Cas d'Hénoch, d'Élie
l'espérance messianique d'après ERNEST RENAN 277
besoin de la conscience israélite après l'exil, et surtout pendant la période troublée qui se termine par la persécution d'Antiochus, la résurrection est entrée dans le programme messianique comme un élément indispensable, non seulement de la justice, mais de la protection de Dieu à Tégard d'Israël. Elle y entra comme naturellement parce qu'elle était dans l'analogie de la tradition israélite, qui ne connaissait pas encore et n'accueillit que plus tard la notion grecque de l'immortalité de l'âme ' .
Le logicien scolastique toujours vivant en Renan affirme encore, de la façon la plus absolue, que la croyance à la résurrection naquit d'un raisonnement inéluctable, au plus fort de la persécution d'Anliochus. « Le martyr, aurait dit Daniel, n'est pas récompensé ici-bas. Il est récompensé, cela est indubitable ; donc il est récompensé dans une autre vie, dans un autre monde. Il y a une autre vie, un autre monde, où se réalisera le règne de Dieu'-^. » Or il se trouve justement que Daniel ne parle ni d*autre vie ni d'autre monde, mais seulement du retour à la vie, à une vie sans fin, des justes qui dorment dans la poussière et qui doivent rejoindre ceux qui demeurent actuellement sur la terre. Aucun raisonnement n'est fait à l'appui de cette assertion.
1. On ne trouve pas cette notion avant le livre de la Sagesse, et Teschatologie du Nouveau Testament reste dominée par l'idée juive de la résurrection.