LES THÉÂTRES
Parmi les objets sur lesquels radministralion est appelée à étendre sa surveillance, et, en certains cas, son autorité, il en est peu qui soient aussi dignes d'attention que les théâtres; ils enseignent comme l'école, et parlent comme la tribune; ils s'adressent à la fois à rintelligence, à Tâgj e et aux sens ; ils réunissent une foule nombreuse qu'ils enivrent par les plaisirs de l'esprit, la magie de la musique et les illusions de la peinture; ils intéressent l'art littéraire par les productions qu'ils inspirent et vivifient; l'industrie par les entreprises qu'ils alimentent, la politique par les sentiments qu'ils font naître ou qu'ils développent. Tandis que la foule court y chercher la dissipation, ils offrent un sujet de graves méditations au législateur, à l'administrateur et à l'homme d'État.
Les théâtres relèvent de la police, mais les confondre avec les nombreux objets qui sont du domaine de la police, c'eut été méconnaître leur caractère spécial et leur importance; nous avons cru devoir leur donner une place distincte, même à là suite des cultes, malgré le contraste, à raison de l'influence que, sous une adnQinistration éclairée, il leur appartient aussi, quoique dans une sphère tout opposée et purement mondaine, d'exercer sur les mœurs publiques.