‹ Étude Zootechnique de Quelques Échantillons de Laine Provenant d'Afrique Occidentale FrançaiseChapitre 6 sur 17 · PR LA LL · texte numérisé non relu

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mètre et il faudrait compléter l'examen par l'épreuve tillométrique.

Cette méthode permet d'aller vite, mais son heure n’est pas encore venue, car il faudrait d’abord que toutes les laines fussent classées par l'emploi d’une technique évidemment longue et fastidieuse, mais qui a l'avantage d’être précise et complète.

Lorsque cette classification serait bien établie, on pourrait alors, dans l’industrie, passer les échantillons au trichinoscope modifié. Cependant, il resterait à trouver un tillomètre qui permît d'opérer d'une manière aussi prompte.

Enfin, tout récemment, Velu et Bigot ont proposé une méthode en vue de la détermination d’un standard universel des laines par la classification décimale. Ces auteurs étudient d'abord les tableaux de pointage utilisés pour les animaux tels qu'ils existent actuellement et qui comportent pour chaque caractère une note affectée d'un coefficient : on en tire par addition une note d'ensemble, ce qui peut avoir pour résultat d'apprécier par le même chiffre des animaux fort différents : c'est pourquoi ils ont adopté, pour les tableaux de pointage des laines, la classification décimale, et, « dès lors, au lieu d'attribuer à chaque caractère ethnique un coefficient et de totaliser les notes obtenues il suffira de les considérer comme irréductibles l’une à l’autre et de les grouper en un véritable nombre décimal en leur donnant un ordre de subordination correspondant aux coefficients de Baron ». Les deux animaux de tout à l’heure, qui arrivaient au même total par des compensa-

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tinos, verront ainsi souligner fortement les variations existant entre chaque caractère.

Ils ont classé les laines d’après la finesse, le rendement, la longueur, la ténacité, l’extensibilité. Il suffit donc de dresser, pour chaque caractère, des échelles de notes comprenant toutes les qualités de laine, et pour préciser leur valeur, ils font intervenir un facteur commun à tous les caractères : l’homogénéité :

« Ce sera le rapport du nombre de fibres comprises entre le quartil inférieur et le quartil supérieur à la différence entre le quartil supérieur et le quartil inférieur lorsque le nombre de fibres sera 100. »

Une note d’homogénéité est également attribuée et une échelle a été dressée.

C'est certainement là une méthode d'avenir, et nous avons beaucoup regretté, — étant donné l’état avancé de notre travail d’une part, et le manque de temps d'autre part —, de ne pouvoir l’appliquer au moins à quelques-uns de nos échantillons.

La technique du Professeur Dechambre et celle proposée par Velu et Bigot se complètent d’ailleurs, car on ne peut arriver à appliquer l'échelle des notes que si l’on a pratiqué auparavant l'examen macroscopique et tillométrique, puisque tous ces résultats entrent en jeu pour l'établissement de l'appréciation d'ensemble. à

Si nous avons insisté un peu longuement sur ces questions de méthode et leur choix, c’est. qu'on nous a souvent objecté : À quoi bon toutes ces me:

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Si en philosophie on distingue entre la science médicale et l’art médical, application pratique de la science acquise, nous pouvons également distinguer ici, au point de vue examen de la laine, une science zootechnique — ce sera la méthode que nous avons exposée — et un art zootechnique, application pratique de la méthode qui aboutit à connaître la valeur d’une laine pour l’industrie.

Il a été établi, dans l’élevage bovin, le contrôle laitier, qui consiste à faire des analyses qualitatives et quantitatives du lait fourni par une bête donnée, pour ne livrer à la reproduction eten vue de l’exploitation laitière que des animaux présentant de réelles qualités. |

De même on prend sur le cheval certaines mensurations et on établit des indices : corporel, dactylothoracique, de compacité, etc... qui permettent d'apprécier exactement les qualités de tel animal en vue d’un service déterminé.

Il faut qu'il en soit de même pour le mouton, tant au point de vue conformation générale qu'au point de vue laine.

Seul l'examen de laboratoire, avec sa précision, permet de suivre dans leurs moindres détails les résultats obtenus, de mettre en relief les erreurs d’élevage, les croisements erronés, les phénomènes de dégénérescence, de prouver les améliorations réalisées, ou d'indiquer une nouvelle orientation à suivre, ce que n'obtient qu'imparfaitement l'examen indus-

triel macroscopique qui, bien que pratiqué par des personnes très au courant de la question, laisse échapper des défauts que seul le microscope peut révéler.

Notre méthode trouve encore son application dans les Flock-Books et il n’en existe qu’un ou deux où les caractéristiques de la laine moyenne d’une race donnée soient établies, caractéristiques qui se bornent, d’ailleurs, au diamètre.

Par exemple, dans le Flock-Book du mouton du Cotentin, nous trouvons, relativement à la toison, les lignes suivantes : « Toison couvrant le front, descendant au-dessous du genou ou du jarret ; toison ouverte ».

De la laine, pas un mot ! Il serait bon cependant que l’éleveur, que l'industriel sachent à quoi s’en tenir à ce sujet et quelques chiffres les mettraient plus vite au courant que de longues descriptions. Si cet emploi était généralisé, ils prendraient l’habitude de consulter les tableaux et, au besoin, lors de l'apparition de races nouvelles, feraient pratiquer un examen de laboratoire complet.

C'est pour toutes ces raisons qu'il nous a paru intéressant d'étudier par cette méthode les échantillons des laines d'A. O. F. en notre possession.

En effet, nous nous trouvons en présence de races au début de leur exploitation rationnelle, d'essais d’acclimatement et de croisement qu’on s’efforcera d'améliorer encore. Aucune autre méthode ne peut être employée si l’on veut suivre attentivement les

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