‹ Etudes au sujet de la persécution des chrétiens sour NéronChapitre 38 sur 43 · LE PASSAGE DE LA " VIE DE N^ROX · texte numérisé non relu

LE PASSAGE DE LA " VIE DE N^ROX

Nous avons maintenant à nous occuper du texte de Suétone, dont nous avions ajourné l'examen.

Nous lisons dans la Vie de Néron * :

Multa sub eo et animadversa severe et coercita, nec minus instituta : adhibitus sumptibus modus; jmblicae coenae ad sportulas redactae; interdictum ne qtiid in popinis cocti praeter legumina aut olera veniret, quum antea nullum non opsonii genus proponeretur ; afflicti si?ppliciis ghris-

TIANI, GENUS HOMINUM SUPERSTITIOXIS NOVAE AG MALEFICAE;

vetiti quadrigariormn lusus, quibus inveterata licentia passim vagaiitibus, fallere ac furari per jociim jus erat; pantomimoriim factiones cum ipsis simul relegatae.

"Nombre d'abus furent sévèrement réprimés et punis; " beaucoup de règlements furent aussi établis pour les pré-

* Néron, iC. •

yi

''venir; on mit des bornes au luxe; on réduisit les festins "publics à de simples distributions de vivres; on défendit

de vendre dans les cabarets des mets cuits, à Texception des légumes et du jardinage, tandis qu'on y servait aupa- " ravant toutes sortes de plats. "

Puis on arrive subitement à une affaire de haute gravité :

" On livra.aux supplices les chrétiens, sorte d'hommes " d'une religion nouvelle et funeste. ''

El aussitôt après, Ténumération des mesures de simple police recommence :

" On mit fin aux excès des cochers de char qui, profitant " d'une ancienne tolérance, se faisaient un jeu de voler et " de tromper en courant de tous cotés, etc. "

Nous remarquons d'abord que le motif donné à la persécution est tout autre ([ue celui que nous avons trouvé exprimé dans les Annales. Il n'est nullement question ici d'incendie, de rumeurs contre Néron, d'accusations qu'on aurait voulu faire retomber sur les chrétiens, de supplices atroces qu'on leur aurait inlhgés; ils auraient été frappées par mesure d'ordre public, à cause de leurs croyances religieuses ou des prati(iues de leur culte.

Si donc on admettait pour (^xact ce que nous lisons dans la Vie de Néron, il faudrait reconnaître que Suétone n'a pas connu les événements rapportés dans les Annales, et s'ils avaient eu lieu, il les aui'ait d'autant mieux connus qu'il avait été l'ami de Tacite et de Pline. Nous trouverions ainsi lans ce fait une nouvelle [ireuve (jue le chapitre attribué à Tacite ne peut être ((u'une interpolation.

Mais le texte de Suétone est-il plus authentique que celui de Tacite?

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