LA GRAMMAIRE FRANÇAISE. — LES GRAMMAIRIENS
Sommaire. - Inlluence de Port-Hoyal. - Le P. Kouhours, Regiiier- Desmaraia, Buffier, Dufnars;»is, Girard, Duclos, l'abbé Fromant, d'Olivet Beauzép, Condillac, la Grammaire des Dames de M. de Pninay.— Jugements de Voltaire sur les grammairiens. - U méthode philosophique.
La grammaire du xviip siècle et, on peut le dire, la grammaire françai.se telle qu'on l'a enseignée jusqu'à nos jours est fondée tout entière éur les principei; établis par Port-Royal. Aux traités antérieurs, composés .sans ordre ' bien déterminé, difficiles à bien comprendre h caû.^e de leur phraséologie variée, remplis d'explications bizarres et forcées, de rapprochements singuliers, et gâtéâ souvent par lainanie qu'avaient leurs auteurs de plier à toute force le / fn^nçais aux habitudes latines, Arn^uld et Lanbelot substituèrent une œuvre claire, précise, méthodique, et trans- ' formèrent la grammaire en y introduisant la raison. Rien qu'ils eussent recherché les principes généraux de toutes les langues, ils firent ^surtout une grammaire française, « ouvrage de raisonnement, et qui donnait au pjiilosophe les moyens de faire avec connaissance ce que les autres ne > font que par habitude (i). » On peut s'étonner que Voltaire, en rendant justice aux efforts de Vaugelas et de Ménage (2) pour épurer et régler notre langue, n'ait pas dit un mot de la Grammaire générale et raisonnée .''•il se contente de rap-
(1) Cotai, des écrivains, 66. Lancelot. Préface de la Grammaire gér^iérale et raisonnée.
(2) Siècle de Louie XIV. Catal. des éctivains. XIX. 218. 139.
peler « les ouvrages très utiles qqe firent les solitaires de Port-Royal pour l'éducation de la jeunesse d)». bi faute en est peut être à ses maîtres. En introduisant dans leur enseignenient grain maticaîl les principes de leurs adversaires théologiques, les Jésuites évitaient pnit-étrc; d'en indi(|uer la provenance. Leur élève put se laiie illusion ;i lui-même et leur attribuer tout le mérite de leurs doctrines : c'est là ce qui explique les éloges un peu exagérés qu'il a donnés à un de leurs plus célèbres grammairiens. .
L'auteur du Siècle de Louis XIV fait le plus grand cas du P. Boubours. « La langue et le goût, dit-il, lui ont beaucoup
d'obligation Il a fait quelques bons ouvrages dont on a
fait de bonnes critiques : ex privtiii odiis rcspithlica crescit...:. Les Remarques sur la langue et surtout sa Manière de ,hien poiser sur les ouvrages d'esprit seront toujours
utiles aux jeunes gens qui voudront se former le^oût »
Au xvii« siècle, « on sentit que ses opinions, appuyées de celles de Boileiiu, pouvaient tenir lieu de lois (2) ». Et Voltaire n'hésite pas à mettre son ancien maître dans le Temple du goût. Tandis que Pascal et Bourdaloue s'entretiennent s*ir le grand art de joindre l'éloquence au raisonnement, Bouhours se tient derrière eux ef marque sur des tablettes toutes les fautes ^i^l^igage et toutes les négligences quiieur échappent. (3). M. Alf^ Pierron s'étonne qu*un pareil écrivam ait pu trouver place dans te sanctuaire : pour lui, il ne l'y eût point mi^(*). C'est qu'il connaît mal Voltaire. Quand on sait le prix que lé plus grand des puristes du xviii« siècle attachait à la Correction et à la pureté du style, on n'est point du tout surpris de son respect pour le grammairien qui enseii ■ ' ii l 'il i' ^ I
(1) /6id..l45. ;
(2) Catal. des écrivainsif XXIX. 66. Les ouvrjiges grammaticaux du P. Bouhours sont les suivants : Doutes sur la langue française, 1674. — Remarques nouvelles sur la langue française, 1674. — Suite des Remarques nouvelles, 1092.
(3) XII, 350. . , a '
(4) Voltaire et ses maitres, p. 51.
gnait à éviter ic la négligence, Tenflure, l'obscurité, la recherche du faux », Bouhours se ftiit un cas de conscience d'employer une locution nouvelle, fût-elle des plus naturelles, (A. déclare « qu'il n'est pas homme à innover on notre langue (I) »; il fait un véritable plaidoyer en. faveur de l'ox.ictitude, « qui peut, dit-il, s'accorder avec quelque chose de grand et d'auguste et n'est point la marque.de la petitesse du génie; » il a horreur de ce qu'on appelle précieux dans notre langue; il veut qu'on blâme au besoin les bons auteurs pour.empêcher les jeunes gens de les imiter dans leurs défauts; il cohvient que dans la composition il ne faut pas trop s'attacher au langage, mais il recommande de retoucher ensuite et de corriger : ne reconnaît-on pas les caractères principaux de la critique de Voltaire? Il est vrai que dans le Temple du goût le cardinal de Polignac ne peut s'empêcher de blûmer la sévérité intempestive du grarnrnairien :
Quittez d'un censeur pointilleux La pédantesque diligence; ^ '■« Rimons jusqu'aux défauts heureux
De leur mâle et hbre éloquence.
J'aime mieux errer avec eux Que d'aller, censeur scrifpuleux, Peser des mots dans ma balance. '
I Si dans ces vers Voltaire semble railler son maître ce n'est pas, comme on l'a cru, qu'il ait changé d'opinion^ : il aime un peu à se moquer de tout et surtout à critiquer tous les excès, y compris ceux où il tombe lui-même. /
Bouhours ne. conteste pas la nécessité de l'étude de la' ' grammaire générale. Il attaque parfois MM. de Port-Royal, * mais il les Jmite ; en matière de. langage, le jésuite est absolument janséniste. Les grammairiens du xyiii« siècle suivent
(I) Rem. nouv., p. 2. Il s'agit de l'expression >aire ses premières arm^. — SuUe dtk twwv. Rem,, Avertissement.
la même tradition , mais ils s'inspirent plus franchement des idées d'Arnauld et de Lancelot, et louent hautement leurs modèles. A leur exemple, ils continuent à creuser les londenients de toutes les langues et de la nôtre en particulier; et tous leurs elïorts ne tendant cjoVi compléter et h. perfectionner cette Gramniairc g(}.uir<tle et raisonnce, on l'on admire « un profond jugement et un génie sublime, et
. qui est un des chefs-d'œuvre de l'esprit humain (') ».
C'est d'après cette méthode que Régnier Desmarais composa son Traité de grammaire française qui parut en 17(15. 11 compléta la Grammaire de Port-Royal en y ajoutant les détails nécessaires à ceux qui voulaient bien connaître l'usage. D'ailleurs it était bien loiu d'avoir tout dit : il avait négligé surtout la syntaxe, et n'avait pas apt)rofondi la théorie du langage C-i) ; mai§ son livre n'en fut pas moins très utile." Voltaire le préférait à certaines noureaulés de son temps, et dans \e Siècle de Louis A7V' il en cile l'auteur comme ayant rendu-tle grands services à la langue française. (^).
On reprochait au Traite de Régnier son extrême longueur; le P. Buffier voulut en resserrer la matière dans des bornes plus étroites. Au jugement des contemporains il en fit un « extrait plus plaisant qu'exact » ePdont leAlétail prê-
^4ait beaucouj) à la critique, (^i Voltaire a dit de Buffier « qu'il était le seul Jésuite qui eut niis^ne philoij^ophje raisonnable^y
(1) Rollin, Traité dès éludes, 1. ti. 0"<-ln"*^'^ K''3"ï"^î''i*''C'ïs font exception et no travaillent point d'api-ès I>ort-floyal ; tels sont La Touche, VArt de bienfiarlerfrançais {Xmslerdiun, \r^ ôtiiJion 1C0(>, 7* 1700), et Grimarest, Nouvelle grammaire réduite en tables 1721. Mais ces auteurs cherchent moins à faire œuvre de science qu'à composer des manuels commodes pour les jeunes gens et les étrangère. •
(2) Fromant. Réflexions sur les fondements de l'ar^t de parler (C* édition, 1756). Préf.,|i. xxxill. '
(3) Catal. des écrivains. XIX. 186.
(4) Mém. de Trévoux, octobre I70t3. — Kromaiit. Réflexions sur les fondements de l'art de parler. Pféf», p. xxxvi.
dans 863 ouvrages H) ». La Grammaire sur un nouveau plan, à laquelle il ne pensait peut-être pas en écrivant ces mots, était au moins aussi di^e de cet éloge que les traités métaphysiques auxquels il faisait allusion.
Dumac^ais est sans contredit -le^plus grand des grammairiens de cette époque, et l'auteur du Siècle de Louis XIV a su lui rendre justice : « Personne n'a connu mieux que lui la métaphysique de la grammaire; (2) personne n'a ^us approfondi les principes des langues. Son livre des Tropes est devenu insensiblement nécessaire, et tout ce qu'il a écrit sur la grammaire mérite d'être étudié. Il y a dans le grand Dictionnaire encyclopédique beaucoup d'articles de lui qui sont d'une grande utilité. Il était du nombre de ces philosophes obscurs (3) dont Paris est plein, qui jugent sainement de tout, qui vivent entre eux dans la pai;c et dans la communication de la raison, ignorés des grands, et très redoutés de ces charlatans en tout genre ijui veulent dominer sur les esprits. La foule des hommes sages est une suite de l'esprit du siècle (*) ». - * pumarsais est en enbt un métaphysicien : c'est l'adver- ^saire de Pluche et de.j; partisans de la Mécanique du langage; en pédagogie, iljesi l'er^nemi de la routine et de toMte pratique non fondée Uur la raison. Son influence sur la grammaire française ^t l'enseignement a été presque égale à celle de Port-Iloyal^ Di^imarsais, ^st vrai, n'a pas fait un
(1} Catal. desécrivaiiH. \\K T2.
(2) Voltaire désigne par ces Tiots la grammaire générale : Au xviii* siwie, on oppose la ur^muv.ihk^ métaphysique ou apéculaiive à la grammaire physique, mécaniquro\ï pratique, c'est-à-dire la théorie pl.ilosopliique du langage à liétude particulière des formes et des mots.
(3; Dumarsais se montre bien moticste quand il dit au couuneneement (le sa Inique : « Il ij'y a rien qui coûte motiis à acquérir aujourd'luii que le nom de philosobhe. IJiie vie obscure et retirée, quelques dehors de siigesse avet: un \^\ï ^e lecture suflisent pour attirer ce nom à des personnes qui s'en honoreint sans le mériter. «
(4) Catal. des écrivt^ins. XIX. 105.
traité complet c|e gmmmaîre; il s*est borné à en indiquer les divisions (0, et à traiter un certain nombre de questions. Mais les articles qu'il a donnés à V Encyclopédie sont le digne supplément de la Grammaire générale et raisonnée; ils appellent une importante modification au* chapitre essentiel où sont établis les vrais fondements de la métaphysique des langues (2). Lancelot avait divisé les mots en deux espèces; les uns désignent les objets, les au Ireà la forme de nos idées. Dumarsais distingue plus précisément les objets de nos idées d'avec les différentes vues sous Jesquclles l'esprit considère ces objets et, contrairement à Port-Hoyal , il range l'article et la préposition dans la seconde classe. Il établit de plus la concordance^ c'est-à-dire l'accord, sur le principe d'inde^tité, et le régime sur le rap^ port de la détermination (3) et, par cesdeux découvertes, il j se met au premier rang des grammairiens. Les critiques ne parlent de lui qu'avec admiration. RoUin ne saurait lui être i comparé : Arnauld est le seiil qu'on ose lui opposer et si quelques uns ont eu le bonheur d'.apporter des chang^ments utiles, quoique minimes, à la Grammaire générale, c'est qu'ils n'on fait que marcher « â la faveur du flambeau lumineux que Dumarsais fait briller à leurs yeux étonnés (*) ». Quant au Traité des Tropes, c'est une œuvre très importante, que Voltaire devait approuver comme philosophe et comme puriste. L'explication claire et nette de la formation des figures permet de se rendre compte* des procédés de Tesprit ; et parce qu'elle est simple, elle enseigne aussi l'art de n'employer qpe des images simples et naturelles. '
Dumarsais faisait pour les figures ce que l'abbé Girard avait déjà fait pour la signification et le^ choix des mots..
(1) Traité (les Tropex. Pi-ëP., page iv.
(2) Sœoniiti paitio, ch. I.»
(3) V. la Préface de la Méthode latine.
(4) V. Ann. litt., 1756. VU. «i. !757. II. 2UI.
t Son livre des Synonymes (1), dit Voltaire, est très utile ; il subsistera autant que la langue et servira même à la faire subsister (2). » Cette prédiction ne s'est point réalisée, et l'étude des synonymes, comme celle des figures, n'est plus en honneur aujourd'hui :'on se préoccupe bien moips qu'autrefoiâ de mainteViir la langue dans toute sa pureté. Au xvii" siècle, les grands écrivains avaient presque tous à cœur de conserver aux mots leur signification propre : Diderot voulait même qu'on rendit les synonymes « utiles, sensés, instructifs et vertueux, et qu'en expliquant la diversité des acceptions, on exposât en même temps les usages de la nation et qu'on rappelât la mémoire de ses grands hommes G^». Quoiqu'il ne répondit point à toutes ces exigences, l'ouvrage de Girard fut naturellement bien accueilli. On y trouvait une heureuse application de l'esprit philosophique, un moyen de donner de la justesse à la pensée, une méthode faite pour plaire aux esprits élevés ; on en louait les réflexions « tantôt sérieuses, tantôt enjouées, dont les une^ étaient judicieuses, les autres avaient un tOur fin et délicat » ; l'auteur paraissait briJler principalement lorsqu'il parlait de ce qui a rapport k l'esprit et au cœur (i\ On fut môme flatté d'apprendre que la langue française était bien plus riche qu'on ne le croyait, et qu'elle n'était poijît embarrassée pour exprimer les nuances les plus délicates. Mais la subtihté même du grammairien était un danger; et lorsque, enhardi par le succès, il VQulut parfaire son œuvre, il ne fit que proûVer que le: mieux est l'eniiemi du bien. Voltaire ne peut s'empêcher de regretter qu'un livre si utile ait été gâté dans les dernières
(1) La Juêteêëe de la Langue françaiëê, ou les difTérentes signiiications des moU qui [tassent pour synonymes. t7l8.
02) SiècU de Lottit XIV. Catal. de* écHvain». XIX. 231).
3) Encycl. métk^, art. Langues, p. 44*.
(() Oà»ervatwnë êwr quelt^es écrila \modetne$. IV. 17t. Cf. il n». Utt., 1767. Ul. 812,
éditions (O.Partgint^e cette idée que les synonymes parfaits ne t'ont pas Ja richesse d'une langue, « pas plus que dîuis un festin le nombre des plats ne ferait Tabondanceplutôt (|ue. le nombre des mets », et qu'il n'est pas naturel « f|uc les hommes, plus féconds en idées qu'en paroles, et souvent obligés d'attacher plusieurs idées à: un seu) mot, se soient avisés de prodigues et inutiles dépenses C-^) », Girard en conchii trop facilement (ju'aucun terme n'est à proprement parier l'é(juivatentd'un autre ;.et pour le démontrer, il j^noditie parfois le sens des mots. Aux articles anciens, où il s'était borné en général 7i constater l'usage, il ajoute des définitions abstraites, des exemples composés d'antith^es forcées, des distinctions subtiles- et sans fondement, com- })liquées parfois de dissertations ultra-métaphysiques (3).
Voltàii*e sut éviter ces défauts, lorsqu'il entreprit à sOn toiir de distinguer les nuances délicates dont l'observation liiit la j)ropr.iété du langage. Les articles souvent assez étendus (pi'il a consacrés, dans le Dictionnaire philosophique y h. des questions de ce genre, peuvent être cités comme des modèles de tinesse et de clarté, de véritables morceaux de littérature dans lesquels J'agrément s'ajoute naturellement à l'utilité (i). '
Dans les dernières éditions de ses Synonymes, Girard raffinait sur lui-même ; dans un traité plus dogmatique qu'il intitule : Les vrais principes de la Langue française i^), il
(1) Diff. phil., art. llonneur. XXX. 251). L'édition du livre de Girard, roviio par neauzéo (17(H) , parut sons ce titre : Les Synonymes français, leurs dijférentcs significations et le choix qu'il en faut faire pour parler avec justesHt;. Dans le passage <'it«;, Voltaire critique celte phrase (le l'altlK' (;ii;n<l : « Il est ass»'/ d'usaj^e «lans le*dist!Ours de mettre Pint IciV'l «'Il aiitilli«''s«' avei" la ;;loiiti, et le noiÛ ;K«tt l'honneur. » (T. I, ii" UKJ.)
(2) l^t'lae»? <le la JuslessQ de la lamjue française, p. xxxvii. xlv.
\\\] iVnr se it-ndre eenipte du changement, on peut lire, par exemple, les articles Allraits. Aftpatt. Charmes, Justesse, p. 15., ^M. de I7U), t. I, n» 55. ^ •
(4) V. les articles Esprit. Fierté, Finesse^ Hauteur, Habile
(5). 1747, '2 vol. . .
^^mtrnni jLmvguUf uri. uu. ^ 1. 1" et § III. v
complique et corrompt la nouvelle méthode grammaticale, à force de vouloir renchérir sur ses devanciers. Voltaire n'avait qu'une médiocre estime pour cet b*uvra^è : il recommande, suijout aux jeunes gens « de ne point, lire la nouvelle grammaire de l'abbé Girard ; elle ne ferait qu'embarrasse!" l'esprit par les nouveautés difficiles dont elle est remplie (t) », Ge qui a conduit Girard à ces nouveautés difficiles, clest la prétention de simplifier la science. Pour mettre « au fait de la grammaire » les personnes môme les moins instruites, il veut «se mettre hors de la férule des précepteurs, lever le voile de la latinité », et proscrire « ce style scolastique et tergiversant auquel on s'est habitué dans les collèges, qui empêche les esprits de saisir le véritable génie de noire langue C^). » Le Collège et l'Ecole se vengent en lui inspirant le goût des divisions et des subdivisions à l'infini, et la manie de les désigner par des termes qu'il croit français, mais qui sont réellement grecs, latins ou imôme barbares. Ainsi les substantifs génériques sont nppellatifs, àUraclifs^ actionnées ; les substantifs individuels sont pcrsoiinifiqii^n, topographiquenelkhorographiques i^Y :et d'autres subtilitésviennent encore compliquer ces divisions (*). Les verbes ont Mes modes d'une forme indéfinie ou adaptive : ce dernier nom est nouveavi,. <( mais analogique et nécessaire à l'art »,: ils ont d'ailleurs §9 formations, dont 4i sont composées et 45 sont simples ; ces dernières se subdivisent en iO primitives et 35 secondaires '(f>). Lès conjonctions sont eopulii- tivcs, augmentatives, aliernativeSy hi/pothétiqueSf advrrsntivcSy extensives, périodiques, rnotivalés, coticiusii^es, cxpjicativcé, transitives et conductivcs (^*>'. Duinarsais, (jui a
(1) Conui des beautés, uri. Laïujatje. XXXIX. 2iW. (2i Vrai*. principes f piôl'., p. v, p. 18. (3) T. I, p. 217, suiv. «
(4). Jugement est actioiiiiel au barreau, a|>pt>llalir en lo^'iqiu' ; /iijure csl' abstractif en physique, quoiqu'il soit appellatif on sculpture. (T. I, p. 22i{;.
(5) T. II>.p.79.
(6) IWd., p. 258.
critiqui5 avec esprit |iDeuvre de Girard, lui reprocheMe mal dérinir.certaines parties du discours, de netirer ses principes que d(i la langue française, (c comme si cette langue ne devait son i)rigine qu'à elle-même », défaire des divisions inutiles, de négliger totalement l'étymologie et les ligures, et il le renvoie à ses S!/nonijme$ (1). D'autres le blâmèrent d'avoir' (lonn<'« des règles trop métaphysiques et de s'être rendu (piohpiefois inintelligible (2). Mais ce qui choquait 'surtout Voltaire, c'est que cet ouvrage [)0uvait « corrompre le style»: c< Jamais auteur n'a écrit d'une manière moins convenable à §bn sujet. 11 affecte ridiculement d'employer des tours et des phrases qu'on prosciirait dans ces romans bourgeois et familiers dont nous sojTmies rassasiés. Qui croirait qu'un au-, teur (pii veut instruh'c la jeunesse se serve des expressions suivantes dans une grammaire raisonnée?.., « On aura beau fulminer^ contre mes termes, un discours est une pièce ényiillée de dilTérentes plirases... Le district du pronom, la portion dont il est doté ; les déclinaisons sont battues et terrassées 0^. » '^ ; .
« Non seulement tout ce livre est écrit dans ce misérable" style, mais il y a beaucoup de fautes contre la langue. Par exeirf[)le, hdbiUcnicnt de la nuity pour habillement de nuit ; quoi faire, poui" (pip faire ; c'est soi qui fait, au lieu de dire
(1) Lettre d'une Jeune detnoiselle à l'auteur des Vrais principes de la langue française. (Kuv. XXXIM, p. '21ll>. *
{2) Mt'rn. de Trôvovx. wov. 1751, art cxix, p. 2,tr»().
[W] Conn. des Beautèx. Ibid. Voltaire cite de int^moire, seUm son IhMIimIc; les pluasos do (lirard sont encore plus sinj^ulières : « Le participe appartient an verhe roniin(> portion inaliénalde de ses Propres. »
I. C/f. X l,<'s iiomlires font hande à part, qnoit^ue enfants légitimes de la parole. ». 7'2. » iJattns et totalement ternisses (il s'agit des cas), il li'est pins «piestion d<; les attinpier ni ilVniployrr dn ti'uips à poursuivre <ies pliantoines. » 7<i. « La |)ieniiére conjugaison gard(> partout runiloriïie. »
II. (Al. « Les adjectil's ne sont destinés qU'à un service suhalterne... Ils Hont du eortè^'e des sulistantil's, en portent les livrées et s«;rvent à leursdécorations. Voilà pourquoi on leur a donné le nom d'ddjecUf,qyù aiuionce un personnage de la suite d'un autre. » L 365,
on f le g qu'a
Gi penc libre en ne l'esp croit renie livre, l'Usa n'avo Syno mais, autre autre; décida que 1 jamai:
Duc menUi une 1 premi geau, remai
IDG théorie exen»|^l( p. .'U(i.
(2) l»i • Ci) T.
- ir>) Ci
t. II (I
din cor
iafiùUiJUe.
pwij
n- )ir' iu ut
on fait soi-même. Enfin il y a des termes pbscèries, malgré le grand principe deQuintilien (jui ordonne d'en éviter jusqu'aux.moindres apparences (i). » ^-
Girard avoue ingénuement . « qu'il n'a pas le moindre penchant à copier autrui », et se flatte « d'avoir pris un vol libre pour Virer la grammaire de; la roture, et.montrer à'ses ennemis (pj'il a tout œmme les autres son sublime, dont l'esprit Un et le goût délicat peuvent être satisfaits ». AU croit avoir écrit, sans consulter personne, un ouvrage entièrement neuf et méthodique ('2). » l| y a même dans son livre, comme dans celui de Lucrèce, une prosopopée où r Usage, prend i^ partie les Grammairiens et leur reproche de n'avoir pas d'yeux et de manquer d'oreilles (3). L'auteur des Sunonymcs allait sans doute quelques bonnes remaifiues ; mais, quelles que soient ses prétentions, il ne suit pas une autre méthode que ses contemporains. Il subit comme lés autres l'influence de Port-Royal; il analyse, divi.se, juge et décide d'après les principes de la logique, tout aussi bien' que les. grammairiens qu'il s'imaginait peut-être n'avoir jamais lus. "* , .
•Duclos fut aussi'un continuateur de port- Royal, il commenta là ammmaire générale et doimci h cet Ouvnigc une vie nouvelle Hh Dan.H ses observations sur lés si>e-. premiers chapitres, il suit les idée^ de l'abbé de Dangeau, et souvent il reproduit .presque littéralement les remarques sur IcÉ 80J18 de ta langue; de Roindin^:^) ; c'est.
■ff'iki;
(DGiranl ri'omploie guère clc termes obscènes, mais il émet m...
théorie assez i.,eonve,.ante sur his «étires, et les phrases qu'il .lonne romm<.
exem,Vlos soivl souvent C.rt lihres. V. I, t^r.,- tT^I, :iVJ,:m. CI. I)nmars..i^, p. «ilii.
(2) prtT., p. iii,^. ri, p. r2,;c., 4t>. '
' (3) Toin. I, p. 485.
(i) Remarquée mr la Grammaire générale et raisonnre, l7.Si ' " (5) Composë..s vers 17(K) et publiées en \i:ii. (Kuvr.>s',le hoinrlin t. 41 (I-l()2.) I)an9 le Siècle de Louis XIV, Voltaire né parle pas de Homdin comme (grammairien. *
là-dessié qu'est fondée l'orthographe particulière qu'il cherche à taire tidopter. Dans les autres, où il ne s'inspire que (le Im-iniVrie, il rùtïine sur la métaphysique et tombe souvent dans une subtilité (lui rend la lecture de ses notes assez difficile. Aussi eut-il lui même un commeq^teur qui fut en mènie temps celui de Pj^rt-Royal. L'abbé Fromant développa les idées de ses devanciers dans un ouvrage quelque peu prolixe (t), et fut durement repris pour avoir osé l'intituler Supplômient à ht grammaire générale et raisonnée ; car une oeuvre digne d<» ce nom « ne pouvait être fournie que par
^ un génie transcendant (2). »
L'4cadémie s'était décidée à publier une grammaire française,* et elle avait partagé ce travail entre trois de ses membi'es, L'abbé Gedoyn et l'abbé de Rothelin, qui s'étaient chargés l'un du Verhe^ l'autre des ParticuleSy ne purent njener Ix bien* leur entreprise. Seul d'Olivet s'acquitta^Tl^^sar-lûche et traita «\ie hos''quatre espèces de mots déclina-
• blés (3).» L'auteur des Essais de grammaire s'inspire comme ses contemporains de la logique, « qui seule doit nous apprendre ce ((ue c'est ([ue parler (*). » Il discute la classification des mots et propqse quelques vues nouvelles ; il cherche surtout h fixer \eê règles de l'accord des participes. L'auteur du Siècle de Louiè XIV, quia donné à d'Olivet, quoique vivant, une place dans son Catalogue des écrivai;i$ flit « qu'il pailait sa langue avec la même pui(*eté que Gicéron parlait la sienne, et qu'il a rendu service à la graminaire française par les observations les plusfjjgs et les plus exactes. C'est le premier homrtie de Paris ppui* la: valeur des mots (•'>). * VolUiire ne pensait ici qu'à la Prosodie et
(il llé/lexions sur les fondements de l'Art- de parler pour servin d'éclaircissement et de supplément à là Gr. gén. et raison^iée, 1756. (2> hAvarq, dans rAnn.««., 1751». II. 3ltt.
(3) Esàais dé Grammaire. \1(S1,
(4) P. 152. Catal. des écrivains, mW. ^3.
(5) Lettre à la Harpe. 31 oct. 1768.
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(1) Beauzët la Grammaii du Idtagage, p
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(3) Beauzëe .des {^nsces q
générales de sentiments^ le affeciives, et
(4) Crrdmm (^) Préfiace
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aux Remarques sur Racine. Dans ces œuvres de son ancien maître composées d'après la méthode ptiilosophif|ue, l'élève devait reconnaître avec plaisir ses propres idées, et le svstème qu'rl aimait lui-njéme à appliquer à la critirpu».
Beauzée, plus atUiché à la spéculation qu'à la |>rati((iic; est furtout un théoricien qui cherche à creuser les fondements du langage et à s'avancer plus loin dans la connaissance de ses éléments (i). Voltaire put le féliciter d'avoir montré que « la grammaire est un champ pour l'esprit philosophique (2); » d^autres, tout en admirant un ouvrage « plein de vues et de profondeur,» lui reprochèrent non sans raison d'avoir poussé un peu loin le goût de l'abstraction (3). Barthélémy, successeur du grammaiiien h l'Académie française fait la critique en même temps que l'élogo du livre de son prédécesseur, quand il l'appelle ^la description de la région métaphysique de la grammaire. »
Gondillac est, lui aussi, fidèle à la tradition ; mais il lutte contre certaines tendances des grammairiens (i). Jugeant qu'il n'y a pas assez de simplicité dans leurs livres, il entreprend de rendre la -science plus accessible en perfectionnant la méthode ordinaire et en bannissant autant que possible les termes techniques (5). Il pousse l'analyse plus loin que ses prédécesseurs et, voulant tout expliquer, il est obligé d'entrer dans des détails que la critique du temps trouve
(1) Beauzëe est l'auteur de nombreux articles de V Encyclopédie et de la Grammaire générale ou exposition raisonnée des éléments nécessaires du l*igage, pour servir de fondement a l'étude de toutes les langues. 1707.
i^f Lettre du U janvier. 1768.
(3) Beauzëe ayant observé que MM. de Port-Royal ont omis de pdrler .desj^nsces qui nous viennent du sentiment, reconnaît diverses espèces
générales de parties d'oraison, dont les unes sont les signes naturels des sentiments^, les autre» les signes arbitraires des idées ; les premières sont a/ftfc^ivet, et les secondes énonciatives.
(4) Grammaire. Œuvres (1827), t. VI. 352. (^) PréAM:e de la Grammaire,
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trop familiers et trop vulgaires 0). Celui que Voltaire appelait t un (les premiers hommes de TEurope pour la valeur flt^s idées C-î) » ne |K)uvait manquer de mettre au jour un principe nouveau et original : a* fut c une vue heureuse et profonde d'avoir considéré les langues comme autant de méthodes analytiques plus ou moins parfaites, selon Tétat où elles se trouvent et l'esprit de ceux qui les parlent, et dont l'étude doit servir à donner de la justesse et de la précision à notre esprit ». Le dernier des grands grammairiens du xviii" siècle est celui dont la doctrine se rapproche le plus de la formule où s'enferment de plus en plus les travaux de cette époque. Pour lui, la Grammaire est la première partie de l'art de penser, et l'étude du langage n'est pas autre chose qu'une branche des connaissances exactes, une Algè- ^ bre ou une Géométrie (3).
Après ces écrivains dont les contemporains s'accordent en général à reconnaître la haute valeur, ou pourrait en énumérer une foule d'autres de mérites divers ; il y a dans le siècle une période où il ne se passe point d'année qu'on ne voie paraître deux ou trois grammaires nouvelles (*). Les plus importants ou les plus connus de ces ouvrages sont ceux qui portent les noms de Restaut et de Wailly (5). Le
(1) V. Afin, litt., 1776. I. 76. ^^
(2) Lettre à la Harpe, 31 oct. 1768. LXV. 219. #
(3) Grammaire, p. 352. V. Encycl. méth., au mot Langues (art. de (Panckoucke).
(4) Ann. litt., 1767. VIII. 4.
(5) Principes généraux et raisonnes de la Grammaire française, !'• édition. 1730. — Principes généraux et particuliers de la langue française (17613). Cet ouvrage qui fut publié sous plusieurs titres, parut d'abord en 1754. On peut citer encore un livre (incomplet) qui parait avoir eu une ' certaine vogue ; c'est la Gr<Hnmaire philosophique au traité complet sur la physique, la métaphysique et la rhétorique du langage qui règne parmi nous, par d'A^-arq. (V. Ann. litt. 1760. VU.' 32. Mercure 1761, janv.,.2« vol.) Plus tard, Marmontel composa une Grammaire, dont les principaux mérites sont la clarté, rabondance et rheureux choix des exemples. ^Œuvre8>, t. XVI, p. 1,333). ^
premier, l'étude p maire de élevée le et in Ht rue félicita ui guerre et tiver la 1 l'on trouv bable que d'œil sur banal ren homme d préface re ment les [ parer leur tirer le pr l'imagiilat lettres t qi maire les i personnes grenadiers de Quintilj qu'il écrit | M. de P les meillei grammairi néralemen tation par Court deC encyclopé(
(1) Connit (S) Grwnn i3) V. Afii
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premier, écrit en forme d'entretien, est destiné h faciliter l'étude pratique de la langue en faisant descendre la grammaire des hauteurs, inaccessibles au vulgaire, où ravaieiit élevée les pliilosophes ; Voltaire trouvait ce livre « simple etinstruclif( )*;itauraitpuen dire autant du second. Il félicita un oaicier grammairien, M. de Prunay, honnne de guerre et homme du monde, d'avoir su « heureusement cultiver la langue française, et d'avoir fait une grammaire où l'on trouve des choses vraies et utiles (2)* ; mais U est probable que le vieux malade de Ferney ne jeta qu'un coup d'oeil sur le livre qui lui était offert ou ne voulut faire qu'un banal remerciement. Sérieusement, il eût été le dernier homme du siècle à louer le stVle d'un auteur qui, dans sa préface recommande aux jeune^ personnes de lire exactement les préfaces, parce que c'est « le seul moyen de pré parer leurs organes à la conception de ce qu'elles lisent, d'en tirer le proOt, et de s'en faire facilement l'impression dans l'imagirtation ». M. de Prunay veut encore supprimer les lettres « qui inquiètent », et faire servir à l'étude de la grammaire les inscriptions publiques « qui corrompent les jeunes personnes et affectent les étrangers. » Enfin le capitaine de grenadiers oublie, comme l'abbé Girard, le grand précepte de Quintilien et il lui arrive trop souvent de ne plus penser qu'il écrit pour des demoiselles (3).
M. de Prunay avait « rassemblé les fleurs répandues dans les meilleurs auteurs, »«et en cela il ressemblait àt tous les grammairiens du temps. Tous se copient l'un l'autre^et généralement ils l'avouent. Les plus éminents font leur réputation par la mise en lumière de quelque principe nouveau ; et Ck)urt de Gebelin, qui veut résumer et compléter dans Jon encyclopédie tous les travaux antérieurs, décou\ re que ses
(I) Connaitêanee de» bêoutéê, art. Langue*. XXXIX. 29 (8) Grammaire du dames, 1776.
l3) V. ilnii. lUt,, 1776. VJU, 36.
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prédécesseurs ont encore oublié l'ellipse (t). Geux qui n'ont pas eu le bonheur de faire de pareilles inventions se contentent de « mettre en œuvre les productions des plus habiles », ou se bornent à ajouter aux ouvrages de leurs devanciers (iu(il(|ues raisonnements ticés de la logique et de la métaphysique ; ils rectifient certaines règles, discutent suc le rôle (les mots, améliorent les classifications: ainsi l'abbé Vallart s'aperçoit que le français p^t^sède cinq déclinaisons et treize conjugaisons (2). Tous 4'adleurs prennent pounKdement de leurs travaux la Grammaire générale et ratsonnéc, qu'ils examinent à la lumière d'une philosophie impartiale. Tous reconnaissent la nécessité d'employer une logique rigoureuse, même avecles enfants, et d'employer «la méthode simple et sûre de la géométrie si recominandable en elle-même et si fort en vogue 0*) *, et de l'appliquer à la solution des difficultés pratiques : car, c quelque bons yeux qu'on puisse avoir, on ne peUt ôtre assuré de les avoir justes que s'ils s'accordent avec la règle ou le compas » ; et ils sont . persuadés que par ce moyen on arrivera toujours à rendre compte de ce que le commun des grammairiens considère comme bizarrerie de la langue ou inconstance de l'usage: « car on peut dire de l'usage, comme de la foi, qu'il est au , dessus et non pas contre la raison '*) ».
Ainsi les meilleurs grammairiens du xviii® siècle ne doutent point qu'il soit possible de tout expliquer par le raisonnement, et cette opinion est partagée j^r les gens de lettres.' Diderot pensé, qu'en fait de langage, on doit tout rapporter h une mesure exîjicte et invariable, sans laquelle on ne peut » rien connaître, ni rien apprécier, ni rien définir. Cette mesure, c'est la grammaire générale raisènnée ; car « ce serait
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1|) Le Monde primitif , t. II. Dise» prélim., p.. xxvi. (^) Grammaire française, 1744, p. UO, 225./
(3) V. le Si^pjalément de l'abbë Froraant, 1^^ édition, p. xvi. xxx.
(4) Saintin-Leblan, p. 152. •
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un préjugé de croire que la Langue étant la base du commerce parmi les hommes, des défauts importants puissent y subsister longtemps sans être aperçus et corrigés par ceux qui ont l'esprit juste et le cœur droit (^) ». Voltaire s'est abstenu d'attribuer en grammaire un rôle quelconque à la sensibilité ou à la générosité des sentiments : quant au reste, il partage les mêmes opinions : « Il est certain, écritil à Beauzée, qu'il y a, dans toutes les langues du monde, une logique secrète qui conduit les idées des hommes sans qu'il s'en aperçoivent, comme il y a une g^métrie cachée dans tous les arts de la main, sans que le plus grand nombre des artistes s'en doute. Un instinct heureux fait apercevoir aux femmes d'esprit si x)n parle bien ou mal : c'est aux philosophes ai développer cet instinct {%. Et Voltaire lui-môme ne croit pas faire autre chose quand il traite Une question de langag^ Il est vrai qu'il ne s'attache pas à rechercher les principes et les fondements de la parole, ni à dé/inir ou à classer tes « parties d'oraison ». Il ne cultive point la Science^ niâià l'Art de la grammaire, art qui consiste, selon Beauzée (3m « à rapporter aux principes généraux des langues, les institutions particulières et arbitraires d'un idiome déterminé».
(i) Enùyd. méth., art. Langues, p. 440. {'î) Lettre. du i4 janvier 1768. LXIV. 521 (3) Encycikiméth,, art. Grammaire.
^*; vomnrtj ci «w fnatirw, p. ui.
UltlIM. -