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CHAPITRE IV

Du GOUVERNEMENT INDIRECT OU DE FORMES POSSIBLES DE PROTECTORATS LOCAUX

§ !«'. — Généralités.

Dans diverses parties de l'Afrique, florit une autre forme de gouvernement des noirs. Les Anglais dans l'Uganda, le Basutoland, la Nigérie du Nord, le Barotséland; les Français dans l'Ubanghi, et tout récemment dans l'Afrique occidentale ; les Allemands dans l'Uruanda ; ont instauré un mode d'administration indirecte qui a des affinités avec le protectorat. L'autorité y est exercée

par les grands chefs sous le contrôle plus ou moins impé* ratif d'administrateurs résidents.

Les gouverneurs européens s'occupent surtout de la justice, de fixer l'impôt. La souveraineté des puissances européennes est entière dans ces protectorats locaux, mais les autorités indigènes continuent d'y exercer une partie considérable de leurs prérogatives anciennes. De la souveraineté ainsi partagée résultent l'ordre, la paix, plus de confiance.

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Un type assez complet de cette forme de gouvernement des races arriérées existe à Java. Cette île est divisée en vingt-deux résidences ou provinces, dont chacune comprend plusieurs régents indigènes qui administrent. Chaque régent est sous la direction d'un assistant résident hoUandais, qui exerce l'autorité ferme et douce d'un « frère aîné ». Les branches inférieures de l'administration et particulièrement les intérêts économiques de l'Etat, comme Içs fermes gouvernementales, sont sous la direction de a contrôleurs ». Ce système de double hiérarchie d'officiels fonctionne en général très aisément et permet aux Hollandais de gouverner sans détruire la société indigène, sans affaiblir son moral par le dissolvant d'idées et d'institutions européennes. Tout ce qui pourrait conduire à une désintégration de la société indigène est soigneusement évité. Toute tentative des indigènes de s'assimiler aux européens est découragée : une distance infranchissable sépare les Javanais de leurs maîtres ; il n'y a pas d'enseignement du hollandais (1) ; les natib n'ont ni habits ni habitudes européens ; le mahométisme est toléré. Les chefs indigènes reçoivent un salaire ou une partie de l'impôt (2).

(1) n 7 a m&e réaction contre cette prohibition.

(2) Emprunté à Bhbinbh, Colonial Oovemmeni,

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L'Uganda est divisé en cinq provinces (Rudolf, orientale, occidentale, septentrionale, et le royaume de Buganda), qui comportent de nombreux districts. Le roi de Buganda, le Kabaka, est reconnu conmie tel, a le titre d' « Altesse » et ses privilèges sont réglés par traité (1). La population y est estimée à 2,840,000 habitants. Quarante-neuf fonctionnaires territoriaux européens sufifisent à gouverner l'Uganda. Spécialement dans le royaume de Buganda, l'autorité est exercée par le roi assisté d'ime assemblée de notables appelée Lukiko qui s'occupe des affaires indigènes ; un résident européen conseille, veille, commande.

Les Baganda, qui eurent de fréquents rapports avec les Abyssins, sont réputés pour leur finesse et leur intelligence. Il n'en est pas de même pour les Basuto qui, dans leurs montagnes, étaient des guerriers et des cannibales. Les Anglais ont fait du Basutoland une Crown Colony, mais le régime de gouvernement est le protectorat. Les chefs rendent la justice avec un droit d'appel au Magistrate's Court. Le Basutoland est divisé en sept arrondissements, eux-mêmes subdivisés en districts dirigés par des parents du grand chef. Il y a un conseil qui s'occupe de toutes les affaires indigènes. Il est composé de nonanteneuf membres (tous noirs) et du grand chef de la race. Nonante-quatre membres sont nommés par les chefs de tribu et approuvés par le grand chef; leur nomination doit être confirmée par le « résident commissionner » ; cinq membres sont nommés par le gouvernement. Le conseil se réunit dans l'hôtel du conseil à Maseru une fois par an

(1) The Colonial Office Liet, 1913, p. 385.

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au moins et siège environ trois semaines. Le commissaire résident est président, le roi occupant un siège élevé au milieu de l'assemblée. La procédure est pratiquement la même que celle des corps de même nature. Ce qui frapperait un visiteur, c'est la courtoisie et la politesse avec laquelle les membres se traitent l'un l'autre, comme le ton modéré des discours (Baautoland AnntuU Repart for 1911). La population du Basutoland est de plus de 450,000 indigènes. Un a résident commissionner » et six assistants forment le personnel territorial européen.

La Nigérie du Nord est d'une superficie de 564,820 kilomètres carrés environ, soit un peu plus du quart du Congo belge. Elle est habitée par une population de 10 millions d'indigènes, dont la majorité est constituée des redoutables Fulani. Malgré le chiffre de la population et son extrême densité, l'administration territoriale anglaise ne comprend que cent trente-quatre fonctionpaires environ. Le territoire est divisé en treize provinces correspondant à certaines parties d'anciens empires noirs, tels que ceux de Sokoto, Kano, Bomu. Les émirs ont conservé leurs anciens pouvoirs et gouvernent le pays sous la surveillance de résidents britanniques. Ces régions s'adonnaient autrefois à un intense commerce d'esclaves ; les émirs, sous l'action des résidents, ont banni ces pratiques et supprimé les marchés de chair humaine. Ils président les Cours de justice pour indigènes dans les émirats. Ailleurs, les chefs noirs ont gardé leurs pouvoirs juridictionnels.

Le Barotséland fait partie de la Rhodésie du Nord. Il compte 185,000 habitants. Il a à sa tête un grand chef

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qui est payé par le gouvernement d« la Rhodésie et est assisté d'un résident.

Dans rUruanda et TUrundi, qui sont très densément peuplés, les AUemands avaient établi un résident et leurs fonctionnaires n^avaient pas de rapports avec les indigènes : le chef Musinga avait conservé toute son autorité sous la supervision de ce résident.

En Afrique occidentale française, au gouvernement direct se substituent lentement des formes qui se rapprochent du gouvernement indirect.

L'Angleterre, à la Côte d'Or et en Sierra-Leone, suit une politique semblable.

Pareille forme de gouvernement des noirs est-elle possible ailleurs que dans les régions où eUe est appliquée?

Elle se distingue de l'administration directe en oe qu'eUe confie le gouvernement non à des blancs qui commandent à des chefs devenus fonctionnaires, mais à l'autorité suprême coutumière, c'est-à-dire aux chefs de peuple ou de fraction de peuple. Elle fait des grands chefs des souverains qui, sous la surveillance de résidents européens, transmettent aux chefs coutumiers leur volonté ; elle accorde aux rythmes bantu, à la société bantu, une part très large.

EUe est possible dans les régions habitées par une même race bantu ou fraction de race bantu, qui a ou est susceptible de reconnaître un même grand chef. De nombreuses races bantu, notamment au Congo belge, reconnaissent un grand chef. Les Baluba comptent plus d'un

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million (1) d'individus susceptibles de reconnaître un seul chef, Kassongo Niembo.

BCais il y a des régions comme le Haut Katanga, la Rhodésie du Nord, où des Bantu appartenant à de nombreuses races vivent entremêlés ; des conquérants noirs comme Mushidi y ont détruit Tancienne organisation et provoqué des déplacements et des migrations; toute tentative de restaurer les pouvoirs des grands chefs y est difficile, car il n'existe plus de grand chef, ou il est si éloigné qu'il ne peut exercer de pouvoir, ou habite la colonie voisine (2). On se bornera, dans ces régions, à réduire le nombre des administrateurs et à instituer partout des chefs de sang.

§ 2. — De certaines difficuUis du gauvememerU

indirect.

L'institution de ces sortes de protectorats dans les contrées qui s'y prêtent pourra rencontrer des obstacles. Le pouvoir des grands chefs est tombé en désuétude dans quelques-unes; maint chef de village est peu disposé, aujourd'hui qu'il est indépendant, à reconnaître leur autorité ; enfin, les nombreux usurpateurs et ambitieux investis des fonctions de chefs par les européens se refuseront souvent à reconnaître le pouvoir du grand chef. Du tact, de la fermeté, de la diplomatie, la substitution de chefs de sang aux hommes de paille auront vite raison de ces difficultés, si la nation colonisatrice donne au grand chef son appui ; toujours l'indigène obéira plus volontiers à son chef héréditaire qu'à ces européens éphémères et mala-

(1) Aucune préciflion n'est possible.

(2) Les Balunda, qui sont nombreux au Katanga, ont pour grand chef soit Kazembe, qui se trouve dans la Rhodésie du Nord- Bst, soit Mwata Tamvo, qui est dans la Lulua.

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droits, créatures du gouvernement direct. De plus, le chef et les notables récalcitrants, mis en présence du grand chef, perdront souvent contenance et diront : « tu es notre père à tous. » Enfin, la preuve tangible d'avantages à reconnaître son autorité, comme une réduction d'impôt, aiderait le grand chef à instituer son pouvoir. Ailleurs, les prérogatives du grand chef ne seront plus que spirituelles. Ceci est une difficulté. Mais elle n'est pas insoluble, le pouvoir spirituel étant si fort qu'il peut sans peine intervenir dans les affaires temporelles. Les grands chefs indigènes pourront conserver l'ombrageuse attitude que beaucoup observent à l'heure actu^e ; ou bien ils pourront être nettement hostiles à la domination européenne; l'institution de protectorats compliquera dans ce cas le gouvernement des noirs, au lieu de le simplifier. Il y a un fondement de vérité dans cette remarque. Mais, en fait, les grands chefs seront le plus souvent fort satisfaits de voir rétablir ou renforcer leur autorité; ils accepteront beaucoup plus aisément que maintenant l'autorité des européens, s'ils reçoivent d'eux une souveraineté même diminuée, ou s'ils gardent, avec des avantages plus nombreux, ceUe qu'ils exerçaient. C'est à la diplomatie, à la patience, à la séduction qu'il faudra recourir pour rallier les grands chefs hésitants ou hostiles.

De plus, l'idée elle-même d'appliquer cette modalité gouvernementale aux peuples Bantu soulève certaines objections. Les Nigériens participèrent à la civilisation des grands empires du Soudan ; les Uganda sont les voisins des Abyssins ; le niveau social de ces peuples est plus élevé que le niveau moyen des Bantu de la grande forêt ; un protectorat se comprend pour eux, mais non chez les barbares de l'Afrique centrale. On observe cependant que les Basuto, les Watsusi de l'Uruanda, les Urundi, les

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Barotsé» ne sont pas bien différents de leurs congénères de la grande forêt ; les Basuto étaient des cannibales, les Nigériens des traitants d'esclaves sans scrupules ; cannibalisme et escla^ge ont, sous le régime du protectorat, disparu de chez eux.

n sera malaisé de trouver de bons résidents ; ils devront déployer de la psychologie, garder la mesure, savoir plier tour à tour et imposer leur volonté : car le protectorat n'est un progrès que si les chefs n'apparaissent pas aux indigènes comme de simples exécuteurs des volontés européennes. Sans aucun doute. Mais il est plus aisé de trouver un bon résident que dix bons administrateurs.

Enfin, constituer des peuples bantu et les soumettre à la seule autorité d'un grand chef, c'est favoriser les révoltes. Certes, le divide %U règnes est un système gouvernemental; mais il est remarquable que, jusqu'à ce jour, les pays africains de protectorat ont joui d'une paix complète ; par contre, la rébellion locale, la fuite dans la brousse à l'approche des autorités européennes, le mécontentement des races dominées sont endémiques dans les régions soumises à l'administration directe. Tous les colonisateurs inclinent à sous-évaluer les valeurs psychologiques. Il paraît certain que la domination sur des peuples bantu vivant contents sous leurs chefs sera plus aisée que ceUe siir de petits groupements bantu anarchistes ou rongeant leur frein; l'augmentation de la population indigène n'affecte pas ce premier mode de gouvernement, mais rend le second presque impossible.

II se voit que l'institution de protectorats dans les pays bantu offre des difficultés et soulève des objections. Certaines de ces difficultés la rendent chimérique dans quel-

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ques régions ; mais aucune objection contre son principe n'est vraiment décisive.

§ 8. — Des modificatians quHfUroduirait le régime de gouvernement indirect dans V administration des indigènes.

L'adoption de méthodes gouvernementales se rapprochant du protectorat entraîne des modifications dans les grandes lignes de l'administration des pays ainsi gouvernés. La région mise sous le régime du protectorat devient une sorte d'État. Le chef doit en être spécialement honoré. Il relève du gouverneur et non du commissaire de district. Les prérogatives qu'il faut, selon nous» accorder à tous les chefs, doivent être conférées a fortiori au chef indigène du protectorat : inviolabilité, droit juridictionnel coutumier avec appel dans les affaires criminelles graves devant une juridiction européenne ou revision, par elle, de la sentence, droit coutumier sur la terre. L'impôt doit être collectif, déterminé par le résident et le chef indigène du protectorat, décrété ensuite par ordonnance du gouverneur, levé par le chef indigène du protectorat et payé par lui au résident, représentant de la puissance souveraine. Le tiers au moins de l'impôt peut être accordé au grand chef indigène qui, de ses deniers, paie son armée, ses dépenses et ses hommes de confiance; le restant constitue le trésor du protectorat et sert à des travaux d'utilité publique subsidiés par la puissance européenne.

L'organisation des protectorats ne pourra se faire selon un canon unique institué par décret ; il faudra une organisation spéciale adaptée aux circonstances de lieu, de développement social et économique de chaque peuple ou fraction de peuple bantu.

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§ 4. — Du mode dHnatitutiùn du gauvemetnent

indirect,

n faudra» si l'on entre dans l'idée d'instituer, là où elles sont possibles, des formes de gouvernement indirect des Bantu» procéder avec lenteur et par modification insensible de l'état de choses actuel. Considérons, pour illustrer cette règle d'un exemple, le pays habité par la race des Baluba. H est actuellement divisé en un grand nombre de chefferies et sous-chefferies indépendantes et hostiles les unes aux autres. A peu près toutes les chefferies qui ont à leur tète un chef de sang sacré rendent hommage à Kassongo Niembo. Mais depuis que le grand chef est déporté, la plupart ont cessé de lui payer tribut et pris goût à l'indépendance ; de plus, celles de ces chefferies qui ne sont pas dirigées par des chefs de sang sacré, mais par des créatures des blancs, ne désirent pas s'incliner devant le chef héréditaire. Il ne faut donc pas songer à imposer d'emblée Kassongo Niembo au million de Baluba qui, selon la coutume, relèvent de lui. Il faudra avancer dans cette voie par étapes. Les administrateurs territoriaux recevront l'ordre d'aviser les populations que Kassongo Niembo est revenu dans son village et que le blanc reconnaît en lui le grand chef du peuple Baluba. Ils Tccevront également l'ordre de lui soumettre les grandes palabres entre chefferies — et de lui faire désigner les chefs et sous-chefs. Ils ordonneront à ceux-ci de payer au sultan le tribut coutumier en vivres ; ils seront invités aussi à remettre au grand chef ou à ses « mwipwa » l'impôt annuel dont le tiers ou le quart restera en mains du grand chef. Le prestige de Kassongo Niembo lui-même sera relevé par la présence d'une force armée considérable composée de Baluba, eUe-même partie de la force publique congolaise et commandée par un

officier belge (1). Par un ensemble de mesures appropriées, de conseils et d'injonctions avisés, le résident pourra perfectionner l'administration simpliste des Baluba. En quelques années, l'autorité du grand chef sera reconnue par tous. Le moment sera venu alors de transposer dans un texte légal le fait accompli. La même recommandation de lenteur dans l'introduction du changement sera faite pour l'instauration du gouvernement indirect chez les Basongé, les Babuye, les Azandé, etc.

§ 4. — Des avantages du gouvernement indirect.

Quels sont les avantages du gouvernement indirect au point de vue indigène?

Le meilleur des gouvernements est celui d'hommes de la race gouvernée. Gouvernées par des Bantu, selon le génie bantu, et non plus simplement administrées par eux, les peuplades Bantu d'une même race cesseront d'être des groupements d'esclaves bien traités, sans idéal et sans élan ; elles deviendront par leur réunion sous un même chef des unités ethniques susceptibles de progrès.

Jamais le blanc ne fera émerger du génie bantu ce qu'il contient de possibilités ; il est d'une autre race ; il est séparé de ses administrés par l'âme et par l'intérêt; il semble aux indigènes im utilitaire. De grands chefs de sang bantu, conseillés et surveillés par des résidents, le feront plus aisément, car ils sont investis du prestige des ancêtres, représentent aux yeux des noirs la plus haute expression de l'intérêt général, et savent user de leurs pouvoirs coutumiers. Cela est vrai, qu'il s'agisse du perfectionnement du système politique des Bantu, de leur accession à la productivité, de la dispa-

(1) Voy. au livre III des présentes études, le titre «Force publique >.

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rition de la sorcelleriey de l'abandon progressif de la polygamie, comme des disciplines d'hygiène et de propreté (1).

Les avantages pour les européens de ce mode de gouvernement ne sont pas moins considérables. Le plus précieux est peut-être le bien que les Bantu eux-mêmes en retireront. L'Europe ne pourra se maintenir en Afrique et exploiter les richesses du continent que dans la paix africaine; seuls les régimes se rapprochant du protectorat l'assureront. De plus, l'opinion occidentale n'admettra pas indéfiniment la domination brutale des blancs sur l'abaissement ethnique des vaincus; elle réclamera leur lente accession au stade national.

Conjointement à ces avantages moraux et politiques du r^me du protectorat, il faut citer la suppression des grandes difficultés de gouvernement que l'administration directe entraîne, et les grands profits économiques indirects qui résulteraient de son adoption. La désignation des chefs de sous-groupements bantu, les recensements aujourd'hui si laborieux par suite de la mauvaise volonté des noirs, la levée de l'impôt qui donne lieu à tant de violences et n'atteint qu'une minorité seront de beaucoup facilités si c'est le chef héréditaire qui les ordonne et les effectue ; le rendement de l'impôt serait doublé en maint endroit, me disait un magistrat. Les noirs exécu-

(1) L'insuccès des européens dans leurs tentatives de relèvement des Bantu s'explique certes par la maladresse des administrateurs, mais aussi par l'habitude de ne donner aux noirs aucime justification ou d'invoquer des idées générales européennes que les Bantu ne comprendront jamais : par exemple, les crimes de sorceUerie ne seront pas défendus par les grands chefs parce qu'ils sont des crimes, mais parce que, diminuant le nombre des honmies susceptibles d'engendrer, ils nuisent à l'intérêt général.

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teront avec plaisir les travaux publics qu'ils mettent tant de mauvais vouloir à faire aujourd'hui» si c'est le chef qui les commande. Enfin, les administrateurs et agents européens seraient réduits de moitié ; ils seraient remplacés dans les régions de protectorat par une poignée de résidents assistés de quelques commis.

SECTION IV Du régime de la terre, ou de la quettion agraire.

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