LA POLICE
La police, si Ton n'enferme pas ce mot dans l'étroite et trop souvent injurieuse signification que lui prête la langue des partis, est Tordre même qui préside à une société. La perfection qu'elle obtient est considérée comme l'attribut de la civilisation, et les plus grands chefs d'États sont illustres dans l'histoire pour avoir policé la nation dont le gouvernement leur était confié.
Dans un sens plus restreint, la police embrasse encore tout ce qui importe au bien-être habituel, à la sécurité, et si nous osions employer ce mot, au comfort du peuple. On comprend combien son domaine est étendu et à quelle foule d'intérêts elle touche. Confiée à des mains pures et honnêtes, renfermée dans de justes bornes, elle est tutélaire et protectrice, elle veille sur la société comme une providence ; exercée avec violence, livrée à elle-même, dirigée dans des vues de parti, elle jette le trouble dans les esprits, sème la terreur et, complice du despotisme, lui prête une détestable assistance.
Si l'on voulait étudier la police dans tous les objets qu'elle comprend, il faudrait passer en revue l'admi-
(1) V. tome l*', p. 47 et suivantes, et p. 315 et suivantes.