TOME xvi, Are PARTIE
est relativement de taille minime, lorsqu'on le compare à celui d’autres Dendrocèles et surtout au pénis gigantesque de tant de Rhabdocèles. Les organes élaborateurs, c’est-à-dire les testicules, sont placés en arrière du pore masculin, en opposition avec ce qui paraît exister chez tous les autres Dendrocèles. C’est peut-être le cas pour toutes les espèces du venre. Tout au moins M. de Quatrefages paraît-il avoir observé la même disposition chez son Proceros sanquinolentus. Ces testicules forment deux rangées qui vont en divergeant comme les deux branches d'un V. Ils sont au nombre de 5 ou 6 de chaque côté et communiquent chacun avec le canal déférent (fig. 9 a et 5). Les deux canaux déférents vien-
nent s'ouvrir dans une vésicule séminale unique, de taille gigantesque, que j'ai trouvée gonflée de zoospermes (fig. 9 b et fig. 5). De l'extrémité antérieure de cette vésicule naît un conduit efférent contourné qui va s'ouvrir dans le pénis (fig. 9 et 10). Celui-ci à la forme d'un cœur de carte de jeu un peu allongé. Sa pointe est garnie de petites épines. A côté du canal efférent vient s'ouvrir dans le pénis un petit organe elanduleux (fig. 10, 6) qui sécrète sans doute un liquide destiné à étendre la semence.
Lorsque l'appareil mâle est rempli de zoospermes, 1l frappe immédiatement les regards par l'éclat soyeux de sa couleur blanche.
Quant à l'appareil femelle il ne diffère pas sensiblement de celui que M. de Quatrefages a décrit chez beaucoup de Planariées marines. Les ovules sont disséminés dans tout le corps, sans qu'il y ait d’ovaire proprement dit. Çà et là quelques-uns d’entre eux prennent un développement considérable et peuvent même alors être aperçus à l'œil nu comme de petits points blancs.
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GENRE CENTROSTOMUM Diesing.
Nous devons uneexcellente étude d’une espèce de ce genre à Mertens, qui en a décrit très-exactement la trompe." Ge sont sans doute la description et les dessins de ce savant qui ont porté M. OErsted à fonder son ordre des Cryptocèles, car les esquisses sur lesquelles cet ordre est établi sont empruntées à Mertens. Jai rencontré deux espèces de ce genre, lune en Norwége, l’autre dans la baie de Lamlash (Arran). Je ne m'occuperai ici que de cette dernière à laquelle je donne le nom de
CENTROSTOMUM MERTENSII. nov. Sp.
(PI. VII, fig. 11--12.)
Draexose. Centrostome d’un blanc laiteux, parfois jaunâtre , ovale, à bord entier. Deux amas d’ocelles sur la surface dorsale, vers la fin du premier cinquième de la longueu r totale. Trompe égalant à peu près le tiers de la longueur totale du corps, lorsqu'elle est rétractée.
Habite sur des laminaires.
Bien que mes observations sur ce ver si remarquable n’aient été faites qu’en passant et soient fort incomplètes , elles n’en sont pas moins dignes d'intérêt à cause de la rareté même de ces êtres. Mertens est en effet le seul observateur qui ait figuré jusqu’à présent des Turbellariés à trompe ramifiée, puisque les dessins de M. OErsted ne sont que des copies de ceux de Mertens.
La bouche de ce Turbellarié est placée à peu près au centre de la face inférieure (v. fig. 11, b). Elle conduit dans un vestibule ou atrium dans lequel est logée la trompe. Celle-c1 (fig. 11 a) est à peu près cinq fois
L C'est le Centrostomum lichenoïdes Dies. (Planaria lichenoïdes Mertens). V. Mertens Untersuchungen über den inneren Bau verschiedener in der See lebender Planarien. Mémoires de l'acad. imp. des se. de S' Petersbourg. Sixième série. Tome IT.
1 48 ÉTUDES ANATOMIQUES aussi longue que large et présente un grand nombre de dentelures musculeuses sur le bord, dentelures qui peuvent s’allonger en longs bras préhensiles, lorsque la trompe vient à saillir par la bouche pour s’étaler au dehors. L'appareil hépatique est ramifié, comme chez les autres genres du même groupe.
Le Centrostomum Mertensi est malheureusement peu propre à l'étude à cause de son peu de transparence. En faisant usage d’un compresseur, j'ai cependant pu reconnaître que les organes générateurs sont disposés à peu près comme chez les autres Turbellariés marins appartenant au même groupe. Il existe deux pores génitaux placés en arrière de la bouche. Le plus rapproché de cette dernière est le pore masculin (fig. 11 cet fig. 12). Un peu plus en arrière est le pore féminin (fig. 126). Immédiatement en avant du pore masculin, on trouve sur la ligne médiane une grande poche, que J'ai trouvée remplie de zoospermes (fig. 11 e, el fig. 12 b). C’est une vésicule spermatique. De chaque côté on voit s'ouvrir dans cette poche quatre boyaux (fig. 12 a) que J'ai également trouvés remplis de zoospermes el que Je considère comme des testicules.
En comparant cet appareil générateur mâle avec celui que Mertens décrit chez sa Planaria sargassicolla /Planocera sarqassicolla OErst., Stylochus Mertensi Dies.) et sa Planocera pellucida {Planocera OErst., Stylochus Dies.), on ne peut méconnaitre une analogie extrême. Les organes que j'ai nommés les testicules sont ceux que Mertens nomme les canaux déférents; celui que je considère comme une vésicule séminale, est considéré par lui comme la verge. Pour ce qui concerne ce dernier, je me suis assuré de la manière la plus positive chez le C. Mertensii que c’est bien une vésicule séminale. Quant à l'organe copulateur, le peu de transparence de animal m'a empêché de le reconnaitre.
L'autre espèce de Centrostomum que j'ai rencontrée sur les côtes de Norwége n’était pas encore arrivée à l’état de maturité sexuelle. En revanche elle était beaucoup plus transparente et j'ai pu fort bien étudier chez elle le double ganglion nerveux placé entre les deux amas d’ocelles et les nombreux nerfs qui partent de ces ganglions.
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5° TURBELLARIÉS RHYNCHOCÈLES.
J'ai rencontré fréquemment sur les côtes de l’île de Sky deux espèces de Tetrastemma, dont l'une paraît être identique avec le Tetrastemma varicolor OErsted et l’autre est nouvelle. Chez ces deux espèces, j'ai trouvé l'appareil stylifère logé au fond de la trompe, constitué exactement de la même manière. Mes observations différant sur quelques points de celles qui ont été publiées jusqu'ici et leur servant en quelque: sorte de complément, je vais les narrer brièvement.
La cavité de la trompe se termine en cœcum immédiatement en avant du renflement stylifère. Le dard, avec son manche granuleux, est enchâssé dans un organe à paroi épaisse (fig. 6, pl. V) et renfermant une cavité triangulaire, de telle manière que l'extrémité seule du dard fait saillie dans la cavité de la trompe. A droite et à gauche sont les poches qui renferment les dards accessoires. Ces poches ne sont point des espaces fermés de toutes parts, comme on se le figure généralement, mais des ballons munis d’un col fort distinct qui va s'ouvrir dans la cavité de la trompe (fig. 6 d). Il existe, par suite, un chemin tout tracé pour le passage des dards nouveaux qui vont remplacer le dard tombé de son manche, s’il est vrai que les dards des poches latérales soient les dards nouveaux, ou bien pour le passage du dard détaché de son manche qui va se loger dans une des poches latérales, dans le cas où les dards contenus dans ces poches seraient des dards anciens. (Pour ce qui me concerne, je pencherais plutôt vers cette dernière manière de voir. Toutefois les observations de M. Max Schultze parlent d’une manière positive en faveur de la première. J'ai trouvé constamment dans ces poches latérales une vésicule transparente (fig. 6) semblable à celle dans laquelle M. Schultze fait naître les dards nouveaux, mais jamais je n’ai vu cette vésicule contenir de dard en voie de formation.)
Tout le renflement stylifère est formé par des fibres musculaires dont je ne décrirai pas la direction variée, parce que la planche en donne une figure exacte. On trouve en outre dans ce renflement toute une couronne de follicules (fig. 6 c) qui sécrètent sans doute un liquide muqueux.
En arrière du dard et immédiatement en avant du point de réunion du renflement stylifère et du muscle rétracteur (fig. 6 a) de la trompe, se trouve un sac spacieux rempli d’un liquide qui contient de petits granules en suspension (fig. 6 b). Ce sac est mis en communication avec la cavité de la trompe par un canal efférent qui vient s'ouvrir à la base du dard (fig. 6 ce). Cette disposition me fait considérer avec beaucoup de vraisemblance cet organe comme un sac à venin. On comprend, par suite de la conformation de l'appareil, que toutes les fois que l’animal darde son arme contre une proie, la poche à venin se trouve comprimée et laisse échapper une gouttelette de son contenu sur la blessure même produite par le dard.
M. de Quatrefages a, en réalité, déjà figuré ce sac à venin, moins le canal efférent, chez sa Polia Mandilla." Mais considérant à tort la trompe comme un canal alimentaire, il a fait de cette vésicule à venin une dilation d’un prétendu æsophage. — Je rappellerai d'ailleurs que M. Max Schultze à déjà signalé un appareil à venin, conformé, il est vrai, d’une manière un peu différente, chez un némerte d’eau douce auquel il a donné le nom de Prorhynchus stagnalis. *
Chez le Cephalothrix lhneata OErst., commun dans les environs de Kilmore (Sound of Sleat), j'ai trouvé la trompe hérissée de longs poils rigides. Ces poils sont évidemment les homologues des nombreuses papilles qui recouvrent la trompe de la plupart des autres rhynchocèles.
l Voy. Annales des se. nat. Tome VI. 4846. PI. IX, fig. 2. ? Voy. Beiträge etc., p. 60.
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