‹ Études au sujet de la persécution des Chrétiens sous NéronChapitre 39 sur 44 · LE PASSAGE DE LA " VIE DE NÉRON · texte numérisé non relu

LE PASSAGE DE LA " VIE DE NÉRON

Nous avons maintenant à nous occuper du texte de Suétone, dont nous avions ajourné Texamen.

Nous lisons dans la Vie de Néron * :

Multa sub eo et animadversa severe et coercita, nec minus instituta : adhibitus sumptibus modus; publicae coenae ad sportulas redactae; interdictum ne quid in popinis cocti praeter legurhina aut olera veniret, quum antea nullum non opsonii genus proponeretur ; affligti suppligiis ghris-

TIANI, GENUS HOMINUM SUPERSTITIONIS NOVAE AC MALEFICAE;

vetiti quadrigariorum lusus, qiiibus inveterata licentia passim vagantibus, f aller e ac furari per jocum jus erat; pantomimorum factiones cum ipsis simul relegatae,

"Nombre d'abus furent sévèrement réprimés et punis; ^' beaucoup de règlements furent aussi établis pour les pré-

* Néron, 46.

JJ

"venir; on mit des bornes au luxe; on réduisit les festins publics à de simples distributions de vivres; on défendit

de vendre dans les cabarets des mets cuits, à l'exception " des légumes et du jardinage, tandis qu'on y servait aupa- " ravant toutes sortes de plats. "

Puis on arrive subitement à une affaire de haute gravité :

" On livra aux suppuges les chrétiens, sorte d'hommes " d'une religion nouvelle et funeste. "

Et aussitôt après, l'énumération des mesures de simple police recommence :

*' On mit fin aux excès des cochers de char qui, profitant " d'une ancienne tolérance, se faisaient un jeu de voler et " de tromper en courant de tous côtés, etc. "

Nous remarquons d'abord que le motif donné à la persécution est tout autre que celui que nous avons trouvé exprimé dans les Annales. Il n'est nullement question ici d'incendie, de rumeurs contre Néron, d'accusations qu'on aurait voulu faire retomber sur les chrétiens, de supplices atroces qu'on leur aurait infligés; ils auraient été frappés par mesure d'ordre public, à cause de leurs croyances religieuses ou des pratiques de leur culte.

Si donc on admettait pour exact ce que nous lisons dans la Vie de Néron, il faudrait reconnaître que Suétone n'a pas connu les événements rapportés dans les Annales^ et s'ils avaient eu lieu, il les aurait d'autant mieux connus qu'il avait été l'ami de Tacite et de Pline. Nous trouverions ainsi dans ce fait une nouvelle preuve que le chapitre attribué à Tacite ne peut être qu'une interpolation.

Mais le texte de Suétone est-il plus authentique que celui de Tacite?

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