‹ Études anatomiques sur les annélides turbellariés, opalines et grégarines observés dans les HébridesChapitre 12 sur 31 · TOME xvI, Âre PARTIE · texte numérisé non relu

TOME xvI, Âre PARTIE

loigne beaucoup par sa conformation de la partie mâle de appareil reproducteur des autres rhabdocèles. La presque totalité du corps de ces animaux (fig. 4) est remplie par des canaux tortueux d’une dimension constante. Ces canaux présentent ça et là de petits rameaux aberrants terminés en cul de sac renflé (fig. 4). Ces culs de sac avec les canaux sont les testicules et les canaux déférents. On trouve du moins dans leur intérieur des zoospermes qui vont s'emmagasiner dans deux réservoirs spermatiques de taille gigantesque, disposés symétriquement à droite et à gauche et occupant près de la moitié de la longueur totale du corps (fig. 4e). Les spermatozoïdes qu’ils renferment sont de trèsorande taille (fig. 19), car ils atteignent une longeur de 0"",17. Ils se composent de deux parties, l’une plus épaisse, cylindrique, granuleuse et fort longue, l’autre plus courte et en forme de soie acérée. Cest la partie épaisse et granuleuse qui est active dans le mouvement de prooression. Elle ondule comme le corps d’une anguille et chemine en poussant l'extrémité aiguë ou sétiforme en avant. Chez ces individus mâles la vulve est généralement rudimentaire. Elle à une forme ovoide (fig. 4 cet fig. 8), ne réfracte point la lumière d’une manière aussi intense que celle des individus femelles, et parait formée d’une substance moins résistante. De plus est imperforée ou du moins son canal axial est si ténu qu’un zoosperme aurait bien de la peine à trouver son chemin au travers.

Les Convoluta présentent sans doute un hermaphrodisme successif, car dans un ou deux cas j'ai observé chez les femelles quelques traces des tubes contournés de l'appareil mâle, surtout entre lotolithe et la bouche.

Telle est la disposition remarquable des organes de la Convoluta paradoxa, exceptionnelle, comme on le voit, à plus d’un égard. C’est un cas de plus que M. Steenstrup pourrait tenter d’invoquer à l'appui de sa célèbre et ingénieuse théorie de lhermaphrodisme dans la nature.

En somme la Convoluta paradoxa, sans mériter d’être détachée des Rhabdocèles d’une manière aussi complète que les Microstomées, doit cependant former un groupe à part dans l’ordre des Rhabdocèles.

SUR LES ANNÉLIDES, TURBELLARIÉS, etc. 151

GENRE MESOSTOMUM SCHULTZE.

Mesostomum marmoratum Schultze *.

(PI. XI, fig. 1 à 2.)

J'ai retrouvé à Kilmore, sur les bords du Sound of Sleat (Sky), cette jolie Mésostomée qui n’a Jusqu'ici été observée que par M. Schultze dans la Baltique, près de Greifswald. Bien que la description de ce savant soit parfaitement exacte, j'ai publié un dessin de l’un des individus observés par moi comme complétant sur quelques points les observations de mon savant prédécesseur.

La peau est semée de petits bâtonnets que je trouve surtout réunis en traînée très-dense sur là ligne médiane, soit à l'extrémité antérieure, soit à l'extrémité postérieure. L'intestin est bilobé en avant de manière à présenter la forme d’un cœur de carte de Jeu, chez les individus qu'on déprime artificiellement entre deux plaques de verre, comme c’est le cas pour l'individu représenté sur la planche.

Le pénis colossal était encore plus enroulé sur lui-même chez les 1ndividus observés par moi que celui qu'a figuré M. Schultze. C’est un tube étroit formant trois tours de spirale complète avant de se prolonger en ligne droite vers le pore génital (fig. 2). Son extrémité supérieure s'ouvre dans une vésicule que j'ai trouvée toujours pleme de spermatozoïdes (fig. 2 a). Dans cette vésicule vient s'ouvrir une grosse poche en forme de cornue (fig. 1 c). C'est à cette poche que M. Schultze donne le nom de vésicule séminale, et il faudra bien lui accorder réellement ce nom, puisque M. Schultze l'avait trouvée pleine de z00spermes. Pour ce qui me concerne je n’ai jamais vu de zoospermes dans l'intérieur, et je l'avais considérée comme une espèce de prostate, de

1 Max Schultze, Beiträge zur Naturgeschichte der Turbellarien, 1851, p. 54.

glande, sécrétant un liquide propre à étendre la semence. J'ai trouvé des zoospermes dans un double organe (fig. 1 d) placé un peu en arrière de cette poche en forme de cornue. Cette place est également celle où M. Schultze indique le testicule. Mais, en outre, J'ai trouvé un autre amas de zoospermes immédiatement en avant de cette même poche. M. Schultze indique orifice externe du pénis non à l'extrémité même du pénis, mais sur une petite branche latérale implantée sur le tube du pénis, un peu avant son extrémité. Cette disposition n’est dans tous les cas pas caractéristique de l'espèce. Je ne lai pas observée une seule fois. Chez quelques individus j'ai trouvé l'extrémité du pénis simplement ouverte, chez d’autres je lai trouvée tordue en spirale comme une vis.

Mes esquisses représentent le pore génital immédiatement en arrière de la bouche, M. Schultze indique ces deux orifices comme assez distants lun de l’autre. Cette différence est peut-être individuelle.

Relativement à la coloration de ce ver, je n’ai rien à ajouter aux observations de M. Schultze.

GENRE PROSTOMUM.

Prostomum caledonicum nov. sp.

(PI. Y. fig. 5.

Cette élégante espèce est si bien caractérisée par la forme remarquable de son pénis qu'il est inutile d’en donner ici une diagnose. Un coup d'œil jeté sur la planche la fera reconnaître mieux que toute phrase caractéristique.

J'ai observé le P. caledonicum à Kilmore (Sky). Il à une longueur de Owm 58. Son pharynx (a), en forme de pain de sucre, est formé par des fibres musculaires. Sa ventouse de fixation (b) est placée sur la

SUR LES ANNÉLIDES, TURBELLARIÉS, elc. 153

face ventrale au second cinquième environ de la longueur totale du corps".

Entre le pharynx et la ventouse on voit un double ganglion nerveux donnant naissance à deux paires de nerfs, l’une antérieure, l’autre postérieure. Sur les ganglions reposent deux yeux d’un noir intense, munis chacun d'un crystallin.

L'appareil reproducteur mâle est un boyau aveugle recourbé comme une crosse épiscopale. Les quatre cmquièmes environ de ce boyau sont occupés par lappareil copulateur, le pénis (e). Le fond seul est rempli par le testicule et la vésicule séminale. Le testicule est un organe en forme de virgule ou de gryphée (fig. 5) à la pointe duquel la vésicule séminale est placée. On les trouve tous deux remplis de zoospermes. Le pénis est un boyau aplati, contourné, dont toute la moitié supérieure est armée de petites épines formées d’une tête et d’une pointe comme un clou. Elles sont longues de 0®®,0015 à0,0040. Le pore hermaphrodite (9) est entouré de petits organes ovoïdes, sans doute glanduleux.

L'appareil reproducteur femelle est formé des ovaires (d) et de lorgane qu'on est convenu d'appeler le vitellogène (c). Je n’ai pas découvert l'oviducte. Les ovaires sont au nombre de deux, symétriques à droite et à gauche de l'appareil mâle. Chacun d’eux renferme quatre à cinq œufs incolores qui sont polyédriques par suite de la pression qu'ils opèrent réciproquement les uns sur les autres. Chacun de ceux-ci est un œuf complet avec son vitellus et sa vésicule germinative. Le vitellogène, c’està-dire la glande qui sécrète le vitellus secondaire ou adventif, est formé de plusieurs branches s’anastomosant irrégulièrement les unes avec les autres, comme M. Max Schultze l’a figuré pour le vitellogène du Deros-

tomum Schmidtianum. La matière vitelline adventive sécrétée par cet <

! J'emploie iei les termes consacrés par M. Schmidt, mais je suis assez disposé à croire avec M. Leuckart que la prétendue ventouse est le véritable pharynx, tandis que le prétendu pharynx serait plus ou moins comparable à la trompe des rhynehocèles. Les Prostomes seraient dans ce cas des Mésostomées. Je n'ai pu pour ce qui concerne le P. caledonicum constater l'existence d’aueune communication entre l’organe musculeux antérieur et l'intestin.

organe est celluleuse. Elle est formée de globules granuleux dans chacun desquels il est possible de distinguer un nucléus, sous la forme de vésicule transparente.

Page 1