l'exemple des anciens ? Les rythmes latins du moyen &ge, les vers des Allemands et des Anglais ont souvent des rimes, et ils pourraient cependant ne pas en avoir, , puisqu'il leur arrive souvent de s'en pa^e^.
Ailleurs Voltaire donne un autre .argument qui ne saurait nous convaincre davantage. < Nous avons, dit-il, un besoin essentiel du retour des mèm^s sons. Tout le monde connaît ces vers : "
Où me cacher? Fuyons dans la nuit iofemale. Mais que dis-je ? Mon père y tient l'urne fatale : Le sort, dit-on, Ta mise en ses sévères mains ; Minos juge aux enfers tous les pâles humains.
Mettez à la place : k
Où me cacher? Fuyons dans la nuit infernale.' Mais que dis-je ? Mon père y tient l'urne funeste : Le sort, dit-on, Ta mise en ses sévères mains; Mines Juge aux enfers tous les paies mortels.
Quelque poétique que soit ce morceau, fera-t-il le même plaisir, dépouillé des agréments de la rime (?) ?» Cet exemple souvent cité prouve peu: il y a là un cercle vicieux. Nous
(1) ma. phU., art. Rimé. XXXII, p. 14i. (^ Préf. d'Œdipe, t. Il, p. mm.
somm parce mémo qu'on siinph reven; blancs peine
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(l)Ca Citar, i
sommes àccoatumés à là rime, et en particulier nous savons par cœur ceQ,vers de Racine. On offense ifetre oreille et notre mémoire eh les altérant : mais cela ne prouve nullement, qu'on ne pourrait point faire de vers sans rimes. Voltaire a simplement constaté que la rime est un agrément. Ailleurs, revenant à une de ges idées favorites, il prétend que les vefs blancs ne sont pas des vers, parce qu'ils ne coûtent que la peine de les dicter ti^: la rime est une beauté essentielle de la poésie, puisqu'elle repose sur le principe de la difficulté vaincue. Il a mieux expliqué, dans un autre endroit,
• la nécessité de l'homophonie à la fin des vers ; « Nous ne pouvons nous. permettre l'inversion; nos césures et un certain nombre de pieds ne suffiraient"^ nullement pour mar-
; c[U6r la différence des vers avec la prose (^). C'est pourquoi la hnde est nécessaire à la poésie française par la nature de notre langue (3). m Aujourd'hui on dirait avec plus de précision que la« cadence, rencfue presque insensible^ par Taffaibliàsement de l'accentuation, doit nécessairement être renforcée par un autre élément. D'ailleurs la rime « est consacrée à jamais par les ouvrages de nos grands hommes (♦) ». Où pourrait encore ajouter que le peuple s'est accoutumé à la regarder comme la partie essentielle do la
. versification. Ce serait donc tenter unte entreprise ini^tile, peu naturelle, et même impossible, que de vouloir nous pri- ' ver d'un ornement qui a pu être autrefois superflu^ mais qui Qst devenu presque absolument nécessaire.
yoltaire eût encore mieux servi la cause de la rime, «s'il eût montré par son propre exemple quel heureux parti ^ on en peut tirer. Mais il en fut l'avocat plutôt que le soutien^i^et il plaida plus qu'il n'agit en sa faveur. Au fond il sup-
(1) Cda, %j<mtQ>t-il, n'est pas plus difBcile à faire qu'une lettre. IJuXe^ Citât, Avertissement du traducteur, VII, 4B7.)
(S) ma. ^m , art. HémUtiche. ~ Cf. lettre à l'Académie. IX. 470, A- (3) Comm.tur Corneille, SeH.. IL h 60,
{O) Art^ V, p. IIU-ÏBT
porte impatiemment cette gêne qui est « une des preuves de la supériorité des langues grecque et latine sur les langues modernes (1) ».i L'entrelace ment des rimes masculines et féminines fait, il est vrai, le charme de nos vers (2, ; mais cet avantage est compensé par de nombreux inconvénients. C'est la rime qui, même chez les plus grands poètes, met ■ souvent de la langueur dans le style" (^>, arrache, des mots inutiles, amène les chevilles, les impropriétés, les hémistiches qui font tout languir et les vers faibles et rampants avant ou après les beaux vers (*). C'est elle encore qui fait accoupler avec une insupportable monotonie des termes ou des expressions quT^sont Toujours les mêmes, comme poudre, résoudre et foudre, tonnerre eV^ terre (•^>), adieu et lieti, 'prince et province, marques ei monarques, songe et mensonge ^larmes et alarmes^ hommes et le siècle où nous sommes, l'état où nous en sothmes, tous tant que nous sommes, etc. (*>'. li'autre part, on ne saurait se servir des mots vulgaires qui sont en très grand ,nombre, €!t l'on doit bannir, par exemple, de la lin des vers, les verbes monosyllabiques comme it peut, il fait, il court, « qui sont des' syllabes sèches et dures », ainsi que les loci^tions qui n'ont pas grande signification, telles que à bas, plus bas, plus fiant (7). Et comme, par syite de ces proscriptions, il n'y a pas assez de rimes dans le geiife noble (^), et qu'il serait dangereux d'en diminuer encore le nombre, il faut laisser aux poètes certaines libertés. On ne doit pas se condamner h
(1) Ibid. Pol. 1. Hi. 5.
(2) Dict. phil., aii. Dictionnaire. XXVIII., 357. ' (3) Comm. sur Corneille. Pol. I. iv. 85.
(4) Ibid. Pol. m. II. m. Pornp. I. i. ICO. Sert. II. i. 50.
(5) Dict. phil., art. Tonnerre, XXXII. 383.
(«) Comm. 8Hr Corneille. Cid. V. i. 3. Ciiina. IV. iv. Gi. Vo\. II. ii. 9. Ment. III. II. 37. — V. t. XXXI, p. 29. ' (7) Ibid. Nie. II. i. 59. II. ii. 48.
(K) Ibid. Hem. à l'occasion des Sentitnenls de l'Açculémie sur los versdu Cid. UI. IV. 75. Méd. I, IV. l, Rod. V.i. 33. .
(1) Ibi
et la 5»
(, et 50.
(3) Ct
'A) Le
{o) ÂtHa,^ p. »5.
rimer pour les yeux : c'est là un « misérable esclavage ». Ainsi on s'est imaginé qu'il n'y avait que tonnerre et guerre qui pussent rimer à terre k cause des deux r qui se trouvent dans ces mots. « On ii'a pas (ail rériexion "que ce double f ne se prononce pag. 46/ionrc qui a deux* r, rime» très bien avec adore et /tonore, qui'n'oh ont^u'un. L'usngo fait tout /mais c'est un usage bien" condamnablqMe se donner des entraves si ridicules. La rime est faite pour l'oreille. » (l) Affranchissons-nous donc d'un joug importun et cherchons en rimant à être simplement naturel, sans triviaUté ni recherche, la difficulté étapt de fairetelleilient les vers.que le lecteur ne s'aperçoive pas.qu.'on a éié occupé de la rime. Le poète qui a donné ce précepte ij. trop bicn^ su tourner la difficulté ; il l'a môme souvent supprimée eii se contentant d'une sorte d'assonance (2). '
Avec de si faibles rimes on ne pouvait se permettre l'eii^ ' jambement : car il eût été diflicile de distinguer la fin du * vers; aussi Voltaire ne tolère -t-il pas eette. licence, n moins dans le genre noble ^3}. n en est de même de l'iiiatus, (ju'on ne saurait autoriser que dans une comédie de bas comique (4), Et pourtant la règle classique, qui proscrit la rencontre de deuj^ voyelles " finales sonores, ne repose, en bien des cas, sur aucun fondement sérieux. Là encore on retrouve cette manie, qui pbrtait de^ esi)rils. formés par ii^ne élude trop exclusive des letti-es*latines ;i vouloir àfjphquer à tout 'prix les préce|^lésdesgi*ammai;'ieiis anciens à une langue nouvelle dont le génie ne cfom portait point cette imitation. Les Romains ne .toléraient guère, l'hiatus dans le langage ordinaire; ils l'évitaient soit en
(1) Ibid. Pomp. II. ir. VM. — Cf. Dict. phiL, art. Rime. XXXII. li.} et la 5* des lettres quisuivent la tragéclic-tlYi'dipe
(2) V. Quicherat, Traité de versification françaia^, chap. 111, p. 20 ( et 50.
{^) Comm. Bur Corneille, li\c. \W i^ 9.
(4) X^«rflàd'ii/«m6«r<^i9raar«1770, LXVI, p. îML '
(3).P»-incip«« de la littérature (1764), t. 1., chap. V, p. ,1W.
(5) V, Fromant, Supplément à la Grammaire générale, p. 107.
suiv.)
(5) Ene,
(6) QàM.
(7) Énc,
(8) Poét\
— aao —
faisant disparaître l'une des voyelle^., soit en fondant les deux sons en une diphtongue. Chez ni^l^f; au Contraire, la conversation tie s'interdit nullement /de pareilles rencontres, chose bien naturelle, si Tort songe que l'emploi des pnxîc^dés antiques ferait disparaître ou affaiblirait sensiblement nos syllabes sonores, ce qui rendrait le langage inintelligible. Cette distinction essentielle avait échappé à Voltaire. Tran.sportant, sans s'en jouter, leé habitudes de la langue française dans les langues étrangères, il semble croire que l'hiatus est simplement la rencontre dé deux voyelles appartenant à deux mots différents, quelle que soit la manière dont elles sont traitées par la prononciation; et il le^ confond par suite avec deux choses qui servent précisément ^ l'éviter, l'élisîon et la synalèphe. De là cette affirmation étrange que « Virgile évitait d'élider les voyelles » (»). Il n'est pas certaié que. « la malheureuse cacophonie de l'hiatus soit nécessaire en italien, parce que la plus grande partie des mots de cette langue se terminent en a e i o u » (2/ ; c'est plutôt une tradition que la langue latine, ennemie des « bâillements », a laissée à sa fille aînée. Nous avons, nous auësi, des élisions qui portent toujours, il est vrai, sur Ve muet ; les Italiens ont en plus la synalèphe,. qui réunit deux ou plusieurs voyelles en une diphtongue unique et qu'il. faut l)ien distinguer de l'hiatus. On voit, par ces affirmations étranges de Voltaire, comment l'emploi d'une méthode défectueuse peut dérouter les plus grands esprits. Marmontel, mieux avisé, déclare que, la manière, de prononcer des anciens nous étant inconnue, nous n'avons qu'à prendre notre oreUle pour arbitre; et il montre que la règle de l'hiatus est'^op générale et trop sévère (3). Elle est en, effet, tout empirique,- puisqu'elle.
JL^ ^-i ^
(1) Dict. phil.f art. A. XXVI. 17. y
(2) Lettre à d'Alembert, 19 taars 1770, p. 210,
(3) JEn&ycl. méth,,iuci. Hiatui,
n*empéch< gréables i même dei s'en rapp< tère h qu' l'aurait vi pour elle vains ; les l'observen
"tolère la enfin elle damnant i elle va ce La plupji montel et vaincre. Il sons, qui î détruisent certaines i duire des c
"^Hte toléré, oreille (?;.
distinction dans son
(1) V. Quic
(2) Lettre t
(3) Lettre c
(4) Cependj parce que Ve un i dans une traire très Ion de Te muet, Marmontel te compensation art: HiatnsJ, est élidë, et
suiv.)
(5) Ene, fnéth., art. Manque», p. 439.
(6) Obê. tur le* écrite modernes, t. VII, p. W3.
(7) Enc, méth,, art. Accent, p. 55.
(8) Poétique, p. 126.
n*einpéche point le concours de deux sons même désagr^les à l'oreille ; elle peut admettre, au contraire, un et même deux hiafcjw véritables et qui se suivent ; et si l'on s'en rapportait à l'abbé d'Olivet, qui ne voit dans le caractère h qu'un signe orthographique, Boileau en fa formulant l'aurait violée en réalité deux fois dans deux vers. Elle n'a pour elle ni l'histoire, ni l'autorité de tous les grands écrivains ; les anciens ne la connaissaient pa^ les modernes ne l'observent pas toujour^. Elle est inconséquente, puisqu'elle tolère la rencontre des voyelles dans le corps des mots; enfin elle ne saurait être justifiée en principe, car en condamnant des hiatus qui peuvent être agréables â-l'oreille, elle va contre son but qui est l'harmonie (l). ?
La plupart de ces observations avaient été faites par Marmontel et par d'Alembert (2). Voltaire ne se laissa pas convaincre. Il veut bien reconnaître que « ces achoppements de sons, qui sont en général des imperfections du langage, ne détruisent pas toujours également l'haiTnohie naturelle», que certaines rencontres de voyelles semblables peuvent produire des effets différents^ ainsi, immolée à mon père peut 'étjfe toléré, tandis qaHmmolé à, où l'e est bref, écorche son oreille l?;. Et comihe d'Alembert ne paraît point saisir cette distinction subtile", il convient qu'ily a « un peu d'arbitraire dans son euphonie » (4). Mais ce sont là des concessions
(1) V. Quicherat, Traité de versification française, p. 389.
(2) Lettre àVàltairCf 10 mars 1770. LXVI, 198.
(3) Lettre à d'AlembeH, 19 mars iTIO.Jtnd., p. 210.
(4) Cependant Voltaire ne se trompait point. Immolé à offense roreille, parce que Ve trop bref s'efface trop facilement devant a et devient presque un i dans une prononciation un peu rapide; àsins immolée à. Téf est au contraire très long, parce qu'il est pour ainsi dire renforcé par la disparition de Te muet, en sçrte que les deux voyelles ne peuvent se confondre. Marmontel reèonhaiàsait, ainsi que d'Olivet, cette sorte d'allongement par compensation (V. Poétique, p. 218) ; cependant il skîRrme (Enc. méth,, aft^ HiatusJ, que dans le^ ex,émples sembUbJesi à ce dernier, Ve muet est élidë, et c'est ce qu'og croit encore généralement. Cette idée parait
l\) V. UOtl. 8ur tes cent» T/IUUO» ftC»#, ^Wil-llX, uiu. ja.iiu>juw w w»«» ■-.--
dun Anglais, sur la versiflcation de Virgile et de Milton.
(5) Siècle de Louis XIV, art. Muiiciem, XIX, 233.
(6) Ant. Scoppa, Les vraie principeê de la versification développées par un examen comparatif entre la langue italienne et la langue françaiêe,mi.y.t.l,i9J "t»
(1) Un é détniit jaD •iUedepa
(S) Prot
purement platoniques. Voltaire persiste à niaintenir la règle observée par Racine et Boileau, quoiqu'elle soit absolument contraire au génie de la langue française. On no peut pas smis doute admettre indifféremment toutes les rencontres de voyelles ; beaucoup sont à éviter parce qu'elles ressemblent trop à des cris d'animaux. Mais si l'biatus peut quelquefois ne produire aucun effet désagréable, si même il peut devenir harmonieux, les poètes devraient être autorisés, à l'exemple de ceux de l'antiquité ^^^ à l'employer comme ilâ rentendent,jet rester, en ce cas ainsi que dans beaucoup d'autres, les juges de l'harmonie de leurs propres vers. Est-il bien naturel de leur refuser un droit aussi légitime, alors qu'ils possèdent le privilège, bien autrement important, de pouvoir s'écarter parfois des habitudes du langage' ordinaire ? %
Les licences sont souvent regardées comme des incorrections tolérées en faveur de la poésie. Cette définition n'en donne qu'une idée ii^i^xacte ou tout au moins incomplète. Tous les peuples ont permis à leuriLw)ètes de se servir de mots surannés, de changer la ÀignifiStion des termes, dé créer des figures nouvelles : ils* devaient ï:our la même raison les autoriser à prendre de pareilles hbertés sur les autres, parties du langage. Mais le poète doit avant tout observer une règle essentielle; c'est de se conforçier au génie de là langue. Soit que, pour produire un effet nouveau, il emploie des formes qui ont de nombreuses analogies et qui sertiblent neuves tout en paraissant naturelles, soit qu'il ait recours à d'anciens ternies que leur antiquité rend poétiques, il a toujours pour lui la grammaire, lors même qu'il est blâmé par les grammairiens. Ces licences ne sont pas à proprement parler des incorrections (1) ; ce sont
être inexacte': car dans ce cas Vé qui précède serait bref, et personne n'hésite à. rallonger; I.es deux voyelles ^ et à se heurtent donc réellement ; c'est une nouvelle inconséquence dp la règle de Boileau. v ^ '
(1) V. G. Paris, Accent to<in, p. 124, 12&. , -"; *. ■
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(2)Hor. in
(1) Un éminent philologue a dit que la prononciation provinciale ne détruit jamais l'accent. (G. Pàrit, Accent latin, p. 18.) Il semble impos- •ible de partager en tons pointa cette opinion. ^ <
(S) ProMxMf, art. n. I.
de légères dérogations à l'usage courant, qui doivent servir bien mioins à faciliter la versiflcation qu'.'i embellir la poésie. Voltaire semble n'y voir que des fautes qu'on peut se permettre sans les justifier. Il parait croire que Corneille a pris sur lui de changer l'orthographe de son temps : « Il est bon, dit-il, qu'on puisse encore supprimer ou ajouter des
^lettres sans nuire à l'harmonie: je fai, je croi, je voi, je doi » (1). Il permet aussi d'en ajouter dans certains adverb^ comme jusque^, guères. Il autorise encore certaines inversions qui étaient consacrées par l'ancien usage (2). 11 admet qu'on supprime parfois des prépositions qui devaient être répétées, qti'on sous-entende certains mots, qu'on emploie dans la même i)hrase^deux modes pour exprimer le condir tionnel, qu'on mette le verbe au singulier quand il a plu-
- sieurs sujets. Mais il ne voit guère dans ces libertés que des moyens un peu artificiels d'échapper aux entraves qui gênent le poète dîais ses mouvements. En général il n'en use guère, et Ton peut se convaincre, par la lecture du Commentaire sur Corneille^ qu'il ne se conforme que trop strictement aux lois sévères de notre poésie, « qui ne permet pas la plus légère licence en fait de langue ».
Ces doctrines poétiques sont unies par un lien étroit aux idées puristes dont Voltaire s'était fait le représentant et dont il était devenu le champion le plus autorisé : au reste la manière de versifier dépend toujours de la manière d'écrire. Le repos à l'hémistiche était nécessaire et l'enjambement devait être rigoureusement proscrit, à cause de la faiblesse de la rime qui aurait pu passer inaperçue. La rime elle-
; même était condamnée à rester pauvre parce que la timidité du goût prédominant en fait de langage ne permettait point de la perfectionner. Aujourd'hui cet élément
(1) Conrn, »ur Ck)rneUle, Soph. ill. vi. 97.r-En revanche, Voltaire né permettait pas la suppression de Va à la deuxième personne. Lettre à TÂiftowwite, T février ,1773. LXyiII, 139. . '. ^
(2) Hor. in* VL 36. Pomp.X 1. 45*
(5) Diet. piai., ,art. HénUêHehe.
(fi) Ce$X sur le saphique qu'i été calqaé, tdon Uttré, notre décatyUabe. ^flîf«. <*« la tangué françaùe, I, »).— V. ToWer, U ven f)rançai$, trtd. Karl. Breul flt Léùpold Sudre, p. 118, nota.
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matériel semble avoir pris le pas sur la mesure ; le chant tend à s'effacer devant Taccompagnement. On ne permet plus de rimer seulement pour roreillè ; et comme on lit de plus en plus, l'impression et quelquefois le papier sont devenus quelque chose dans la poésie. La rime, qui épuise toutes les ressources de la langue française et qui même en «emprunte aux langues étrangères, est arrivée à produire des effets nouveaux. Voltaire, gêné par le mai^e de termes nobles, devait trouver fort incommode Tobligation de rimer {^our les yeux, d'autant plui^ qu'il n'avait pas un grand laibie. pour une orthographe bien différente <j[e la prononciation ; d'autre part il ne pouvait souflirir, sans renoncer à ses opi* nions les plus chères, que la rime devint triviale ou boiir«' geoise, pédante ou précieuse, ni surtout qu'elle prU tinaîr étranger. C'est pe(!^étre poi^r rem^ier à cette monotonie causée j^ar un purisme excessif qu'il introduisit^ sans grand succès d'ailleurs, les rimes croisées dans sa tragédie cte TVincrëde. C'est aussi pour donner àndre-j^oésieunepliis grande variété qu'il^ approuvait l'emploi de$ Jr^réh^égulieirs dont Corneille avait 4onné l'exemple déns4sr^Mv Mais il ne l'imita guère dans ses tragédies. Au restCf les idées puristes étaient peu favorables au développement de la versifiea* tion libre et de Ja poésie lyrique ou strôphique^ ob rirré* gulartté des vers, qui rend la cadencé pltïs difficile à saisii^^ exige dés rimes d'une éclatante richesse. L^auteur de Ba'mÊtm fut pour cette raison un assez médiocre vei^ipcateur», et ses admirateurs eux-mêmes purent M reprocher d'avoir MX de ses opéras t l'amalgame la plus bizarrement tortuH dh toutes les espèces de mesures, le plus dépourvu d'intentièn et de nombre, le plus éloigné de toute harpaonié (1) ». Il sentit bien d'ailleurs que sa langue trop régulière et trop pauvre n'^t point foûte pour l'ode qui . demande < une €i^pèce
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d*iirre«i8e et de désordre d) »,iii pour les vers libres qui sont d*autant plus inalaisés à faire Qu'ils semblent fociles, car ils c doivent avoir un rythme très peu connu et exigent un art singulier (2) f . N
En somme Voltaire, si Ton excepte ses opinions sur la rime, est conservateur en versiAcation comme il Test en grammûre ; sesidé^ reposent toujours sur les mômes principes. U aime ce qu'il appelle les c heureuses libertés de la poésie » et il e9t f&ché que nous n'ayons pas celles que se permettent les Italiens <^ ; mais c'est là encore un regret tout platonique. Dans la {MneOique il ne songe point à nous les donner ; il admet tout au plus quelques licences insignifiantes, surtout à regard de Torthographe, et il se contente de négliger la rime. . ,■
Au fond, il ne se soucie guère d^abandonner les traditions du grand siècle. Les prescriptions classiques rendent pénible^ la tâ^edupoète, etcommeladlfilculté vaincue est le principe çsssenj^^ de la poésie^' elles sont parfoitement conformes à U raison : soi^t-elles aussi bien appropriées à la nature de noU^ '. langue ? Le3 règles dO rhémistiche et de la rime semblent
convenir au caractère de notre idiome.- Celles de Thiatus lui
sont i^^^ument étirangères, car elles proviennent d'une fausse interprétatioii des préceptes antiques. Celles qui régs^enl fe muet paraissent être d'un autre âge. Nptre versir floation est trop savante. Le rythme de nos vers n'est point fondé sur la prononciation^ ordinaire. Los jeunes* geiis ne leji^sissfpt qii^avec c^que peine et api'ès y avoir ét^giniti^^ spis Jaitoe, 1^ ded Français ii*y fntendraientjamais
rien. Cette obligation de parler la langue de nos ancêtres a
(11) Sommait dê$ pièeeê de Molière, (Âin|iiitryon.) Mél. 1739, U tXXVUit ». 486. -^ Omww. êur Com^aU. Préf. mr AgéaUat.'^ Cf.
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dernier pied serait un trochée, et la douzième, en vertu dos lois de l'accent latin, ne peut rôtre que très di/Ylcilement.
(2) Dans Tancienne versiflcation française, Ve muet ne compte pas toujours à la césure^ il en Ait de même à la fin du vers.
vicié la déclamation et la lecture au point de foire croire que la rime est le seul élément de notre versiflcation. Lancelot se plaignait déjà que des gens même éclairés c eussent de la peine à bien prononcer les vers en les lisant 0). i D'Olivet s'élève contre la misérable habitude de Une les vers comme de la prose (^. Voltaire (ait le même reproche à ses contemporains (3). Il y a sans doute un avantage à conserver pour les genres élevéô une prononciation soutenue qui donne une qualité de plus k la langue poétique ; mais dans les genres légers, même dans le drame, et surtout dans la comédie ne ferait-on pas mieux de se rapprocher un peu plus de la langue parlée? Les Italiens se permettent, même dans Tépopée, de supprimer à la fln des mots des voyelles atones plus sonores que les nôtres : nous nous croyons obligés de garder partout notre e muet qui ne se prononce presque jamais. Nous n'osons pas employer les libertés dont se servaient Ronsard et nos anciens poètes : la faute en est à Malherbe et à Boileau. Le romantisme a pu embellir Tart des vers en y introduisant des formes nouvelles ; mais il est loin de Ta voir débarrassé de tout ce qu'il renfermaijt d'arbitraire et de conventionnel.
Nous 9vons pourtant une versiflcation populaire qui se , conforme au gjènie de la langue, suit les progrès de la prononciation, et ne se soucie point de ,c$lle du. moyen-âge. ^ Il est vrai qu'elle n'a aucun titre offîciel ; et on ne <^oit pas encore arriver le jour du quelque grand poète essayera delui emprunter quelque chose, pour rajeunir ou vivifier par , une prosodie nouvelle les vieujf: |)rocédés de l'art classique.
(1) Brève inatruction sur la poëvié franççU$, p.'0.
(2) Prosodw, p. 123. # '
(?) Vattre à V Académie (Irène), t. IX. v
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(1) V. Tobler, p. i05 et suiv.
(«) Art. HémiiUiehê, XXX, p. 168.