Cf. Gen. xvii, 24-25 ; xxi
esprit et de même style, on reconstitue la physionomie caractéristique des documents qui les ont fournis, et Ton peut démêler ensuite, dans les récits composés, où les textes anciens ont été amalgamés de façon à laisser subsister des hiatus, des contradictions apparentes et des redondances, les éléments qui proviennent de telle ou telle source déjà connue. Il est inévitable que, dans ces cas, la critique des détails ne comporte pas toujours de conclusions cerlaines. Mais on doit dire aussi que Taccord des principaux exégètes de notre temps sur l'ensemble de cette analyse littéraire, accord dont on peut vérifier Tétendue réelle dans les tables synoptiques annexées au livre de M. Holzinger^ ne laisse pas d'être significatif.
Pour les lois, rien n'est plus aisé que de comparer, au point de vue du fond et du vocabulaire, les trois recueils que forment respectivement le Décalogue avec le Livre de Talliance '^, le Deutéronome, la législation lévitique. Le style du Deutéronome est très nettement caractérisé par rapport à celui des autres recueils législatifs efl des récits historiques ; de même celui du code lévitique se distingue à la fois du Deutéronome, du Livre de Talliance et des éléments législatifs de la plus ancienne histoire sainte. Le Livre de l'alliance permet
\. EinleUung in den Hexaieuch. Leipzig, 1893. 2. Ex. xx-xxiii.
OPINIONS CATHOLIQUES SUR l'oRIGINE DU PENTATEUQUE 199
de sacrifier, sur un autel de terre ou de pierres non taillées, partout où le Seigneur a établi le souvenir de son nom ^ ; le Deutéronome '^ adjure les entants d'Israël de ne plus sacrifier ailleurs que dansTendroit choisi par Dieu entre toutes les tribus, c'est-à-dire à Jérusalem ; la législation lévitique ne connaît qu'un autel de bois recouvert d'airain, qui est « l'autel », en dehors duquel on ne conçoit pas que des sacrifices puissent être offerts.
En multipliant les observations de ce genre, dont chacune est un argument probable en faveur de la pluralité des sources, la critique a pu conclure, avec une certitude morale, que l'Hexateuque n'est pas un livre homogène, que c'est une compilation dont les éléments n'ont pas été digérés, mais plutôt soudés ensemble par un procédé très rudimentaire de juxtaposition ou de combinaison qui permet de les reconnaître et même de restaurer, jusqu'à un certain point, les documents primitifs.
M. von Hûgel regarde comme fondée la classification générale des sources qui est adoptée par les critiques, et qui se résume dans la formule graphique, J, E, D, P : J,. l'histoire iahviste, qui commence avec le second récit de la création et qui emploie dès le début le nom de lahvé pour désigner Dieu ; E, l'histoire élohiste, dont les premières traces certaines