CAS COMPLEXES
Maintenant que nous avons étudié de quelle façon
la méthode vectographique spatiale traduisait l’infarc- ‘tus du myocarde, dans sa topographie et dans son évo-
lution, voyons en l’appliquant comme il devient possible de signer rapidement un diagnostic.
L’infarctus du myocarde, en effet, ne survient pas sur un organe parfaitement sain, chez un sujet dont la structure anatomique est parfaite; il peut se trouver associé à une hypertrophie ou auriculaire ou ventriculaire, encore à un trouble de la conduction intrinsèque, un bloc de branches, etc.
Nous ne pouvons ici énumérer en détail, les associations possibles dans la pathologie cardiaque, nous ne nous occuperons brièvement que des cas d’hypertrophie ventriculaire ou des allodromies de conduction associées à la lésion myocardique. Tous les auteurs classiques qui se sont occupés d’électrocardiographie nous ont donné en détail les anomalies électriques qui traduisaient ces phénomènes. Dernièrement, des auteurs, tels que WILSON, JONHSTON, CABRERA, COEHLO, SOULIÉ, VASTESAEGER [12-31-53-54] nous ont encore fait part de leurs intéressantes recherches. Ici encore, la méthode vectographique spatiale a trouvé une fois de plus son application remarquable puisqu'elle permet un diagnostic différentiel rapide et sûr.
LOEB 70e Hypertrophies ventriculaires.
Certaines conditions hémodynamiques, en augmentant le travail de certaines cavités du cœur par une élévation de la pression sanguine ou du volume sanguin, peuvent conduire à un état anatomique de dilatation cavitaire, d’épaississement de la paroi musculaire.
Du point de vue électrique, comment cette hypertrophie va-t-elle se traduire ? D’une part, par une
déviation de l’axe électrique cardiaque, d’autre part par: un retard de conduction et nous le comprenons aisé-: ment. Les déviations d’axe électrique du cœur, que l'on voit apparaître en électrocardiographie classique en Cas:
d’hypertrophie ventriculaire, sont essentiellement dues à une modification de la position de l'axe anatomique du cœur, nous l’avons déjà rappelé. Il en résulte que, au cours de ces déplacements les boucles vectorielles spatiales vont subir autour de leur charnière basale postérieure des rotations homologues.
Ainsi, l hypertrophie ventriculaire droite va-t-elle se traduire par une déviation de l’axe électrique vers la droite avec rotation droite des boucles vectorielles
FIGURE 17 Tracé d’hypertrophie droite
(ventricule gauche en arrière) ; l’hypertrophie gauche, la plus fréquente, par une déviation de l’axe électrique vers la gauche avec rotation gauche des boucles vecto-
Ce ET AS
rielles (ventricule gauche en avant). La correspondance se retrouve en électrocardiographie classique : hyper-
trophie droite (type S R:), hypertrophie gauche (type
Tracé dhypertrophie gauche
En haut : vectogramme frontal.
En bas : vectogramme horizontal.
& Du fait de l’hypertrophie de la paroi, l'onde d’excitation va se trouver retardée et va retentir sur l’onde
lente de repolarisation T. En vectographie, la boucle
lente T, homologue de l’onde T électrocardiographique, va sortir de la grande boucle QRS qui l’encadre et tendre à former avec elle une grande boucle unique.
En cas d’infarctus du myocarde surajouté, on constate toujours une inversion du sens de rotation des vecteurs, caractéristique essentielle de l’apparition de
ne vecteurs anormaux (allodromie vectorielle). L’infarc- tus accompagne le plus fréquemment l’hypertrophie ventriculaire gauche, de sorte que le vectogramme traduit :
— une déviation gauche de l’axe; . — une rotation droite des vecteurs.
- En cas d’hypertrophie droite, avec infarctus : — déviation droite de l'axe; , — rotation gauche des vecteurs.
Donc en somme, diagnostic aisé. NX
Blocs de branche.
Quand il s’agit de troubles de la conduction, la méthode vectographique traduit les allodromies vectorielles pures dites de conduction. Du fait de l’intersection brutale qui bloque en chemin l'onde d’excitation, les anomalies des tracés décrites en ‘électrocardiographie classique vont se traduire en vectographie par :
FIGURE 19 Bloc de branche gauche
D'abord excitation au ventricule droit, puis excitation du ventricule gauche, d’où image en huit de chiffre.
— un développement de la boucle QRS du côté droit si le bloc de branche est gauche;