‹ Etudes au sujet de la persécution des chrétiens sour NéronChapitre 19 sur 43 · PLINE A-T-IL ÉTÉ GOUVERNEUR DE BITHYNIE · texte numérisé non relu

PLINE A-T-IL ÉTÉ GOUVERNEUR DE BITHYNIE

Pour que Pline d'ailleurs ait adressé à Trajan des lettres datées de Bithynie, il faudrait nécessairement qu'il y eût été envoyé en qualité de gouverneur.

Or, est-il certain, est-il même vraisemblable que Pline ait jamais été dans cette province asiatique? Pour nous, l'étude de cette question nous a amené à penser qu'il se pourrait fort que cette mission dont Pline aurait été chargé par Trajan ait été tout aussi bien imaginée que leur correspondance.

Voici les raisons sur lesquelles se fonde notre opinion.

Dans l'examen de cette question, le premier point à déterminer est celui de savoir à quelle époque de sa vie Pline aurait exercé le proconsulat sur les bords du Pont-Euxin.

Écoutons Tillemont :

" Ce que nous venons de dire, écrit-il', et d'autres misons encore, font voir qu'on ne peut mettre plus tôt que sur la fin de l'année 103 la commission qu'eut Phne pour aller gouverner le Pont et la Bithynie; et il serait aussi difficile de la mettre plus tard que l'année suivante, étant certain qu'après y être arrivé le 17 septembre, il y est demeuré environ dixhuit mois au moins ; que Trajan a été à Rome une partie de ce temps-là, et que Pline même était à Rome dix ans après

* Histoire des Empereurs, t. Il : Trajan» art. 15.

116 PEllSÉCUTION DES CHRÉTIENS SOUS NÉRON.

la mort de Verginius Rufus, c'est à dire en Tan 107, alors que Trajan était en Orient. "

M. Mommsen, de son côté, s'exprime ainsi sur le même sujet* :

" La correspondance de Pline avec l'empereur Trajan est, comme nous le savons, hidépendanle de la collection principaUy celle-ci rC ayant jamais compté plus de neuf livres...

" L'absence de points d'appui positifs pour la chronologie de cette correspondance officielle est connue et a occasionné les indications les plus différentes sur le gouvernement de la Bithynie par Pline...

"Nous ne trouvons dans la collection principale aucun indice du gouvernement de la Bithynie, ce qui, pour celui qui connaît les habitudes de Pline et qui sait combien de fois il rappelle son tribunat de guerre dans la Syrie et les affaires de la Bithynie, doit être une preuve que cette collection était déjà complètement publiée quand Pline reçut ce gouvernement... I^a collection principale ne pouvant pas avoir été linie avant l'an 108, le gouvernement de la Bithynie aura eu lieu plus tard... Finalement, ce fait que Trajan devait se trouve!' dans la cai)itale duiant le gouvernement de PliiKî, en place nécessairement Tépoque entre la période comprise entre la (in de la deuxième guerre dacique (107) et le commencement de la guerre parthique (1 13), temps durant lequel l'empereur resta à Bome, occupé principalement des grandes constructions en dedans et en dehors de la capitale."

Mettant alors sa vaste érudition au service de sa foi dans l'authenticité des lettres de Pline et de Trajan, l'illustre historien allemand les classe par ordre chronologique de septembre de l'an 111 à janvier de l'an 113.

* Hermès, Zeilschrift fur classische Philologie, Berlin, 18()8. Chronologie de la Correspondance de Pline et de Trajan, p. 5îi.

Il est évident qu'on ne saurait placer à aucune époque antérieure l'envoi de Pline en Asie, et que l'hypothèse de M. Mommsen est non seulement plus plausible que celle de Tillemont, mais qu'elle est la seule acceptable.

Pline, en effet, dans ses Lettres, nous entretient de tout ce qui lui est arrivé, de toutes les charges qu'il a occupées,

de tous les honneurs qu'il a reçus, et il ne dit pas un mot de son proconsulat en Asie, il n'y fait jamais la moindre allusion; les occasions cependant ne lui ont pas manqué; elles lui en auraient même parfois fait presque une loi * : on est forcé de conclure qu'il aurait été dans sa province dans les dernières années du principat de Trajan.

Nous devons nous demander maintenant quel intérêt aurait eu Pline à rechercher ou à accepter le proconsulat de Bithynie.

Le poste de gouverneur de province était ambitionné par deux sortes de personnages, par ceux qui comptaient trouver dans l'exercice de ces fonctions les moyens de faire ou de rétablir leur fortune, ou par ceux à qui le manque d'éloquence ou de talents ne permettait d'occuper à Rome qu'un rang secondaire. Pline n'était dans aucun de ces cas.

Il était riche, généreux, et en même temps bon administrateur de ses deniers; il n'aimait pas la dépense et l'ostentation; ses goûts étaient modestes, ses besoins faciles à satisfaire*. En fût-il autrement, il pouvait obtenir légalement et honorablement des votes du Sénat ^ ou de la faveur du Premier des sommes plus considérables qu'il n'en aurait acquis en quaUté de proconsul. D'ailleurs l'honorabilité de

^ Ainsi, dans la défense de Bassus, dans celle de Varenus, dans ses conseils à Tiron, Utires, IV, 9; V, 20; VI, 13; VII, 6; VII, 10; VJ, 22; VII, 16; IX, 5. « Lettres, 1, 19; H, 4; III, 19; VI, 32; VU, 18. » 7<J., VII, 29.

son oîiimctère, tel qu'il ressort de ses lettres, ne permet pas de lui attribuer de pareils mobiles de conduite.

D'autre part, Pline, par son savoir, par le renom et Testime dont il jouissait, était, nous l'avons dit, un des sénateurs les plus écoutés et les plus influents dans la Curie*. Or sous Trajan le Sénat avait reconquis la souveraineté légale de l'Empire. Le Prince ne présidait plus la sacix)-sainte Assemblée assis, comme au temps des Césars, entre les deux consuls qui semblaient lui être inférieui*s en dignité; c'étaient les consuls qui, comme aux jours anciens, dirigeaient les débats, et le Prince ne i)renait la présidence que lorsqu'il était lui-mcmc consuP. Pline se trouvait donc un des plus puissants personnages de Romo^.

Son patronage, il faut le rappeler ici, était recherché par les personnages politiques, par les villes, par les provinces. Il avait dans sa clientèle rAfricpie*, la Béticjue^, la ville de Firmium^. Il était ainsi chargé de la défense des intérêts et des droits des populations de ces contrées. Il avait en conséquence la mission de requéiir la condamnation des magistrats qui avaient mal administré ou qui avaient abusé de leur autorité. Les proconsuls eux-mêmes sollicitaient son intervention au Sénat contre les accusations dont ils étaient l'objet au sortir de leur charge''. Sa situation était supérieure à celle d'un gouverneur de province.

Il remplissait d'importantes fonctions à Rome. Il avait la haute surveillance de la navigabilité du Tibre, de l'entretien

* Lettres, IV, 9; H, il : "J'ai souvent parlé devant le Sénat; nulle part même je ne .suis plus favorablement écouté. '*

* Id., n, 11 : " Princeps praesidebat; erat enim consul. "

• Id„ I, 7.

♦ Id., Il 11.

» W., I, 7; m, 4; VU, a3.

• id., VI, 18.

' Id,, IV, 9; V, 20.

des quais et des égouts. Il faisait partie du Collège des Augures*, c'est à dire du grand conseil scientifique et religieux de FEmpire.

On n'a d'ailleurs qu'à lire les lettres qu'il adresse à ceux de ses amis qui ont obtenu des gouvernements, pour reconnaître qu'il n'aspire point à descendre au proconsulat.

Il écrit à Maxime * :

" Mon amitié pour vous m'oblige, non pas à vous instruire, car vous n'avez pas besoin de maître, mais à vous avertir de ne pas oublier ce que vous savez déjà, de le pratiquer, ou même de travailler à le mieux savoir. Songez que vous allez dans l'Achaïe, c'est à dire dans la véritable, dans la pure Grèce, où, selon l'opinion commune, la civilisation, les lettres, l'agriculture même ont pris naissance; songez que vous allez gouverner des cités libres, c'est à dire des hommes vraiment dignes du nom d'hommes, des hommes hbres par excellence, dont les vertus, les bienfaits, les alliances, les traités, la religion ont eu pour principal objet la conservation du plus beau droit que nous tenions de la nature... Je dirai plus : vous avez à vous mesurer avec vous-même. Vous avez à soutenir l'excellente réputation que vous avez acquise en Bithynie dans la charge de questeur , l'estime du prince, l'honneur que vous ont fait les charges de tribun, de préteur, et enfin cette légation, qui est pour ainsi dire une récompense... "

Il écrit à Tiron ' :

" Il vient de se passer une chose qui intéresse grandement ceux qui sont destinés au gouvernement des provinces et qui se livrent aveuglément à leurs amis... Je vous écris ceci

* Lettres, IV, 8.

* Id., Vni, 24.

» Jd,, VI, 22.

pour VOUS avertir que dans le gouvernement où vous êtes appelé, vous devez compter sur vous-même plus que sur tout autre, et en môme temps pour vous apprendre que si Von venait d vous tromper, ce qu'à Dieu ne plaise, vous avez ici un vengeur tout prêt. Mais prenez garde de n'en avoir pas besoin, car il est moins satisfaisant d'être vengé que fâcheux d'être trompé. "

Ailleurs*, il écrit au même ami :

" Continuez, car je m'en informe, de rendre la justice aux provinciaux avec beaucoup d'humanité. "

Il parle, on le voit, en homme dont la position est supérieure à celle de ses amis, qui est au centre des affaires, à Rome, et qui ne songe pas à s'en éloigner.

Ce n'étaient point seulement les avantages de sa situation politique qui le retenaient à Rome; ce qu'il avait à cœur surtout, c'était le soin de sa gloire littéraire. On le volt dans presque toutes ses lettres.

** Vous me demandez ce que je fais, écrit-il à Saturninus : je me livre aux occupations que vous connaissez, je m'emploi(î pour mes amis, je donne quelques heures à l'étude. C()mhi(în il me serait plus doux de les y consacrer toutes^!" il avait rambitioii d*égaler dans l'art oratoire Démosthènes (»t (jcéroii; il voulait être un Thraséas^. On constate avec (|uels senlimciits de contentement il parle "des transports d'aïliniratioîi do ses auditeurs, de leurs applaudissements et (1(^ leur silence même, causé par l'attention et l'impatience d'enteiidnî la (in du discours^! " En tel cas, où trouver un auditoire» |)ar(ûl au Sénat? Où trouver ailleurs qu'à Rome des amis dont les suffrages lui fussent si précieux?

1 Lettrée, IX, 5.

• Id., vu, 15; I, 10.

» 7rf., I, 2;1V, 8; VI, 29.

♦ Id., II, 10.

Pline n avait donc aucun intérêt à accepter le gouvernement de Bithynie. Aussi il en aurait été, dit-on, chargé malgré lui. Mais de quel droit et pour quels motifs le prince ou le Sénat lui aurait-il imposé cet exil ?

Pline était au nombre des amis et des conseillers de Trajan*. Celui-ci devait, ce semble, le garder près de lui quand il séjournait en Italie ; et quand il s'absentait, il devait tenir encore à laisser à Rome un homme qui était tout à son dévouement et en même temps si influent dans le Sénat.

Des circonstances exceptionnelles auraient donc seules pu motiver le départ de Pline pour la Bithynie.

Tillemont* nous dit : '^11 y avait été envoyé exprès parce qu'il y avait beaucoup de choses à' réformer, et Trajan crut avoir fait une grande grâce à ces peuples de le choisir pour les gouverner. Aussi croit-on qu'il y fut moins comme simple gouverneur que comme un commissaire extraordinaire, avec un pouvoir particulier. "

Mais en pareil cas la mission de Pline ne pouvait être de longue durée; après l'avoir accomplie, il devait se hâter de rentrer à Rome ; et d'autre part s'il avait eu quelque mission importante et délicate à remplir, il l'aurait fait connaître. Or sa correspondance avec Trajan nous montre, au contraire, qu'il n'aurait eu à s'occuper que d'infimes détails, et que son séjour en Asie se serait prolongé au moins dix-huit mois. Donc l'hypothèse de Tillemont est toute gratuite et ne saurait servir à expliquer comment Pline aurait été envoyé en Asie.

1\ faut de plus remarquer que si Pline n'avait pu avoir ni

^ Lettres, H, 2. On voit, dans la séance du Sénat où il porta la parole contre Priscus, Trajan le faire avertir de ménager sa poitrine et ses forces. — IV, 22 : *' Interfui principis optimi cognitioni in consilinm assumptus." — VI, 31 : " Evocatus in consilium a Caesare nostro ad Centumcellas... Adhibebamur quotidie coenae. Sed mihi, ut gravitas cognitionum, consilii honor, etc. "

• Hiitoire des Empereurs, t. II : Trajan, art. 15,

désir ni intérêt à quitter Rome, il semble qu'aucun consulaire n'aurait été moins propre que lui à être envoyé en Bithynie. S'il eût fallu sévir, ce n'était point évidemment son affaire; s'il eût fallu pacifier, concilier, convaincre, celui qui en deux circonstances mémorables avait pris parti contre les Bithyniens devant le Sénat et le Prince, n'était point l'homme indiqué pour la circonstance.

Cependant rien n'est plus brutal qu'un fait; et quand il est certain, parfaitement établi, rien ne saurait prévaloir contre lui; qu'on puisse ou non l'expliquer, il faut l'admettre.

Demandons-nous donc s'il est des autorités qui établissent que Pline ait été gouverneur de Bithynie.

Les auteurs de V Histoire Auguste n'en disent pas un seul mot. On n'en trouve aucune trace dans l'abrégé de V Histoire romaine de Dion Cassius (ju'a fait Xiphilin. Or, le moine grec n'aurait certainement pas omis de l'apporter ce que Dion aurait dit d'un personnaj^e devenu célèbre dans l'Église chrétienne; et d'autre part, si Pline avait eu à remplir une mission dans la province natale de Dion, celui-ci ne l'aunût point passé sous silence. Rnj)pelons-nous, en effet, en quels termes il parle do Sovei'us. "Quant à Severus, dit-il *, Hadrien l'envoya en Rithynie qui n'avait point besoin d'une armée, mais d'un gouverneur juste et sage. Severus, qui possédait toutes ces qualités, régla et administra les affaires publiques et privées des Bithyniens avec tant de succès que nous nous souvenoiis encore de lai. Le Sénat reçut alors la Pamphylie en échange de la Bithynie, "

Tous les historiens profanes sont muets au sujet du proconsulat de Pline. Il n'en est question que dans les écrivains ecclésiastiques.

»/{i«(.ram.,LXIX, li.

TertuUien est le premier qui ait parlé de la lettre de Pline à Trajan et de la réponse du prince. Mais il n'a point fait connaître la province qu'il administrait, ni en quelle qualité il s'y trouvait. Il se borne à dire, nous l'avons vu : Cum provinciam regeret. Il a donc ignoré le nom de la province où se passaient des événements si gi'aves à tant d'yards pour la religion chrétienne. Nul doute, en effet, que, s'il l'eût connue, il l'aurait nommée. Mais alors, comment admettre qu'il ait eu sous les yeux le texte de la lettre sans savoir dans quelles circonstances elle aurait été adressée à Trajan? Il est ainsi évident que TertuUien n'a pas été précis à dessein et que le document dont il parle n'a existé que dans son imagination- Il invoquait probîiblement le nom de Pline parce que, après les condamnations que celui-ci avait fait prononcer contre les proconsuls de l'Afrique et de la Bétique, il était resté dans la mémoire des Carthaginois comme un illustre et vénéré patron.

Avant TertuUien, en effet, Justin n'avait pas dit un mot de cette affaire.

Après lui, Eusèbe, dans son Histoire ecclésiastique, fait à son tour mention de la lettre de Pline et de la réponse de Trajan ^ Or, que dit -il à ce sujet? Il se borne à traduire littéralement ce qu'avait écrit TertuUien, qu'il qualifie à cette occasion de jurisconsulte romain distingué; il n'y ajoute pas le moindre renseignement supplémentaire. Il appelle Pline le plus illustre d'entre les gouverneurs de province^ ci; nxivtov Sexsuv^ov ÏT.\r^^\}.i^zxzz^ Tf;Y£|i.dv(i)v ; mais il ignore complètement quelle province il administrait, en quel point de l'empire avaient eu lieu les faits qu'il rapportait sur la foi du docteur carthaginois.

Eusèbe avait cependant séjourné en Bithynie, assisté au

^ Histoire ecclésiastique, liv. UI, ch. 33.

concile de Nicée ; il se préoccupait sans doute alors de réunir des documents pour son Histoire ecclésiastiqtie. Il n'existait donc dans la contrée aucune tradition dans les municipalités, aucune légende dans les Églises au sujet de la mission de Pline.

Saint Augustin, qui avait assez longtemps séjourné à Milan, qui y avait pi-ofessé la rhétorique, qui s'était lié d amitié avec saint Ambroise, pour qui Pline n'était pas un inconnu et qui certainement avait eu dans ses leçons à parl^ de lui, saint Augustin ne dit pas un mot de son proconsulat en Asie ni de sa lettre à Trajan.

Orose, qui fut Tami de saint Augustin et de saint Jérôme et qui, après avoir parcouru TAsie-Mineure, rédigea sous l'inspiration et sous les yeux de Tévêque d'Hippone ses Historiae adversus paganos, Orose n'en sait pas plus que son maître. Comme Eusèbe, il ne peut que citer Tertullien; il ignore dans quelle province se seraient passés les faits qui auraient donné lieu à la lettre de Pline et à la réponse de Trajan*.

Ainsi, le proconsulat de Pline en Bitliynie, ce fait qui serait d'une si grande importance dans sa vie, a été complètement ignoré des historiens profanes et des écrivains ecclésiastiques. Il n'a été révélé que par la publication de cette correspondance avec Trajan, qui, à la surprise des savants, fut faite à la fin du xv® siècle par des imprimeurs de Venise. C'est le seul témoignage qu'on puisse invoquer à son appui,

1 Pauli Orosii Adversus paganos historiae, liv. VII, ch. il : " In persequendis sane Christianis errore deccptus, tertius a Nerone cum passim repertos cogi ad sacrificandum idolis, ac detrcclanles intcrfici praecepisset, pluriinique interficerentur, Plinii Sccundi, qui inler caetcros judices persocutor dalus fucrat, relatu admonitus coshomines praeler confessioncin Christi honostaque coiivcnticula nihil oonlrarium romanis Icgibiis faccro, fiducia sane innocentis confessionis nemini morte gravem ac foriiiidolosam videri, rescriplis illico lenioribus temperavit edictu."

' et ce témoignage, on en conviendra, ne saurait suffire pour en établir la certitude.

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