‹ Etudes biographiques pour servir à l'histoire des sciencesChapitre 18 sur 23 · BERNARD COURTOIS · texte numérisé non relu

BERNARD COURTOIS

AlUTEDR DE LA DiCOUVERTB DE L^IODB.

Llntérét qui s'attache à Torigine des grandes découvertes n'est pas sans analogie avec celui qui nous porte à rechercher les premiers moments de l'existence des hommes célèbres. Après l'histoire des nations et des personnages éminents^ rien n'est^ en effets plus curieux que celte des choses utiles. On aime à connaître le point de départ d'dne découverte capitale et les phases par lesquelles elle a passée depuis le hasard ou la première observation qui l'a mise en lumière^ jusqu'à ses derniers développements. L'histoire des sciences devrait avoir aussi son livre d'or^ car les nations^ comme les individus^ ont intérêt à connaître les origines et les dates^ en tout ce qui se rapporte aux annales de la civilisation.

Il y a plus de quarante ans que l'iode a été découvert^ et^ depuis cette époque^ l'étude de ce corps intéressant n'a pas cessé d'être l'objet des recherches des chimistes les plus distingués. Il semble que chaque jour ait fait reconnaître quelque nouvelle propriété^ quelque nouvelle application de l'iode à la chimie^ à la médecine^ aux arts^ à rindustrie. L'étude d'aucune substance n'a été poursuivie

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avec plus de persévérance ; elle offre peut-être Punique exemple d'un corps nouveau^ sur lequel; après un si petit nombre d'années, il semble qu'il ne reste plus rien à dire ; et toutefois^ la science s'en préoccupe toujours avec la même ardeur. A l'heure qu'il est, il fofme encore le sujet de plus d'une investigation^ potir ainsi dire^ obstinée. D'abord, découvert uniquement dans les eaux mères de la soude de varecs, on le trouve maintenant dans presque tous les corps de la nature ; entièrement ignoré jusqu'à l'année 4813, il se montre aujourd'hui^ sinon aussi abondant, au moins aussi répandu que les corps élémentaires qui figurent le plus généralement dans les substances naturelles.

L'histoire de toutes ces recherches est bien connue dé tous ceux qui s'occupent de chimie et des arts qui s'y rattachent. Ce qui Test beaucoup moins, ce sont les détails relatifs à sa première découverte, et surtout à l'histoire du savant modeste à qui nous la devons.

Bernard Courtois naquit à Dijon, en 1777. Son père était préparateur du cours de chimie que Gujtpii-Morveau j[)rofessait dans cette ville, où il exerçait en même temps de hautes fonctions de magistrature. Courtois père avait établi, l'un des premiers^ une nitrière artificielle^ qu'il exploita pendant plusieurs années et qu'il céda^ vers la fin de sa vie, à son fils aîné; circonstance qui explique la prédilection de Bernard pour ce genre d'industrie. Celui-ci, à l'âge de dix-huit ans fut placé à Auxerre dans la pharmacie de M. Frémj , père de M. Frémy de Versailles et aïeul de M. Frémy, aujourd'hui professeur de chimie au Muséum. Son apprentissage terminé, Bernard Goartois vint à Paris où, sur la recommandatîoD de

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