‹ Études bouddhiquesChapitre 42 sur 81 · Voir une grande lumière, semblable à l’éclat de l’or · texte numérisé non relu

Voir une grande lumière, semblable à l’éclat de l’or

C’est ainsi que Manjuçri-Kumâra-Bhûta expliqua l’enchaînement de la loi des quatre Nirahâra, et le fils de dieu Çribhadravat, content, satisfait, ravi, joyeux, le cœur allègre, voulant faire une offrande à rassemblée et à Manjuçri-Kumâra-Bhûta, fit à toute l’assemblée une offrande de fleurs divines de mandâra, d’utpala, de lotus, de lotus rouges, de lotus blancs; ces fleurs furent semées sans interruption. Alors par la puissance du Buddha, dans l’atmosphère supérieure, des fleurs de lotus, en aussi grand nombre que les jantes des roues d’un cbar, agréables à voir, odoriférantes, allant au cœur, apparurent. Au cœur même du centre de ces fleurs, des corps de Bôdhisattvas ornés des trente-deux signes du grand homme ' apparurent également. Alors le

* Pour tes trente-deux signes du grand homme, voir Rgya-tch’errol-pa, p, 107 ; Lotus de la bonne loi, p. 553, et Trigl. bouddh.

fils de dieu Crîbhadravat dit à Manjuçrî-Rumâra- Rhùta : « Manjuçrî, d’où ces Bôdhisattvas sont-ils venus ?» — Manjuçrî reprit : «Fils d’un dieu, d’où ces fleurs sont-elles venues elles-mêmes?» Le fils de dieu répondit: «Manjuçrî, ces fleurs sont des apparitions surnaturelles. C’est moi qui les sème en vue de te faire une offrande. » Manjuçrî repartit : «Fils d’un dieu, de même que ces fleurs sont en forme d’apparitions surnaturelles, ainsi en est-il de la vision de ces Bôdhisattvas. »

Ensuite, en ce temps-là, Bhagavat fil un sourire L

Or c’est la règle que dans le temps où les bienheureux Buddhas font un sourire, de la bouche^ de Bhagavat sortent des rayons de diverses couleurs, de toute sorte de couleurs, tels que bleus, ou verts, jaunes, rouges, blancs, couleur de pavot, couleur de cristal. Ces rayons, ayant pénétré de leur éclat les régions infinies du monde, et s’étant manifestés dans les régions supérieures au sein du monde de

’ Sourire, le mot hdzum désigne, soit le sourire, soit le clignement d’œil. Ici c’est bien par « sourire ou rire » qu'il faut traduire : smitamen sanscrit. Les effets du rire des Buddbas sont longuement et fréquemment décrits dans les livres bouddhiques, notamment dans r Avadâna-çataha et le Divja Avadâna : Burnouf a traduit un de ces passages qui se ressemblent beaucoup entre eux [Introd. à L’Iiist. du Buddii. ind. p. 201 ). Les effets du rire des Buddbas sont également décrits, et dans les mêmes termes, dans le Didva,l, fol. i33-i35. 1 " section du Bhah-liÇjyur. — Dans la traduction du Brahma çrivjâkarana(Bevue orientale, VTannée, 348, 349), j’ai traduit /idn/m par « clignement d’œil» ; il faut y substituer le mot «sourire. »

^ Jal gvi sgô nas, littéralement «de la porte du visage. »

Brahmâ, après avoir effacé par ieur splendeur la clarté du soleil et de la lune, revinrent sur euxmêmes, et s’éteignirent dans l’excroissance de la tête de Bhagavat.

Ensuite, le lils de dieu Çrîbhadravat, s’étant levé de dessus son tapis, ayant rejeté son manteau sur une épaule, mil en terre la rotule du genou droit, et, s’étant prosterné les mains jointes, adressa cette louange en vers à Bhagavat^ :

) . O toi qui possèdes la splendeur de l’éclat sans tache de

l’or pur.

Qui possèdes les divers signes excellents du grand homme,

au nombre de trente-deux , Qui brilles par cent mille millions de qualités, par des

qualités sans nombre.

Protecteur, par quel motif as-tu fait apparaître le sourire?

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