Baldensperger, Der Prolog des vierlen Evangeliums
Baptiste comme le Messie ; mais ils le considéraient comme le vrai prophète du royaume à venir; on doit les prendre pour une secte juive, qui pouvait aisément faire cause commune avec le judaïsme officiel contre le christianisme» Les disciples de Jean que saint Paul à rencontrés à Éphèse n’avaient pas tous connu le Précurseur et ne venaient pas de Palestine ; une propagande religieuse fut faite sur le nom du Baptiste après sa mort; nous en retrouvons des traces en Asie vers l’an 50, et l’existence de la secte à cette date n’est pas douteuse 1 ; qu’elle ait eu encore un assez grand nombre de représentants dans le même pays vers la fin du premier siècle, nous n’avons pas lieu d’en être surpris, et ce sont plutôt pour nous de vieilles connaissances.
Si les disciples de Jean formèrent une secte, il n’en est pas de même des chrétiens que saint Épiphane a dénommés Àloges, et qui, pour enlever aux montanistes les témoignages que ceux-ci pensaient trouver en leur faveur dans les écrits johanniques, attribuèrent le quatrième Évangile et l’Apocalypse à Cérinthe. Leur opinion fut repoussée, mais on ne voit pas qu’ils aient formé groupe en dehors de l’Église; après eux, le prêtre romain Caïus a pu dire que l’Apocalypse était de Cérinthe, sans être pour cela taxé d’hérésie. Il est évident que, de leur temps, le canon évangélique n’avait que la force d’une tradition respectable, non la consistance d’un dogme. Au lieu de les présenter comme des hérétiques, ce qu’ils ne furent probablement pas, il aurait fallu dire que leur opinion touchant l’origine de l’Évangile et de l’Apocalypse semble avoir été inspirée uniquement par des préjugés d’ordre théologique, ces écrits ne devant pas, selon eux, être d’un apôtre, mais d’un hérétique, puisque les hérétiques