Edition française, Paris, Picard
OPINIONS CATHOLIQUES SUR l'ORIGINÉ DU PENTATEUQUE 197
dans la compilation n'atteste plus que l'effort du rédacteur pour ne rien laisser perdre des éléments traditionnels qu'il avait à sa disposition. Un exemple topique de ces incohérences, que la distinction des sources fait disparaître, est celui d'Agar, qui, si Ton suit la narration composite de la Genèse*, aurait porté sur ses épaules à travers le désert, avec le pain et Toutre d'eau que lui avait remis Abraham, son fils, alors âgé d'environ dix-sept ans-. L'invraisemblance disparaît dès qu'on restitue les données chronologiques à la source d'où elles proviennent, pour ne considérer que l'ancien récit où Ismaël était présenté comme un petit enfant, un peu plus âgé qu'Isaac. Les enlèvements de Sara et de Rébecca, incroyables à l'âge que leur supposerait le récit mêlé, s'expliquent de la même manière.
Ce sont les doubles récits que la compilation a retenus sans les combiner, les deux récits de la création, les deux expulsions d'Agar, les rapts de Sara et celui de Rébecca, et autres semblables, qui permettent de connaître l'esprit et la langue d'un document. L'expérience est facile à faire sur les deux récits de la création, que chacun des auteurs a représentée à sa manière, en employant des mots différents pour désigner Dieu et l'action de créer. Par le groupement des récits complets de même-