RESUME
rentrés dans leurs limites, depuis 1 828, grâce à M. Debelleyme On a supprimé toutes les saillies qui usurpaient l'étroit domaine de la rue. De vastes marchés, successivement ouverts, procurent un abri commode aux denrées et à ceux qui les vendent. Depuis 1818, les abattoirs cachent dans leur enceinte monumentale les sanglantes opérations après lesquelles les viandes préparées, lavées, sont transportées chez le boucher dans des voitures soigneusenaent closes. Les fiacres ont vu s'établir auprès d'eux les cabriolets, les voitures de remises, les omnibus. La police de ces divers moyens de transports s'est améliorée sans relâche, et en 1 841 une surveillance permanente et à poste fixe a été organisée sur toutes les places. Le gaz éclaire presque toutes les rues, pour le désespoir des malfaiteurs. Chaque barrière est franchie à toute heure par des voitures commodes, à bas prix, qui desservent jusqu'aux moindres villages. Les bateaux à vapeur ont supplanté les coches, et les chemins de fer sont comme des vomitoires par lesquels le peuple de Paris fuit ses rues sans air, ses logements sans espace, et se répand dans les campagnes voisines. Nous ne parlons pas des trottoirs, ces protecteurs du piéton, des bornes-fou-^ taines, ces conservateurs de la salubrité^ ni des 1 W kilomètres d'égouts qui se prolongent sous nos rues. Sans doute, ces créations utiles, ces améliorations bienfaisantes ne sont pas l'œuvre du préfet de police seul, mais son administration a provoqué, encouragé ou secondé tous les progrès, et il en est beaucoup dont elle peut s'attribuer tout l'honneur. Pour ne parler que de ce qui lui appartient directement, on ne trouverait pas un intérêt
de sûreté publique, de salubrité, de bien-être collectif qu'elle n'ait servi avec zèle et persistance.
Il est à regretter, nous en convenons, que l'intervention de l'autorité soit trop souvent purement matérielle et puisse encourir le reproche de se montrer indifférente à l'amélioration morale du peuple. Nous voudrions qu'on songeât davantage, à l'aide de publications utiles et pratiques, faciles à répandre, à inculquer aux classes inférieures les principes d'ordre et d'attachement à la chose publique qui les soustrairaient aux funestes suggestions des parties* anarchiques ; nous désirons que, par le résultat de nouvelles réformes, les prisons cessent d'être une sorte d'école du crime et l'origine des plus redoutables associations ; nous appelons de tous nos vœux les institutions publiques ou privées qui arracheraient tant de malheureux dont le cœur est encx)re honnête aux provocations du besoin, aux dangereux conseils de l'oisiveté, et tant de pauvres filles aux infâmes embûches du vice et de la débauche. Les difficultés sont grandes, il est vrai, les moyens contestés, les résultats incertains; mais la reconnaissance publique et la gloire n'appartiennent qu'aux longs efforts, qu'aux dévouements qui savent ne jamais se rebuter, et l'administration ne sera tout à fait tutélaire et providentielle que le jour où elle entrera dans cette noble voie.