‹ Études archéologiques et variétésChapitre 37 sur 45 · EXPLORATIONS ANTÉRIEURES · texte numérisé non relu

EXPLORATIONS ANTÉRIEURES

Il ne serait peut-être pas sans intérêt de raconter ici sommairement les diverses tentatives qui ont été faites dans le but d'atteindre cette fameuse étendue d'eau du lac Mistassini, et de dire le résultat de chacune de ces exploration^.

La première expédition dont il soit fait mention est celle qui fut entreprise en 1672 par le Père Albanel, missionnaire jésuite, qui a traversé la partie inférieure du lac Mistassini et qui a résumé dans les « Relations des Jésuites » ses impressions de voyage. Il en parle comme d'un lac ayant plusieurs centaines de milles de long, sujet à de violentes tempêtes, et au-dessus duquel plane une ombre mystérieuse. Ce récit du Père Albanel est conçu dans les termes suivante :

« Le 18 (juin) nous entrasmes dans le grand Lac des Mistassirinins, qu'on tient estre si grand

qu'il faut vingt jours de beau temps pour en faire le tour. Ce lac tire son nom des rochers dont il est remply, qui sont d'une prodigieuse grosseur ; il y a quantité de très belles îles, du gibier et du poisson de toute espèce ; les origneaux, les ours, les caribous, le porc-épic et les castors y sont en abondance. Nous avions déjà fait six lieues au travers des îles qui l'entrecoupent, quand j'aperceu comme une éminence de terre d'aussi loin que la veuë se peut étendre ; je demanday à nos gens si c'estait vers cet endroit qu'il nous falloit aller ? « Tais-toy », me dit nostre guide », ne le regarde point, si tu ne veux périr.

» Les sauvages de toutes ces contrées s'imaginent que quiconque veut traverser ce lac se doit soigneusement garder de la curiosité de regarder cette route, et principalement le lieu où l'on doit aborder ; son seul aspect, disent-ils, cause l'agitation des eaux, et forme des tempestes qui font transir de frayeur les plus assurés ».

Après le Père Albanel, le botaniste Michaux réussit à se rendre au lac en 1792, mais il en dit très peu de choses, sinon qu'il constate que cette région est d'une solitude effroyable et d'une désespérante stérilité.

En 1808 M. McKenzie, de la Compagnie du Nord-Ouest, visita cette région. Il a pubhé une brochure dans laquelle il décrit ce qu'il sait sur l'étendue et la nature du Mistassini. « Le lac Mistassini, dit-il, est si vaste que les indigènes n'en connaissent pas les dimensions. Ils disent, cependant, qu'il renferme des baies aussi considérables que le lac Saint-Jean. Il abonde de poissons semblables à ceux que l'on trouve dans tous les autres lacs du pays, et que ce sont des régions qui l'entourent que nous proviennent les plus belles fourrures,

auxquelles la sévérité de l'hiver, qui dure huit mois, est extrêmement favorable «.

En 1827, Jérôme Saint-Onge, ancien employé de la Compagnie des Postes du Roi et de celle du Nord-Ouest, parlant du lac Mistassini, dit qu'il faut trois jours pour le traverser dans l'endroit le plus étroit, en allant d'une île à l'autre ; il compare son étendue à celle du lac Supérieur.

Page 1