‹ Études archéologiques et variétésChapitre 36 sur 45 · SATISFAITS · texte numérisé non relu

SATISFAITS

Comme conclusion, nous pouvons dire que nous avons atteint, à notre entière satisfaction, le but de notre voyage. Nos hommes, notre guide surtout, étaient tels que nous pouvions les désirer, et ils s'acquittèrent de la dure besogne de franchir les rapides et les portages avec une habileté et un courage admirables ; disons aussi, quoique cela ne fît pas partie de notre programme à notre départ, que les quelques parties de sport dont il nous fut donné de jouir ne laissèrent pas de nous être très agréables. Enfin, nous avions raison d'être satisfaits de notre voyage.

Quant à savoir ce que nous pensions du pays que nous venions de parcourir, nous étions tous d'opinion, qu'excepté la fertile vallée de sol d'alluvion du Lac Saint- Jean, le pays était tout à fait

impropre à la colonisation. Sur ce point-là, il ne peut pas y avoir divergence d'opinion ; car, du moment qu'on a dépassé la limite de cette vallée, on ne voit que du sable et des rochers ; ceci se prolonge jusqu'aux marais de la ligne de faîte ; et, au-delà, l'aspect du pays est des plus désolants et le sol la stérilité même.

C'est une région qui sera toujours favorable au séjour des ours et autres plus petits animaux à fourrure. Il ne paraît pas qu'on y trouve de minéraux ; il n'y a que le poisson dont on pourrait tirer quelque profit, et encore n'est-il abondant que près de Mistassini. 11 n'est pas vraisemblable que le pays soit jamais ouvert à la colonisation ; il restera toujours, comme il est aujourd'hui, le séjour favori du plus intelligent des animaux : le castor canadien.

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