ACTE I
Elle n’a plus connu les fêles ni la joie ;
Et quoique de grands chefs aient recherché sa main ,
Elle n’a pas voulu conclure un autre hymen.
C’est même ce refus qui cause sa détresse ;
Car tous les prétendants assiègent ma maîtresse,
Et tous, dans son palais, installés à la fois,
N’en veulent pas sortir qu’elle n’ail fait un cheix.
I se lève.
— C’est indigne! ils devraient, s’ils ne craignent Ulysse, Craindre du moins les Dieux amis de la justice;
Le pirate lui-même, emportant son butin,
Craint les Dieux et redoute un châtiment certain ;
Mais tous ces prétendants, race aux Dieux incrédule, Pillent le bien d’autrui sans honte et sans scrupule.
Il en vient de partout ; les uns de nos hameaux,
Et d’autres de Zacinthe, et d’autres do Samos. Prolongeant les festins jusqu’aux heures nocturnes,
Us boivent tout le vin qu’on gardait dans les urnes;
Ils mangent sans mesure , au delà du besoin ,
Et prennent tes plus gras des porcs dont j’ai le soin.
Sc rasse/aot en fore
Bien plus, de Pénélope ils débauchent les femmes.
Et la reine est témoin de leurs amours infâmes ;
Elle voit ce désordre et feint de l’ignorer.
Car que peut une femme à moins que de pleurer !
— Ah ! cela fend le cœur ! — j’éprouve trop de peine Avoir mettre au pillage un aussi beau domaine.
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Voraces prétendants! un seul de leurs repas
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t. Chtntë.
ULYSSE
Dévore des troupeaux et dépeuple une étable.
DEHI-CHOEUR.
Une victime ou deux ne leur suffisent pas;
Chacun de nous envoie un ppurceau pour leur table.
DEMI-CIIOEUB.
La reine subit leurs affronts;
Il ftiut qu’elle choisisse un mari dans leur bande.
DE.UI -CHOEUR
A contre-cœur,, nous servirons ,
Si chez le noble Ulysse un nouveau chef commande.
i^Ne le pfennéls pas, Dieu puissant!
liâ^e de moi celte épreuve I Je ne saurais me faire un cœur obéissant;
Je hais ces oppresseurs qui poursuivent la veuve.
Et pillent les biens de l’absent.
Mais la justice enfin visite l’homme impie;
Dans les bras du bonheur, son convive assidu ,
En vain il dort, et croit la justice assoupie;
Elle saisit le coupable éperdu, '
Au sein des plaisirs qu’il expie.
Devant des festins copieux ,
Au bruit des champs et de la lyre ,
L’heure semble, trop courte aux prétendants joyeux; Mais leurs fêtes n’ont rien que j’envie et j’admire.
Car elles offensent les Dieux.
J’aime mieux vivre pauvre , errer dans la broussaille. Manger des mets grossiers et garder les troupeaux.
Je me lève gaiment , et gaîment je travaille