DE QUELQUES LARVES DE TURBELLARIÉS
La pêche pélagique sur les côtes des Hébrides m'a fourni un certain nombre de larves de Turbellariés: d’abord des Pylidium gyrans qui m'ont permis de confirmer les dernières observations de M. Krohn sur la genèse de l’Alardus caudatus, puis des némertiens nageant librement dans l'Océan à un degré de développement très-semblable à celui des embryons de Fetrastemma obscurum figurés par M. Schultze.
En outre, j'ai rencontré fréquemment soit dans Le Frith of Clyde, soit dans le Sound of Sleat un Turbellarié long de0"" 5 et non encore arrivé à maturité sexuelle. Sans doute ce ver appartient à l’ordre des Rhabdocèles (V. fig. 2, pl. V); comme il pourrait cependant subir des modifications de forme considérables avant d'atteindre sa maturité sexuelle, je préfère le décrire ici sans lui donner de nom. Ce rhabdocèle est déprimé et lerminé en pointe aux deux extrémités. L’extrémité antérieure se prolonge en une espèce de cône, dont les téguments forment un grand nombre de replis frangés circulaires. Ce cône est la seule partie non ciliée du ver. À sa base, on voit deux houppes de cils plus longs que les cils vibratiles du corps. Ces houppes sont comparables à celles des fossettes céphaliques des Némertiens. Le canal intestinal ne pénètre pas dans ce cône antérieur. L’extrémité postérieure porte un sillon transversal formant comme un indice de segmentation. La pointe du corps présente une espèce daiguillon acéré, qui à un fort grossissement se montre composé d’une touffe de soies serrées les unes contre les autres. La bouche est placée sur la surface ventrale à une distance assez considérable de extrémité antérieure. Elle conduit dans un pharynx musculeux, étroit et peu allongé, qui s'ouvre directement dans Pintestin. Ce dernier reproduit à peu près exactement la forme du corps.
1 Voy. Beiträge ete. PI. VI, fig. 6.
Je fais suivre cette description de celle d’un jeune Turbellarié observé en 1855 près de Sartor Oe, sur les côtes de Norwége. Il est impossible pour le moment de lui assigner une place définitive, car évidemment cet animal avait à subir des modifications importantes pour atteindre sa forme définitive.
Le Turbellarié de Sartor Oe (Planche V, fig. 1), dans l'état où je lai observé, est un dendrocèle qui mérite à peine de porter ce nom. En effet son canal alimentaire est fort simple et ne se distingue de celui des Rhabdocèles que par trois dilatations qui se présentent sous l'apparence de diverticules ou de ramifications fort simples. C’est un animal parfaitement cylindrique, long d'environ 0,5, à peau épaisse, muni d’un grand nombre de papilles sétiformes disséminées entre les cils vibratiles. Le parenchyme est semé de faisceaux de bâtonnets (fig. 1 a) tout à fait comparables à ceux qu'on observe chez le Macrostomum hystrix. La bouche est une ouverture ovale, entourée de lèvres épaisses et placée à une petite distance de l'extrémité antérieure. Elle conduit directement dans le canal intestinal, dont les parois sont épaisses et parfaitement uniformes.
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SUR LES ANNÉLIDES, TURBELLARIÉS, elc. 155