LES MANUSCRITS DE PLINE
Mais est-ce seulement la lettre au sujet des chrétiens qui n'aurait pas été écrite par Pline? Est- il bien certain que toutes celles adressées à Trajan et qui forment le X® livre soient de Pline?
"Cette correspondance, dit M. Duruy*, nous gâte Pline. Timoré, indécis, hésitant sur tout, il fait comme gouverneur d'une grande province la plus triste figure. " C'est ce qu'on ne saurait contester.
Or, comment cet homme si soucieux de sa gloire et surtout de sa gloire littéraire, qui donnait un soin particulier au choix des épîtres qu'il publiait, qui pour en rendre la lecture attrayante, sans se préoccuper d'aucun ordre méthodique, les classait en diversifiant les sujets et les correspondants, comment Pline, disons-nous, aurait-il été amené à faire un recueil aussi monotone et absolument dépourvu d'intérêt pour ses contemporains ?
On a été ainsi amené à faire la supposition que les lettres à Trajan n'ont pas été publiées par Pline, qu'elles le furent par ses amis après sa mort. Mais alors, que faudrait-il penser du jugement et du goût de ceux dont Pline aurait fait sa société intime? N'auraient-ils rien trouvé de mieux dans les scrinia de celui dont ils voulaient augmenter la gloire?
^ Histoire des Romains, t. IV, p. 288.
Pline n'avait- il pas eu à tracer le tableau des mœurs asiatiques, à peindre les personnages en évidence? Neveu et fils adoptif de Tillustre savant, Pline qui aimait la nature, qui se plaisait à promener ses lecteurs dans les villas, sur les bords des cours d'eau ou des lacs, n'avait-il pas eu à les entretenir de sujets nouveaux et intéressants? N'avait-il point eu à raconter l'accueil qu'il avait reru des ennemis de Bassus et de Varenus, ou celui que lui-mome il leur avait fait?
De Bithynie il n'aurait écrit aucune lettre à ses amis, à sa famille, à ses clients qu'il jugeât digne d'être communiquée au public? N'aurait-il point exprimé quelques regrets d'être éloigné de la capitale?
Et s'il n'avait eu (ju'à écrire à Trajan, n'oublions pas que le prince songeait à la guerre contre les Parthes; or n'aurait-il pas eu des avis intéressants à lui communiquer sur ce (jui se passait sur les rives de l'Euphrate supérieur? Pline qui, avec de belles qualités, ne manquait pas de vanité, n'aurait-il pas trouvé Toccasion de se flatter d'avoir donné sur les afi'aires politiques d'utiles avis à Trajan, comme il se flattait de l'avoir fait pour des (juestions de droit?
Voilà des choses que nous sonmies étonné de ne point rencontrer dans cette correspondance.
Une lettre de Lucius Verus à Fronton, qui devait être son historiographe, nous montre de quelles sortes étaient les rapports que le Prhice ou le Sénat attendaient des légats ou des proconsuls ^ *'Tu connaîtras les événements de la guerre, dit-il, par les lettres (|ue ni'ont écrites les cliefs chargés de la conduite de chaque afi*aire. Sallustius t'en donnera les copies. Je t'enverrai celles de mes lettres. Tu y verras le plan et les ordres donnés en toutes choses pour
* Lettres de Marc Aurèle et de Fronton; édition de A. Cassan, l. Il, p. 2i2.
son exécution. Si tu désires quelques dessins, tu les recevras de Fulvianus. J'ai mandé à Gassius Avidius et à Martius Verus de m'adresser leurs rapports que je t'enverrai et qui te feront connaître les mœurs et les richesses du pays. "
Or que lit-on chez Pline? A Trajan, qui est préoccupé des grandes affaires de Tempire, il demande Tautorisation de créer une compagnie de pompiers * ; il le prie de lui envoyer un architecte, alors qu'il en avait sous la main; il lui fait une foule d'autres demandes. puériles*. ,
En outre est- il vrai qu'au commencement du second siècle la centralisation fût à ce point prononcée dans le gouvernement romain? Est-il admissible qu'en Bithynie le proconsul composât à son gré les curies provinciales, qu'il forçât les citoyens d'y entrer contre leur gré et de payer cet honneur qu'on leur imposait^? Pour croire que les magistrats municipaux se trouvaient dépouillés de toute indépendance et pouvaient être en quelque sorte considérés comme des serfs publics, ainsi qu'ils le seront au iv» et au V» siècle, il faudrait oublier le procès de Varenus et de Bassus; il faudrait méconnaître la ténacité des membres du Conseil de la province à poursuivre les proconsuls au sortir de leur charge*. Nous croyons que plus d'une lettre
* Pline, Lettrée, 5i, 55.
« Id,, 17, 18, 22, 27, 29, 72, etc.
» Id., 92, 93.
^ Écoutons Pline, Lettres, V, 20 : ** Peu de temps après le proconsulat de Julius Bassus, les Bithyniens formèrent de nouveau des plaintes contre leur proconsul ; ils accusèrent Varenus. " — VI, 13 : " Avez-vous vu un homme plus tourmenté, plus persécuté, que mon ami Varenus? Les Bithyniens ont eu Taudace non seulement de censurer et de battre en brèche la décision du Sénat, mais encore de l'inculper aux yeux du Premier, qui était absent quand le décret fut rendu. " — Vn, 10. Varenus ayant réussi à produire des délégués qui contestaient la mission des accusateurs, une enquête sur les lieux fut ordonnée. A pe sujet, Pline écrit : ^ Ce qui reste à désirer, c'est que la province ne revienne pas au parti qu'elle semble avoir abandonné et qu*elle ne se repente pas de s'être repentie. "
Les proconsuls, on le voit, ne maniaient pas les membres des Conseils de~ la province comme ils le voulaient. — Voir encore Tacite, Annales, XIV, 46, et les discours de Dion Chrysostôme à ses compatriotes de Bithynie, 3S41.
loi) PERSÉCUTION DES CHRrtiENS SOUS Nl^RO>
ne r<*sisterait pas à une critif|ue sévère cie la façoi i|nostionâ a<)miiiisti'atives y sont traitées, el qu'on trait ainsi «ju'elles n'ont \m i-lre écrites par un de la valeui' île Pline.
Mais si nous avons prié le lecteur de nous auto coiuiuire dans ((uelques lU^îressions. ce n'est paf abnrtcr. Nous laissons donr de cùté l'examen ir des lettres qui forment le X* livre, pour aborder la plus pénérule, celle de l'autlienticité des mani Pline, ijui intéresse dii'ectenieiil le sujet qui nou
Quand en 1502 sortirent des presses d'Avantius, des lettres de Pline et de Trajan, l'émotion fut v les savants. Les manuscrits les plus complets qu'i eus en mains ne contenaient que les neuf pi-emie aucun d'eux n'avait connu ni soupçonné l'existé dixième livre. La plupart denlie eux n'hésitèrent à déclarer que le publit; était l'objet d'une mystifici
A l'appui de leurs sentiments, ils donnaient de n motifs, entre autres ceux-ci :
Le nom de sfitjumr, dominus, adiessé au i chaque lettre à Trajan, consliluait un auaclironii Césars n'avaient point été ainsi (pialiliés et, au téi de Pline hn-nièine, Trajan n'avait pas voulu (ju' décerné aucun honneur nouveau.
On ne trouvait point dans ces lettres la pureté gance qui caractéiisaient le style habituel de Pline
Sidoine Apollinaire, qui avait fait 'le Pline son n avait une connaissance parfaite de ses (.eiivres ', déc
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is Epistolae, l.v. IV.
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n'avait publié que neuf livres de lettres, c'est à dire ceux-là seuls qui formaient les manuscrits connus. Le célèbre évéque de Clermont dit en effet* : " Tu ajoutes aux motifs qui selon toi doivent me porter à augmenter de ce neuvième livre les huit premiers, l'exemple de Caecilius Secundus, dont tu dis que je suis les traces et qui a fixé ce même nombre de livres à son recueil épistolaire. "
Un peu plus tard, en 1505, Jean-Marie Cataneo publiait à Milan une nouvelle édition de Pline en meilleurs caractères et qu'il déclarait plus complète et plus exacte. Pour en rendre la lecture plus agréable et plus facile, chaque lettre était accompagnée d'explications et de commentaires. Cette édition valut à Cataneo une grande renommée ; il fut placé au rang des savants les plus distingués ; il recevait de très nombreuses félicitations et des adresses en vers latins dont plusieurs furent publiées.
Cataneo ne pouvait se soustraire à l'obligation de réfuter les objections qui avaient été formulées contre l'authenticité de la correspondance avec Trajan. C'est ce qu'il entreprit dans une lettre au prélat Ambrosio Maino et qu'il plaça comme préface en tète du X^ livre*. Écoutons-le :
** Il eût été peut-être plus modeste de s'abstenir de toute préface au sujet des lettres Caeciliennes à Trajan, afin de ne point paraître céder à la vanité. Mais nous savons que parmi les savants on est encore à s'enquérir de l'auteur.
* Lib. IX, ep. 4 : ** Addis et causas quibus hic liber nonus octo superiorum voluminibus accrescat, eo quod C. Secundus cujus nos orbitas sequi hoc opère proDuntias, paribus titulis opus epistolare determinet. ''
• Hagnifico D. Ambrosio Matno Ioannes Maria Catanaevs Salvtem. Forsitan modestius f\ierat supersedisse a qualibet in Caecilianas ad Traianum
epistolas praefatiuncnla, ne illam videremur ambitioni dédisse : nisi sciremus inter ingenicsos adhuc auctorem requiri. Ego vt iliius credam, primum eo adducor, quod saepius in rescriplis suis Traianus Secundum Tocat, quod in his
" Pour moi je crois qu'elles sont de Pline, et voici sur quoi d'abord se fonde mon sentiment : Trajan, dans ses réponses, l'appelle Secundus; Pline, dans ces lettres, fait mention de plusieurs personnes telles que Actius Sura, Voconius Romanus, Julius Bassus, Justus Calpurnius, dont il avait parlé ailleurs; et parmi ceux-ci il faut surtout remarquer Suétone, qu'il appelle son camarade et pour lequel il sollicite de l'empereur le privilùf^e de ceux qui ont trois enfants."
On conviendra que ces premières raisons ne sont point déterminantes. 11 était naturel, en» effet, de puiser dans le recueil de ses lettres des éléments pour la confection de nouvelles.
" Qu'on ne soit pas choqué de ce que, par flatterie, il appelle Trajan seigneur. Cotte appellation, non usitée au commencement de son principat, ne fut plus rejetée après les heureuses expéditions contre les Daces... et Tertullien dans Y Apologétique dit qu'on appelait l'empereur seigneur.*^
epistolis Plinius multorum moniiiiit, vt Aclii Surae, Voconii Romani, lulii Bassi, lusti Calpurnii, qiios alibi retiilerat : sod iinpriinis Snotonii, quem pariter coniubornalem suum fatetur : & ci ab optiino Imporatore ius triuin libftrorum impetrare contendit. Nec offendat aliqunm, quod Traianum blandiendo dominum dictitat, cuius appoUationcin principatus initio oniissam procedonte tompore non est aspernatus post rcs adiiersus Dacos prospère gestas. Nani vt Sei'undus ad Seuenim scribit, recentia maxiini principis opora praobueninl Coss. dcisignatis, facultatein noua & magna censendi : vera eniin ratio docernendi aliqiiid non decernondiue, quum ipsorum hominum, lum rerum ac. temporum conditione mutatur : & dominus iure potueritappcllari, quod ossot rerum dominus, vtPoeta, Romanos rerum dominos iam dixorat, I\ipinius in opistola libri quarti Sylnarum : Deinde, inquit, multa ex illis cum Domino Cac^sari dederam. & TertuUianus in Apologetico : picam, inquit, plane Imporatorem dominum. Temporibus enini Domiliani iam consuetudo appellandi principem donnuum inualuerat: & nos vidimus Romae Ant. pii domini praefationom. Quaeret (scio) aliquis cur hic quam alibi remissiore vel clariore stylo sit vsus? Qu'ui scilicet ad Imperalorem Traianum non doctissimurn, si Dioni credimus, scribebat, illas fore ad eruditissimos. Principis ergo sui dicendi genus eftingere conabatur, & oratoris virtus principua sit dicere quae videat lectoribus placere. Nunquam enim arbitrarer quod Martialis de Gailicis & Hispanis suis versiculis (ideo minus politos quia in prouincia non in vrbe nati essent) idem accidisse, in Bithynia Caecilianis epistolis, sine cas fecerit non consilio publicandi, sed post eius obitum ab amicorum aliquo, quod ad Lentulum Ciceronis literis contigit, editae sinl, & ideo minus pressae : quia ab auctore suo non castigatae, an potius, quod & ipse fatetur, vt libellorum suorura vario stilo
L'argumentation est encore bien faible. De ce qu'une • locution était en usage du temps de Tertullien, il ne s'ensuit pas qu'elle Tait été un siècle avant.
Continuons :
'' On demande, je le sais, pourquoi Pline se serait servi d'un style plus bref et plus négligé que partout ailleurs. C'est qu'il écrivait ces lettres à l'empereur Trajan qui, au rapport de Dion, était loin d'être fort instruit, tandis qu'il destinait les autres à des érudits. Il devait en ce cas s'efforcer de prendre le style du prince, car la principale qualité de l'écrivain est de plaire à ses lecteurs... Il se pourrait aussi qu'il les ait écrites sans l'intention de les publier et qu'elles l'aient été après sa mort par quelques amis, de même qu'il arriva pour les lettres de Gicéron à Lentulus; c'est pour cela qu'elles sont moins soignées. "
C'est avouer qu'il est difficile de reconnaître pour la main de Pline celle qui a écrit les lettres à Trajan.
diuersa lectorum ingénia detineret. Neque tamen interdum dissimulare potait, quin pleraque multa in praecedentibus vsurpata istis insérât ; quule illud : qua publiée, qua prinatim. Nam ad Romanum scripserat : Qua foeminae, qua viri. Et ad Mariuin : Qua officiis maximis, qua principum amicitia. Item, verba, qualia sunt, alioqui, durum, dispice, in melius, ad exemplum pertinens, omnia intégra aduocationibus renunciaui delegato mihi officie. Cum patronum me optassent, prottinciales contra Marium Priscum constare rationem ab ineunte aetate condiscipulus & contubemalis, fundos ejnancipauit. Sub signe natalium splendor de mora queri. Et, ne minima quaeque coUigamus, pares etiam sensus & res hincinde oecurrent, vt ad Traianum, vbi gratuiatur deos festinasse ad gubernacula reip. admouere illum : & in Panegyrico asserit breui post adoptionem Traiani, Neruam e vita migrasse. Et mox indicat apud eundem se expertum duo matrimonia, id quod etiam in epistolis ad familiares aperte coUigitur, vt taceam quod bic lulii Seruiani optimi viri, cuius alibi iam mentionem fecerat, meminerit. Et in sequenti epistola testetur se egisse contra Marium pro Afris, quam rem libre secundo pluribus complexus est. Quid dicara de praefectura aerarii, de qua praeter ad Traianum saepe scribit in praecedentibus & in Panegyrico. Item, quod latumclauum pro Voconio Romane, quem alibi fere iisdem verbis commendauit, ab Imperatore petat,' sicut Actio Sura praeturam. Denique iter suum ab vrbe in Bithyniam Tniiano nunciet; vt omittam eundem scribere ad Septitium in praefatione praecedentiura se collecturum epistolas quae negligebantur, tanquam minus politae : & additurum quas postmodum scriberet : proinde ad Traianum dixerit : Diem, domine, que seruasti imperium, dum suscipis. Et in Panegyrico : Expectatum est tempos in que liqueret non tam accepisse te benefîcium, quam dédisse. Confugit
" On ne manque pas non plus de dire que Sidoine Apollinaire affirme que Pline n'a laissé à la postérité que neuf livres de lettres. Mais il a dû vouloir parler seulement de celles qu'il se proposait d'imiter, de celles qu'il trou\'ait bien écrites, et que celui-ci avait adressées à ses amis. Car l'objet de la correspondance avec Trajah étant des aflaii^s sérieuses, et n'offrant aucune occasion de faire montre de. talent, il n'en aura voIonlain»nient point parlé. Il se pourrait aussi que Sidoine ne les eût point connues; c'était un écrivain qui se contentait de l'érudition de son temps, et auquel la cherté des livres ne permettait pas de posséder tous ceux qui formaient les bibliothèques. "
Il ne nous paraît pas étal)li qu'il eût été de beaucoup plus onéreux à un admirateur de Pline de posséder, s'il en eût existé, un manuscrit complet de dix livres de lettres, qu'un volume où le dixième livre seulement eût manqué.
" En outre, cette lettre de Secundus à Trajan dont parlent
in siiiuin tuum conrussa rospub. ruonsqiic imporium super Imperatoroin Imperatoris voce tibi dolatiiin est. Item, Hic ego, inquit, quia sciobam acta Bassi Procos. rescissa, dictumque a Senatu ius omnibus de quibus ille aliquid constiluisset, ex integro ag(»ndi duntaxat per bienniuni. Illic vem eandein rem breuius, & ideo minus aperte, vt loco conueniebat, tiactaiis. veri dixerat principis intcrcedere iniquitatibus magistratuum, infeclumque reiidere quicquid non oportuerit. Ad hacc ad Priscum : Nuperab optimo principe trium liberorum ius impetraui, quod qnanquam parce & cum deleclu daret, inibi tamen tanquam liceret induisit. Quare Ti-aianus St^cundo rescribens idem ius pro Tranquillo roganti : Quam parce, inquit, baec bénéficia tribuam, vtique mi Secunde cbarissime tibi satis est exploratum. In fine barum epistolarum, quanuis supi»resso nomine, Fabati prosoceri obitum memorat. Denique illa Caecilii ad Traianum epistola quam Paubis Orosius, Eusebius in Cbronicis, Tertullianus in Apologetico Secundo tribuunt, satis superque sola nostram scntentiam comprobat. E;un eniin in boc libello offendes, cui subcst Traiani rescriiitum in eundem sensum a praedictis auctoribus recitatum. At dicct aliquis, Sidonius tamen Apollinaris refert Plinium nouem duntaxat epistolarum libres posteris reliquisse. Sed quos ipse sibi imitandos proposuerat, sed quos eruditiores arbitrabatur, quosque ad amicos scripserat. Nam ad Traianum epistolas, vtpote res grauissiinas complexas, nuiia sibi oblata simili facultate scribendi, consulte subticuit. Proinde potuit Sidonius eas ignorasse, scriptor sane sui seculi contentus eruditione, & qui non omnes bibliothecas in illa librorum caritate discusserat. In summa qui neg-ant luis ad Traianum epistolas non esse Plinii Secundi, confitentur ex professe netitras bene legisse. Fatear Umen necesse est primum nobis in aniino fuisse bas intactas relinquere : & quia vno tentum exem-
Paul Orose, Eusèbe dans ses Chroniques, TertuUien dans V Apologétique, suffit, et au delà, à déterminer notre conviction. Vous la trouverez dans ce dixième livre, ainsi que la réponse de Trajan, toutes deux dans le sens exact qu'en avaient rapporté les auteurs ci-dessus. "
Cet aveu ne peut passer sans être remarqué ; ne serait-ce point là, en effet, le but essentiel de la publication de cette correspondance?
''Enfin, dit C-ataneo, ceuop qui nient que les lettres à Trajan soient de Pline, déclarent qu'ils n'ont pu les lire dans aucun manuscrit original. "
C'est là une question qui vise directement la bonne foi de l'éditeur. Que répond-il?
" Nous devons confesser, déclare-t-il, qu'afin de ne pas encourir des accusations malveillantes, notre intention première fut de ne pas comprendre dans notre édition ces lettres puisqu'elles n'avaient été publiées que d'après un unique
plari praeter impressa, nec illo admodum vetusto adiuti fuimus : & ne idcirco ansam maledicis obiurgandi daremus. Sed cum altius considerauissemus, nuUam non quamlibet oblatrandi occasionem, quanuîs iniquam detractores aucupaturos : & puritatem latini sermbnis in hoc opusculo intueremur, ex eiusque lectione iQuItaruin rerum commodum multos consecuturos, quibusque priorum stylus pressior & emunctior non placuisset, posse hoc solutiore vel faciliore detineri : adhibuimus eam quam potuiraus diligentiam : & emendando & interpretando spreta inuidorum maliuolentia, imprimis illud Secundi laudatissimum reputantes : oportere priuatis vtilitatibus publicas anteferre : tum etiam patrocinio tuo fretis, qui soles nostra lata praedicatione circunferre : nec fauoris minus in nos collaturus sit lason vir consul tissi mus legum moderator Se illustris interpres, quodam prouidentiae dono mortalibus datus, subsequaturque patrui vestigia passu robustissimo : quanuis adolescens Thomas filius tuus, quem speramus, si virtutes eius & ingenium*' maturuerint, pariter ab illo adoptatum iri, eiusque doctrinae ac bonorum aliquando successorem futurum ; vt propemodum in domo nostra taie quoddam conspecturi simus, quod olim in Curia perpétua série. Nam tu, etsi non effecte praeceptis oratorum fueris institutus : ita tamen a natura quodam dicendi flumine exuberas, vel rébus maximis exercitatus, vt dicendi artem edoctos longe praeuenias, ad hoc proceritas & habitudo corporis, & bona fortunae quae large tibi supercurrunt, animi bonis plurimum ornamento sunt. Vestro igitur praesidio tutus sinam per ora virum volitare ad Traianum, epistolas iam meliores, iam faciliores : ex quibus, si aliquid ad vos gloriae perueniet, certum habeo tantundem oneris vos suscepturos^ contra maledicos, pro Secundo, pro interprète charissimo.
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il y avait plus de vingt imprimeurs qui occupaient environ cent presses et qui cherchaient nécessairement à se surpasser les uns les autres en nouveautés de publications. Venise avait cet avantage sur les autres cités, d'offrir un plus grand débit aux productions de la librairie que des milliers de navires emportaient dans toutes les parties du monde. Aussi les imprimeurs affluèrent-ils dans la métropole du commerce; elle en comptait plus de deux cents ^
Ils furent souvent victimes d'imposteurs. Mais d'autre part, au temps des Borgia et des Machiavel, lorsque la bonne foi paraissait avoir quitté la terre, lorsque jamais le luxe et l'amour du gain n'avaient été aussi grands à Venise et que la concurrence entre les imprimeurs était d'une incroyable activité, devait- on ne trouver parmi eux que de stoïques industriels? Un habile mvstificateur en aurait certainement rencontré plus d'un disposé à publier un dixième livre de la correspondance de Pline, des lettres encore inconnues, parmi lesquelles se trouverait, ce qui avait manqué jusqu'alors, la justification de la tradition de l'Église qui attribuait à l'illustre jurisconsulte une apologie des chrétiens adressée à Trajan.
C'est ce que nous aurions été tenté de soupçonner, car Avantius, dans sa préface, avoue qu'il n'a eu à sa disposition que des copies défectueuses qui lui furent apportées de France par un certain Pietro .Landri*. Mais quelques années plus tard, en 1508, Aide Manuce publiait une nouvelle édition des Lettres de Pline et y faisait à son tour figurer la correspondance avec Trajan.
1 Paul Lacroix, Les Arts au moyen âge et à Vépoque de la Renaisêance : Imprimerie.
* " Pelri Leandri industria ex Gallia Plinii Junioris ad Trajanum licet mancas depravatasque habuiinus." — C, PUnii Çaecilii Epistolae^ ex recensione Henricii Kcilii, praefatiOf xxiv.
i08 PERSÉCUTION DES CHRÉTIENS SOUS NËRON«
Pas plus que Cabineo, Aide ne pouvait se dispen.ser de traiter de la question de son authenticité; c'est ce qu'il fit dans une lettre adressée à Alvizi Moncenigo et qu'il inséra dans son volume * .
Aide déclare qu'il avait eu, depuis deux ans déjà, une copie des lettres à Trajan faite sur manuscrit français par Joconde de Vérone, moine d'une grande érudition, quand Moncenigo, ambassadeur de Venise à Paris, lui apporta et lui confia, pour être publié, le manuscrit original lui-même. C'était, dit Aide, un parchemin; et les caractères de Vécriture étaietU si différents de ceux en usage alors, qu'à moins d'uns profonde connaissance en pareille matière, il était impossible d'en comprendre le contenu. Mais à quel personnage, à quelle corporation appartenait-il? D'où provenait-il et comment était-il arrivé en leur possession? On ne peut s'empêcher
* Aldus pius Mani'thïî Romanis Aloisio Mocenico equiti,
ET Senatori Vencto. s. p. D.
Solftbain siiporioribus aniiis Aloisi, Vir Clarissiine, cuin aut T. Livii Décades, qiiao non l'xtaro croduntur, aiit Sallustii, aut Trogi historias, aut quemvis aliura px anti(]iiis aiitorihus invontuin cssr ainlioham, injpas diccre, ac fabulas. Sed ex (juo tu (' (ialiia, ubi pro sonatu tuo iiitotirniuio, acouralissiineque legatumagens, luagiiain libi laudeui, ot gloriaui poperisti, cnin plurimis, quae inesse optîmo Oratori oportnl, tuin clocpu'ntia illa tua singnlari, qua tibi antn et ilivilias, et jjrratiain in bac Hop. oxn'II. coniparavoras, bas IMinii epistolas in Italiani repoiiasti, in membrana scviptas, atquc adeo diversis a nostris characteribus, ut nisi quia diu a8sui'rerit,non queat lcgere,i'ooj>\ spcrare niiniin in modum fore aetate nostra, ut plurinii ex bonis auturibus, quos non extare credimus, inveniantur. Kst enini vohimen ipsuin non solum corvwi\sii'\m\im, sed etiamita antiquum, tU putetn ftcrqitum Plinii tetnporibus. Quaniobrcin, si, ut videtur, a Plinii aetate ad baec usque tiMOpora boc epistolarntn vohJinen sorvatuin (?st. fit, ut facile credain et ï. Jjviuiu, et alios, quos luin vetustate, tiini bonïinuin negligentia, tum vi aliqua, incursioncvt; <»xteraruin gentiuni pcriisse cn^diinus, alicubi, tanquain in iinpio conclusns carctîie, squallidos delitere, spereinque exituros in luceni, idqne tein|>oribus nostris, ac njea, si diu vixero, pi-aec.ipue opéra, Chiisto lESU annuente, coTy.po; èâwv. Nunc autein, «piod possunius, hasce Secundi epistolas dainus quam eorreclissiinas, in quibus etiain nnilUie sunt, quae ;intebac non babeb;inlur. Sed libi in priniis babenda est plurinia gratia, Inclyte Aloisi, qui exemplar ipsum epistolarum reportasti in llaliain, niihique dedisti, ut excusuin publicarena. Deinde lucundo Veronensi Viro singnlari ingenio, ac bonarurn literaruin studiosissimo, quod et easdeni Secundi epistolas ab eo ipso exeniplari a se descriptas in Gallia diligenter, ut facit onmia, et scx alia voluinina epistolarum partim manu
d'être étonné de voir qu'aucun renseignement précis ne nous a été donné sur l'origine de ce manuscrit.
Aide réfute ensuite les objections qui avaient été formulées contre l'authenticité de cette correspondance. Loin d'admettre que le style des lettres à Trajan est défectueux, il déclare au contraire qu'on y reconnaît la main d'un écrivain distingué et qui prenait pour chaque sujet le ton qu'il convenait. Pour ce qui est de la qualification de dominus, il la justifie en disant que Martial, contemporain de Pline, l'emploie dans sa lettre à Domitien et dans plusieurs épigrammes. Puis il énumère les personnes et les choses dont Pline aimait à parler à ses amis et qu'on retrouve dans sa correspondance avec Trajan.
Mais, selon lui, deux principales raisons prouvent que les lettres à Trajan sont bien de Pline : la première, c'est qu'elles étaient réunies aux autres et sous le nom de Pline
scripta, partim impressa quidem, sed cum antiquis collaCa exemplaribus, ad me ipse sua sponte, quae ipsius est erga studiosos omneis benevolentia, adportaverit, idque biennio ante, quam tu ipsum raihi exemplar publicandum tradidisses. Exeunt igitur hae Plinii epistolae in manus literatonim et tua, et lucundi nostri in illos benevolentia, emendatissimae. Sed quoniam epistolae decimi libri, quae scribuntur ad Traianum Imperatorem, sunt qui non esse Plinii putant, tum quia stylo, et elegantia diversae ab aliis videntur,tum etiain quia praeter doctorum consuetudinem, Domine dicat Plinius ad Traianum scribens, operae pretium fuerit et illas a Secundo scriptas fuisse ostendere. Non imus inficias scripsisse Plinium alias epistolas, ut ipse ait paulo accuratius, sed et has ad Traianum, si quis diligenter inspiciat, et doctas esse, et eleganteis falebitur^ nec a stylo Plinii aliénas, id quod, cum ex omnibus id genus epistolis licet cognoscere, tum ex ea manifestius, quae de Dione quodam scribitur, qui suorum reliquias in religioso loco posuerat. Récitât enim ibi quae in causa utrinque dicta fuerant se ludice, quemadmodum in aliis quibusdam facit epistolis cum de causis, quas ipse egerat, ad amicos scribit. Domine autem priucipibus dicere temporibus Plinii, iam receptum fuisse, illud etiam Martialis in epistola libri octavi ad Domitianum, ostendit. Omnes quidem libelli mei Domine. Item illud, Edictum doraini, denique nostri. Esse autem Plinii epistolas ad Traianum, multis rationibus probari potest, sed his potissimun. Primum, quia in antiquissimo exemplari una cum aliis ut nos imprimendas curavimus, sub Plinii Secundi nomine scriptae sunt. Deinde, quia Plinii illud de Christianis ad Traianum, et rescriptum Traiani super ea re, habetur in una ex eisdem epistolis ad Traianum, cuius rei Tertullianus,
Eueebius, Paulus Orosius meminere
Venetiis mense Novembri m.d.viii.
dans le manuscrit; la seconde, c^est que parmi elles se trouve celle adressée à Trajan au sujet des chrétiens et la réponse du prince dont ont parlé Tertullien, Eusèbe, Paul Orose.
Quant au silence gardé sur celte correspondance par les auteurs profanes ou chrétiens, et à la déclaration faite par Sidoine Apollinaire que Pline n'avait écrit que neuf livres de lettres, Aide n'aborde pas ces questions. Il n'y répond qu'indirectement en disant que ce parchemin date vraisemblablement du temps même de Pline le Jeune, et qu'il a été par une si rare fortune préservé de la destruction qu'on peut nourrir l'espoir de retrouver dans quelque cachot ou sous la poussière de quelque grenier les œuvres de Tite-Live ou celles d'autres auteurs illustres qui nous manquent.
Quoique sur certains points les raisons que Aide invoque valent mieux que celles qu'avait données Cataneo, on conviendra qu'elles sont loin de suffire à déterminer notre conviction. Malgré son savoir et celui des amis qui formaient son académie, Aide s'est parfois trompé sur la paternité de quelques ouvrages. Ainsi, dans ce même v-olume, il attribuait à Pline le De Viris illustribus in Re militarif et in adniinistranda Rep,, et il publiait une lettre pour prouver que Pline avait écrit ce livre, qui n'a pas encore aujourd'hui d'auteur reconnue
Dans l'enthousiasme général pour les sciences et les lettres qui régnait au xvi® siècle, les poètes, les artistes, les jurisconsultes, les érudits, les industriels eux-mêmes exerçaient, par leur renom et l'admiration dont ils étaient l'objet, une grande influence sur les esprits et jouissaient d'un grand crédit politique*. Aussi tous les États, grands ou petits, se
* Inibi etiam liber De Viris illustribus, non Tranquilli sed Plinii esse ostenditur.
* Sismondi, Histoire des Républiques italiennes, t. XU, ch. 1>1.
disputaient alors l'honneur de les avoir et de les garder dans leur sein.
Dans le Milanais, Louis XII ne négligeait rien pour gagner à sa cause les Italiens. On voyait le grand Jean-Jacques Trivulze assister aux leçons des professeurs. Il était secondé par Giaffredo Caroli*. Du service du marquis de Saluées, Caroli était passé à celui de la France. Nommé président du • Parlement de Grenoble par Charles VIII, il fut envoyé par' Louis XII à Milan en qualité de président du Sénat de cette ville. Sur Tordre et avec l'argent du gouvernement français, il se montra le protecteur de tous les savants ; ses louanges étaient publiées par tous ; il n'y eut guère d'ouvrage imprimé à cette époque, dit Tirasbochi, qui ne fût dédié à Caroli. Mais quand après la défaite de La Trémoille à Novare, en 1513, l'Italie fut perdue pour les Français, chacun se défendait ou s'excusait d'avoir été son protégé.
Cataneo fut à ce moment appelé à Rome et s'y rendit. Il y entreprit une nouvelle édition de Pline qui parut en 1518.
La première édition de Milan avait été naturellement dédiée à Giaffredo Caroli. Par une épître adressée à Jacopo Sadoleto, évéque de Carpentras*, camérier de Léon X et secrétaire des brefs, Cataneo lui fît hommage de la nouvelle édition de Rome et tenta de se disculper de ses anciennes attaches à Caroli. A ce propos, il revint sur l'histoire et les mérites de sa publication.
*' En comparant mon édition, dit-il *, avec celles qui avaient paru antérieurement à Venise en petits caractères, on ven'a
* Tiraboschi, StoHa délia liUeratura italiana, t. VU, lib. I, cap. 2, § 36 : " Favore e mnnificenza dei principi verso le lettere. *'
* Carpentras faisait alors partie du domaine du Pape*
3 Hkuerend. D. Iagobo Sadoleto, Episcopo Garpektoratensi,
lo. Maria Gatanaeus. S.
Emiseram iaropridem commentarios in eas Plinii Caecilii epistolas, quae forte tune impressae circumferebantur. Caeterum cum postea Romam venissem, ac cum
que nous avons rectifié plus de deux cents fautes. Nous en signalerons une, facile à constater : Nous avons divisé en deux lettres celle qui formait la troisième du X* livre, que Vignorance du correcteur avait réunies en une seule. ^
On avouera avec nous que ce qui forme l'objet de la communication de Pline à Trajan aurait tout aussi bien pu être énoncé dans une lettre que dans deux ; et nous ne voyons pas la grande importance de cette division.
Nous ne la signalerions pas si Cataneo, quoique d'une façon peu claire, ne laissait entendre une chose nouvelle, c'est qu'il avait fait cette rectification d'après des fragments d'un vieux manuscrit allemand qui lui auraient été communiqués.
Il dit en effet : " Lorsque je vins à Rome, je me liai avec Dominico Mamiliano, homme très actif dans la recherche des livres de texte ancien; il m'apporta plusieurs lettres à Trajan, copiées d'un très vieux manuscrit allemand, et en outre quelques-unes du même Pline à ses amis, non encore déchiffrées, qui faisaient partie du VHP livre. "
Cataneo, toutefois, encore ici, semble tenir à mettre sa responsabilité à couvert pour ce qui a trait à la correspondance avec Trajan. Il picnd soin de déclarer qu'il n'a pas eu sous les yeux les lettres originales qui lui ont servi à faire les rectifications dont il parle. C'est un de ces hommes très
Dominico Mamiliano viro in libris antiquao lectionis pcrqui rendis diligentissimo bencuolontiam contraxissem, descriptas mihi do votustissimo codice germanico pluros ad Traiaimm, & insupor quasdain eiusdem Plinii ad amicos epistolas legendas obtulit, quae de libro octauo cxcideranl : is antom pcruerso lune ordine nonus imprimebatur, ubi nos etiam tum conieclura fueramus assocuti ipsas interceptas fuisse : quapropter leotorcm eo loco istud dare admonueramus. Itaque ne illae amplius lanquam corpus mancum oberrarent, & inuentas pariter interpretandas, & loco suo omnos imprimcndas studuimus : addilis praelerea, & immutatis quibusdam in superioribus commcntariis, quae necessaria, aut meliora videbantur: in quo perficiendo adiutoribus vsi sunius viris doctissimis Tboma Phaedro, Baptista Pio, & Andréa Alciato : quibus eo magis dcbemus, quod in huiusmodi ofilcio nobis alacritcr, & praesto affuere : quodquc plerique alii praestantcs doctrina viri, quos suppliciter rogaueramus, operam suan aperte vel non praestiteruut, vel differendo subterfugei*unt. Accessit ad curam nostram carundem episto-
actifs dans la recherche de matières à vendre aux imprimeurs comme il y en avait tant alors, Mamiliano, qui lui en a porté des copies; et il n'ose même pas préciser, il ne dit pas à quelles lettres elles se rapportaient.
Or, comment expliquer que Cataneo, en quête d'un manuscrit pour authentiquer sa publication, n'ait pas tenu à posséder ou à avoir en communication celui que Mamiliano prétendait avoir eu en main? Une telle déclaration doit être tenue pour fort suspecte. Aussi Keil déclare-t-il que Cataneo, aussi bien à Milan qu'à Rome, ne s'est servi que des éditions vénitiennes.
On devait d'autre part penser que Aide et ses amis auraient pris un soin extrême à conserver le parchemin qui était la justification de leur loyauté, la sauvegarde de leur honneur. A une époque où toutes les villes, toutes les corporations, tous les riches particuUers formaient des musées et des collections, Venise ne voulait pas se laisser distancer par ses voisines. Le Sénat envoyait ses agents rechercher dans tous les pays marbres, médailles, inscriptions pour former ses musées. Il semble doûc qu'on n'aurait pu manquer de recueillir et conserver un pareil manuscrit, un manuscrit imique écrit en caractères curieux et qui, disait-on, remontait au temps de Pline.
larum antiquissirai codicis Pontificii, qui cum libris quinque Cornelii Taciti nuper inuentis coniunctus fuerat, per Philippum Beroaldum luniorem elegantis doctrinae virum inspiciendi facultas : quibus omnibus effectum est, vt in praesentia clariores & emendatiores quam unquam antea in lucein vehiant. Ab ipsis enim, si doctus aliquis eas conférât cum iis, quae Venetiis impressae minutioribus literis fuerunt, supra ducentas maculas (vt arbitror) abstersas deprendet : vt vnam ex omnibus manifestissimam referamus ex epistola tertia, libri decimi duas effectas, cum eas supina correctoris ignorantia in vnam congessisset.Verumenimuero non satis est recuperare venerandae vctustatis exemplaria, nisi etiam simul adsit acre emendatoiis iudicium : quoniam & veteres librarii in voluminibus describendis saepissime falsi sunt, & Plinius ipse scripta sua se viuo deprauari in
qoadam epistola demonstrauerit
Romae Idibus Martiis, M. D. XVHI.
Ili PKîisfccrTioN DES cHnfrTiENS sous NÉnON.
(!*<Muil aussi pour (ont savant un désir Intime, nous dirons nu^nH* un «lovoir, do pi'endœ communication de ce manuscrit afin do constater sa provenance, la date de sa CDUloclion cl contrôler la locluro qui en avait été faite. Or qut»l iw doit pas tMro rôlonnomenl d apprendre qu'il n'a été iUumô do lo MHv à aucun siivanl indéjH^ndant du xv« ni du XVI* sicijt\ ot quil avait ôtô dôclarô perdu presque aussitôt la publication qui on avait ôtô faite.
Nous no civyons pas qu'on soit fondé à affirmer que Guillauiuo lUidc, on citant dans sos Anfwtations sur les Piindectes dos*pa<sa^os tiivs dos lottros île Pline à Trajan, les ait pris sur \c manuscrit antique lui-même. Il nous dit bien, il o<t vrai: Aov< inte'jntm fenne Plinium habemus : primutn npHi.l Piin^i^ios repertutu opéra [ucondi sacerdotis, hofninis iinti'iU'irii 'it\'hitedi'iue fiimijeniti^. Mais son édition est vlo ir<^, do l'année même «le la publication de Aide, et celui-ci convient qu'il avait eu deux ans au|Kiravant en sa poss^*ssioa les copit*s de J^.'i-onde. lh\ Bu'lé était trt*s lié avtv -e rWr*: Jvvonde-, nous apptvnd Ti:iilH>schi. et n*oub;i';:*< iM^ îî-.rî i'!u< -[ue A!ie a ■iecLiiv {mo les caractèrer? du u:jrri<c:il 'e :t!i.i.i:c*:: iîî kvhirtVuMe pou:' ceux qui n'étaient
K:\ >: >-•"'•.•>» .;:'\vi*>:arî^v<, •' ''^.^ ':*'•.:< M:V'iMe pas possible •i*U'i:::eU:e [«^r- im .ivvu'uet;^ ■•>i:<4.MMi. *e ■ me correspondance ,{iiL .ruiK' |Mii, n^nîcrrfc 1 va*:c^-;ir i": :; vrai se rnb lances eiqui, .l\iu(îc |Mt!. nr v'»|.pn:.- <:i- ricii'ie .ri:.; r>e certaine.
M.u,. iwMi, y\r, \ i «Mj jM-ni .l'c, r.r- ! Accuser Aide de inaiix n,.* Km ' f.'Mr n\->i p.»ti: •^^■- " ^^r:^ r\ et IL n'y a d'.iillrni , |M. \\r\\ -l'* '«* 'oir N.'iis •• î'<ru-^;K< 'es misons qih ivMii JviiU^r ,|uc le -livunic '!\-e ic^ L.'îjre* de Pline
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soit authentique, et nous n'allons pas plus loin. Une erreur peut être constatée sans qu'on ait les éléments nécessaires pour établir quelles causes Tout amenée et déterminer à qui en incombe la responsabilité.