LE TRAVAIL
Aucun chemin de fleur ne conduit à la gloire !
La Fontaine
Ah! voilà le grand moyen des gens de bonne volonté ! voilà le levier qui sert à accomplir des miracles !
La grande loi du travail est non seulement un devoir de conscience, mais elle constitue un des
éléments essentiels, indispensables du bonheur de l'homme ; surtout n'oubhons jamais que notre bienêtre et notre avancement dans le monde seront toujours en proportion de nos efforts, des soins que nous apporterons à cultiver nos facultés, à développer, à contrôler nos aptitudes, et qu'il n'y a que le courageux accomplissement du devoir qui soit la source de tout véritable bonheur.
« Aide-toi et le ciel t'aidera », est une maxime dont la vérité est démontrée par l'expérience de tous les jours. On ne peut rien produire de durable et digne d'être admiré sans un travail constant et assidu. Les dieux, dit le poète, ont placé le travail et la peine sur la voie qui conduit aux Champs-Elysées. Nulle distinction honorable, dans quelque carrière que ce soit, ne peut être obtenue qu'au prix des plus grands efforts. Cela est ennuyeux, pénible même pour la nature, pour qui le repos est chose si agréable. Que voulez-vous ? Le succès, la renommée ne s'achètent qu'à ce prix ; l'excellence n'est jamais le fait de l'oisiveté, mais la récompense du travail. Le succès, dit un contemporain, est une plante rare et frêle qui demande, pour fleurir et surtout pour refleurir, beaucoup de soin et de souci. « 11 n'y a pas de chemin royal pour parvenir à la science », disait autrefois Euclide au roi Pharaon, qui lui demandait s'il n'y avait pas de méthode plus facile que celle dont il se servait pour enseigner la géométrie.
C'est un fait bien établi que l'oisiveté épuise beaucoup plus que le travail ; elle énerve l'âme et neutralise les plus belles facultés de l'intelligence. Non seulement les facultés qu'on ne cultive pas ne produisent rien, mais elles se rouillent et dépérissent, et, insensiblement, le caractère s'abaisse et s'annule.
« Je n'ai jamais compris, s'écriait le P. Lacordaire, que les hommes riches pussent s'ennuyer avec le secours d'une bibliothèque, ni même se pervertir. C'est l'oisiveté qui est la grande source de perversion, et la lecture, quoique peu fatigante, suffit pour éloigner l'oisiveté ». Il en est de même des nations comme des individus. Catulle- faisait déjà remarquer de son temps que « l'oisiveté a perdu les plus grands monarques et les plus puissants empires ».
D'ailleurs, outre qu'une personne occupée laisse peu de prise aux suggestions dangereuses.
Un homme de bon sens travaille en sa jeunesse. Pour passer en repos une heureuse vieillesse.