‹ Etudes antiquesChapitre 23 sur 87 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

Elle n’a plus connu les fêles ni la joie ;

Et quoique de grands chefs aient recherché sa main ,

Elle n’a pas voulu conclure un autre hymen.

C’est même ce refus qui cause sa détresse ;

Car tous les prétendants assiègent ma maîtresse,

Et tous, dans son palais, installés à la fois,

N’en veulent pas sortir qu’elle n’ail fait un cheix.

I se lève.

— C’est indigne! ils devraient, s’ils ne craignent Ulysse, Craindre du moins les Dieux amis de la justice;

Le pirate lui-même, emportant son butin,

Craint les Dieux et redoute un châtiment certain ;

Mais tous ces prétendants, race aux Dieux incrédule, Pillent le bien d’autrui sans honte et sans scrupule.

Il en vient de partout ; les uns de nos hameaux,

Et d’autres de Zacinthe, et d’autres do Samos. Prolongeant les festins jusqu’aux heures nocturnes,

Us boivent tout le vin qu’on gardait dans les urnes;

Ils mangent sans mesure , au delà du besoin ,

Et prennent tes plus gras des porcs dont j’ai le soin.

Sc rasse/aot en fore

Bien plus, de Pénélope ils débauchent les femmes.

Et la reine est témoin de leurs amours infâmes ;

Elle voit ce désordre et feint de l’ignorer.

Car que peut une femme à moins que de pleurer !

— Ah ! cela fend le cœur ! — j’éprouve trop de peine Avoir mettre au pillage un aussi beau domaine.

l)KMI-CI10F,Cn '.

Voraces prétendants! un seul de leurs repas

td

t. Chtntë.

ULYSSE

Dévore des troupeaux et dépeuple une étable.

DEHI-CHOEUR.

Une victime ou deux ne leur suffisent pas;

Chacun de nous envoie un ppurceau pour leur table.

DEMI-CIIOEUB.

La reine subit leurs affronts;

Il ftiut qu’elle choisisse un mari dans leur bande.

DE.UI -CHOEUR

A contre-cœur,, nous servirons ,

Si chez le noble Ulysse un nouveau chef commande.

i^Ne le pfennéls pas, Dieu puissant!

liâ^e de moi celte épreuve I Je ne saurais me faire un cœur obéissant;

Je hais ces oppresseurs qui poursuivent la veuve.

Et pillent les biens de l’absent.

Mais la justice enfin visite l’homme impie;

Dans les bras du bonheur, son convive assidu ,

En vain il dort, et croit la justice assoupie;

Elle saisit le coupable éperdu, '

Au sein des plaisirs qu’il expie.

Devant des festins copieux ,

Au bruit des champs et de la lyre ,

L’heure semble, trop courte aux prétendants joyeux; Mais leurs fêtes n’ont rien que j’envie et j’admire.

Car elles offensent les Dieux.

J’aime mieux vivre pauvre , errer dans la broussaille. Manger des mets grossiers et garder les troupeaux.

Je me lève gaiment , et gaîment je travaille

Page 1