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autres^ et c*est la variété dans la prononciation de ces syllabes qui fait lo charme de la diction (0. »
Mais, ce n'est* point le besoin d'hannonie et de son iqui a (ait dire croyais pour croyQÙ Vcar si, au xyi« siècle, on avait remplacé dans les imparfaits la finale aia par la diphthongue oUy en substituant à la prononciation usitée celle d'un autre dialecte, Tusage n'étendit pas toujours cette prononciation aux syllabes non Anales, ce qui d'ailleurs eût amené une véritable transformation de l»iangue français. 4'^ ' ■.> ■■ "S
Ce n'étaient pas seulement les ch^angemeqts autrefois survenus dw^xs-^iés mots que les philosophes se flattaient d'expliquer à l'aide de la logique: ils prétendaient également rendre compte des bizarreries et des fluctuations de l'usage courant.
Comme il est contraire à la raison qu'un seul terme puisse se construire de deu^xnahières dijTérerites en gardant le méme^aens, il fallait distinguer des nuancés là où le peuple, créateur du langage, «n'en voyait pas. Ainsi «i on peut dire délibérer de ou sUr mais la règle est d'employer le de qui spécifie les intérêts dont oh parle : On délibère aujourd'hui de la nécessité ou sur \à nécessité d'envoyer des secours en Allemagne, on déUbèresunde grands intérêts, sur des points importants. » Il peut arriver, il est vrai, que des constructions de ce genre ne présentent pas toujours le même sens : niais trop souvent elles n'indif{uent'. qu'une hésitation de l'usage dans l'emploi de deux prépositions synonyineâ, et n'ont une signification différente que daiis J'esprit dé certains grammairiens, moihs désireux d'être utiles à la science jwe jaloux de se faire valoir par l'étalage ti*une-vaiiiieip|itfiSi^"' -'^ ;■-■. \; ' Le; JHmHpi' préoccupé dQ,^,^tinguer et d^Jlxer les ^^^ahcéis dans les cogistructiojng^ji^tées ne souf-
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frira pus bien entendu qu'il y ait rien de obnfus ou d'indéterminé dans celles qui dépendent de l'écrivain. Il condamne les sous-tMitendus, l'emploi un peu obscur des pronoms et des articles, les phrases un peu lâches qui laissent quelque chose à deviner :
. « Mais comme il a lev6 le bças en qui j'espère.
Suivant Tordre d.u discours, c'est ce billet qui a levé ce bras (m (|ui elle çèpère. On ne peut trpp prendre garde à écrire clairement (0.
Ou pour chasser ma"brainte ou pour m'en consoler.
Il semble (ju'elle veuille se' consoler c^e sa crainte <2).
Et quoique la pitié montre un cœur généreux.
Le terme montre n'est pas propre; on croirait que la pitié aun" cœur (3).. »
On voit par ces derniers exemples que le commentateur, dont le goût, est d'une timidité extrême, a mieux aimé supposer une construction obscure que^ de croire à une hardiesse contraire à la raisoïl. -
La ritfueur de ranalysé^logique ne permet pas non plus d'approuver cette phrase de M*»« de Lambert où le pronom nous apparaît sans avoir été suffisamment annoncé : « Comme l'amitié ne peut se çonéerver qu'entre personnes estimables, elle nous force à leur ressembler (*). »
Los invèrs]oi|s sont également contraires à la logique.
VoltaiR> qui considérait, comme nous l'avons vu, l'ordre analytique comme le seul naturel, ne tolère de ces constructions que le.s plus usitées e^ blâme en général les autres,
(1) lier. II. vm. 7,
(2) Ho«|og. 1. vu. 3. ' . ,
(3) Hêr. V. u.1% ^%,À (A) Conn. des beautés, iiiot Amitié, WXf^. ^55.:
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alors il ne ment Fidèh
(7) Voltaire donne une singulier^ étymologie à ce mot qu'il fait vçntr de arrhea prononcé «rrft parle peuple de Paris. Lettré 4 d'0livet,5 ^an. 1767.
fl
alors même qu'elles sont d'un heureux effet. Par exemple il ne trouve pas suffisant qu'un écrivain fasse voir clairement ce qu'il veut dire, il exige qu'il le dise en effet.
Fidèle au principe contenu dans le y^s de Boileau :
' Mm ' ,
loi le sens m& choque, et plus Idp. c'est la phrase,
il ne saurait se contenter d'un sens clair, si la construction ne l'est pas (i). Chaque mot doit avoir autant que possible sa place exactement marquée au milieu des autres et la phiase doit he développer avec une clarté et une régularité géométriques.
On voit l'idée générale qui se dégage de toutes ces observations : tout dans la langue du xvii« siècle peut et. doit être expliqué par la raison. Les faits grammaticaux ne dépendent que fort peu des caprices de l'usage ou de^ circonstances historiques; leur m«irche est réglée, sinon par une logique rigoureuse , du moins par des causes d'un ordre général et supérieur, par des raisons métaphysiques, comme' on disait alors ; et j)our rendre compte de tout, point n'est besoin au grammairien ^de sortir de sa propre intelligence. Tout doit se plier à la raison et au raisonnement. Dumarsais, quand il se demande s*il y a des synonyn]ies parfaits, ne recherche point si l'usage en a créé quelques-un$ ; il décide qu'il ne peut en exister, surtout parca qu'il n'est pas rationnel qu'il y ait deux langues dans une seule (2). C'est d'une logique semblable que s'inspirent les.gramniairiens dans tous les cas particuliers. On part de cette opinion juste, que tout peut s'expliquer dans le langage : mciis au lieu de comparer les formes anciennes et modernes de la langue fraiiçaise pour connaître les règles d'après lesquelles elle s'est constituée, on invoque des principes tirés de la raison, qui sont un
<{) Comnu $ur CortMtlIe. Polyeuctê. i. i. 57. (8) TraUé d$ê Trppm,Xlh
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(5) Dict. phil.f ibid.
(é) JWd, p. 498
^ peu values et d'une application facile, mais dangereuse. On a trop sauvent recours dans les cas difficiles à Feu- Piionio, (pH pourtant ne joue qu'ul^ rôle très secondaire ; .on fait Kiand abus de l'ahstraction^ grûce ù laquelle les choses les plus sini])Ies finissent par devenir inintelligibles. A la lin du xvir siècle on avait discuté à. l'Académie française ■ sur celte (luestion. ce Faut-il dire : ces deux pigeons se bmiuctenUmsehecqmlcnti Le pénultième e est-il muet ou est-il ouvert? On des opinants dit que, quand ces deux pigeons se font l'ajnour, il dirait, Un ,e becquètent, comme pliis doux ; et quand ils sont en colère, il voudrait dire, ih\e hccquetent, comme ayant plus de force (D », et l'abbé de Clioisy. ne manque pas d'enregistrer cette opinion dans son* journal. Les critiques du ^viii« siècle trouvent la distinction un peu galante de la parj( d'un grammairien (^2). Us ne goûtent plus, il est vrai, ces puérilités, mais ils souffrent qu'on raffine sur la métaphysique, et ils admettent des explicatioiis tout. aussi singulières; si la grammaire est moins , ridicule, c'est ({u'elle réussit à se couvrir du manteau de la philosophie. Un-*Italien qui écrit sur les Pnncipoé-'de la Gmmmah'c française pratique 'et raisonnée , l'abbé Ant-onini,.se demande pour(|uoi, dans le mot Vm», la voyelle est brève au singulier et^longue au pluriel.- «':jusqu'à ce^ . qu'on ait trouvé une meilleure raison, écrit-il; nous, dirons que deux objets occupant plus de place .qu'un seul dans iHHre idée, ils exigent plus de lenteur dans l'expression de cette image qui lt3s représente, c'est-à-di^-e dans la prenons • •ciation. >) Ktle rédacteur de l'.l/tn^'c littéraire croit devoir relutor cette théorie (pi.'on pourrait tn.uver dangereuse parce <ju elle |.ar<iit l^mdée sur la raison : « J^ métaphysiipie diraipve det^>n.s n'occui)ent point une plus grande
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(1) Opuscules sur là la ngae française, \u^vdnev. Académiciens: 175*^ (.lournal (le I Académie), 1». 2iC.. ^ ^>oir.
1(2) vlun. ««./1755. Lii2. « l'. -
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guant a reuphonie telle qu'on l'entendait au Wiii® siècle, c'est un principe d'une application très restreinte. Il est à
place dans notre idée qu'un bras unique, ou pour parler plus exactement qu'il n'y a point de place à occuper dans notre idée 0). » D'Olivet, quoique beaucoup plus sérieux, se lance
^ parfois dans des explications littéraires d'une subtilité séduisante, mais trompeuse. A propos de ce vers bien
\ connu •: /
Je t'aimais inconstant; qu'aurais-je fait, fidèle?,
• Il prétend qu'une pareille eHipse ne peut être justifiée que par la passion d'Hermione « qui, dans ^on transport, voudrait dire pluâ de choses qu'elle n'articule de syila-. bes(2)».. Le flot qui l'apporta est une expression bien hardie, et qui serait déplacée dans un poëme chrétien. Mais comme l'opinioa de l'âme universelle répandue dans tous les èiv&s « était en vogue,» au temps de Théramène, le poète a été obligé de lui prêter ce langage (3). Louis Racine lui-même, défenseur ordinairement très sensé des « sages hardiesses » de son père, justifie ainsi l'emploi irrégulier, dans ce passage, du prétérit défini. «« Il semble que la nature ayant contemplé le monstre, il y a déjà longtemps qu'il soit sur le riA^age, et l'apporta m'offre, par la môme raison qu'il marque miA temps éloigné,.iùne beauté que je ne retrouverais plus, si, / par \lù scrupuie giBnmatical, le poète avait mis :
Le flot qui.rVvomi recule épouvanté (4). »
Voltaire eût le bon goût d'éviter en général ces puérilités, et, suivant le précepte de Quintilien, il voulut bien se résigner à ignorer certaines choses. Toutefois, s'il ne se hasarde pas à expliquer toutes les particularités de la grammaire française, ce n'est pas qu'il ci/oie à l'imposSbilité •
(1) Ann. ««.1755. II. 5-8. .
(2) Rem. XCV.
(3) Rem. XCIX.
(4) Mém. de l'Acad. dealmcript. XV. 202.
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qui lui parait être une invention « de la barbarie welche ». Lettre à d'Alembert 19 mars 1770, t. I.XVI, p 22.
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d'en rendre compte : si l'on rencontre des difficultés, on doit s'en prendre, non i la langue elle-même, mais à la faiblesse de l'esprit humain. ^
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^uj Autu,. Mi. un voii que ces ODservaUons sont lort inex^actes dans le aétaU. Miot nVait point le sens de aolUaire, ^ipAanteii'a jlmais^siéniné 9uperficie.