‹ Études bibliquesChapitre 11 sur 34 · IL · texte numérisé non relu

IL

ff» ÉTUDES BIBLIQUES

encore dans l'état de nos mœurs et de nos institutions modernes..

Il n'y a à cela qu'une explication raisonnable, et c'est un prophète qui nous la suggère : « Je vis, dit Ézéchiel, le Seigneur, porté sur son char, s'avancer vers le nouveau temple bâti sur la sainte montagne. Les pièces de ce char mystérieux n'étaient point unie^ ni mues par machines et par ressorts ; mais elles étaient pleines de l'esprit vivificateur qui en était l'unique lien et l'unique mobile; quatre chérubins offrant l'aspect d'un bataillon carré en étaient la partie principale et portaient le Seigneur sur leurs ailes étendues. Afin d'obéir sans aucun retard à l'impulsion qui leur était communiquée, et de se mouvoir avec une égale facilité vers les quatre points du ciel, sans jamais se détourner pour prendre une direction nouvelle, ils avaient quatre têtes, quatre ailes et des membres inférieurs flexibles en tous sens. Les roues placées au-dessous des coursiers étaient formées de deux cercles égaux et concentriques qui se coupaient à angles droits. Le même Esprit qui animait les chérubins vivifiait aussi les roues. Tout était mû par une seule et même force vitale, et cette force était celle de Dieu. » Voilà l'Église, libre dans les fers, étendant ses conquêtes vers les quatre vents du ciel, toujours unie par la puissance de l'Esprit qui la possède, et toujours vivante parce que cet Esprit ne meurt point.

Le même prophète qui nous a montré le Fils de Dieu porté sur ce char glorieux pour prendre possession de son temple et de son royaume, nous rapporte encore une autre vision. Du côté droit du temple et de ses fondations sortait une eau limpide, un faible ruisseau qui s'écoulant dans la vallée grossissait à vue d'œil»

ORIGIiN!':S DU CHRISTIANISME S89

et devint un fleuve qu'on ne pouvait traverser qu'à la nage. Cette eau, après avoir arrosé la Palestine, alla se décharger dans la mer Morte, dans ce lac fameux par les souvenirs de Sodome et par l'insalubrité de ses eaux, où. nul être vivant ne se conserve. Ce fut le remède à côté du poison. L'eau pure, en se mêlant aux eaux amères, en corrigea si bien l'amertume et les miasmes pestilentiels, que la vie succéda soudain à la mort, et qu'une incroyable abondance de poissons se joua dans les abîmes et sur les bords du lac assaini. Il ne faut pas chercher longtemps le sons de cette allégorie. L'humanité sainte de Jésus-Christ, son âme et son corps sacrés sont le vrai temple de sa divinité. De son côté droit percé par la lance sort, avec l'eau du baptême, l'eau invisible de la grâce qui arrose et fertilise la terre. Cette eau traverse d'abord la Palestine, car ce fut là que l'Évangile fut prêché en premier lieu, et que le baptême forma le premier troupeau de fidèles. Mais bientôt elle se répand plus loin, et se décharge enfin dans la mer Morte ; ce qui veut dire que la grâce atteint un monde plus vaste que l'Océan, noyé dans une mer d'ignorance, d'abomination et d'ignominie. Ces grandes eaux du siècle, si stériles et si corrosives qu'aucun germe ne s'y développait, sont guéries, purifiées et fécondées par la puissance de ce contact, et les chrétiens régénérés par le baptême offrent l'aspect de la vie, de la joie, de la fécondité et du bonheur dans ces mômes lieux où la mort avait dressé son trône et son empire.

Les incrédules ont sous les veux ces merveilles, sans les voir. Dieu préserve ses enfants d'un si funeste aveuglement 1 que jamais l'attrait d'une vue philosophique et l'espoir trompeur de pénétrer plus avant

dans l'histoire, n'affaiblissent à leurs yeux tout ce qu'il y a d'inexplicable, d'évidemment surnaturel et divin dans la puissance de la grâce, dans l'œuvre de Jésus- Christ et dans la vie de l'Église, leur mère et son épouse immortelle!

SECTION DEUXIÈME

EXAMEN CRITIQUE d'uN LIVRE INTITULÉ : LES APOTRES

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