do, XXVI, fol
( Dharma-cakra-sûtra ) .
En langue de l’Inde : Dharma-cukra-sûtra.
En langue de Bod : Choskyi ^khor-loi n\do.
« Sûlradela roue delà loi. »
Adoration à celui qui sait tout.
Voici ce que j’ai entendu dire une fois. Le bienheureux Buddha (Buddlia Bhagavat) résidait à Bénarès (Vàrânasî) dans le bois des gazelles (Mrgadàva), à Rsivadana (Drangsrong-smra-va ), (Dharma-cakra.)
Alors Bhagavat parla ainsi au groupe des cinq Bhixus :
Dharma-cakra- pravartana-
SÛTRA.
1 . D’après le texte pâli du Sanyutta-nikâya (section V, Sacca-sanyutlam , fol. bâ-bi , de la collection Bigandet).
2. D’après le texte tibétain du Kandjour (section il/do, XXX, fol. 427-430).
En langue de l’Inde : Dharma-caki-a-pravartanasâl ra .
En langue de Bod : Choskyi ^khor lo rah-lii hskor-vai inc/o.
« Sûtra de la mise en mouvement de la roue de la loi. »
Adoration respectueuse aux trois joyaux sublimes.
Voici ce que j’ai entendu dire] une fois. Bhagavat résidait dans [le pays de] Bénarès ( Bàrànasî) , à Rsipatana (Isipatana), dans le bois [ou errent] des gazelles (k l’héritage des gazelles » migadâya , d’après le pâli).
Alors Bhagavat s’adressant au groupe des cinq Bhixus , leur dit :
S 1 . Les deux extrêmes et la voie du milieu.
Bhixns, lorsqu’on est novice ( rab-tu-byiing-nas ) , il faut se garder de tomber dans les DEUX EXTRÊMES , de s’y accoutumer, d’y attacher du prix.
Quels sont ces deux extrêmes ?
D’une part, quiconque recherche la félicité qui consiste ilans la poursuite des plaisirs (ou des désirs ') ( et est) bas, pervers, vulgaire, sans noblesse {ou race), celui-là (tombe dans l’un de ces extrêmes); d’autre part, quiconque, s’appliquant à s’exténuer soi-même, et souffrant, n’est pas respectable, estvoué à un régime nuisible (tombe dans l’autre extrême).
§ 1 . Les deux extrêmes et la voie du milieu.
Bbixus, voici les deux ex- TRÊ.MES auxquels un novice (pravrajita) ne doit pas se livrer ( — d’après le tibétain ; Bbixus et novices (rab-tubyung-va-dag) , voici les deux extrêmes auxquels il ne faut pas se livrer).
* Quels sont ces deux extrêmes?*
D’une part, quiconque, au sein des désirs, s’attache au bien-être qui vient des désirs , est bas, grossier, vulgaire, sans considération , voué’à un genre de vie nuisible (et tombe dans l’un des extrêmes); et d’autre part, quiconque s’applique à se tourmenter soimême , souffre , (est ) sans considération, voué à un genrede vie nuisible (et tombe dans l’autre extrême) (pâli).
D’après le tibétain : Ceux qui, dans ce monde , aspirent à la satisfaction des désirs et au bien-être, sont sans dignité (ou sans noblesse) et bas; ce sont des gens vulgaires , parce qu’ils s’adonnent à un genre
‘ Selon une variante: «Quiconque recherche l’aumône pour la satisfaction du désir. (Dulva.)
Pour vous , ne tombez pas dans ces deux extrêmes, attendu que la voie du milieu (ou la VOIE moyenne), qui produit la vue, qui produit la connaissance, aboutit au calme absolu, à la connaissance supérieure (ou surnaturelle), à la Bôdhi parfaite, au Nirvana.
de vie nuisible (=sansutililé) ; (ils tombent dans un des extrêmes ) : ceux qui tourmentent leurs corps et sonlTrent de privations, s’adonnent à un genre de vie nuisible par des pratiques qui ne sont pas louables; (ils tombent dans l’autre extrême), — ou encore, pour cette dernière partie :
ceux qui s’adonnen t à un genre de vie nuisible par les pratiques peu recommandables de tourments infligés à leur propre corps et de privations douloureuses (tombent dans l’autre extrême).
Tels sont , Bhixus , ces deux extrêmes; il faut prendre garde d’y tomber (tibétain), ou. si l’on évite d’y tomber (pâli), la VOIE MOYENNE, perçue à l’aide de la Bôdhi par le Talhàgata {selon le tibétain:
proclamée par le Tathâgata, devenu un parfait Buddlia), et qui produit l’œil [ou la vue) , qui produit la connaissance, aboutit au calme absolu (= à la cessation), à la connaissance supérieure (ou surnaturelle) , à la Bôdhi parfaite (selon le tibétain: à la compréhension parfaite), au Nirvàna.
Cette voie moyenne , quelle est-elle? dira-t-on.
C’est la voie sublime à huit branches, savoir : la vue parlaite ; — le raisonnement parfait; — la parole parfaite; — la fin de l’œuvre parfaite; — la vie parfaite ; — l’effort parfait; — la mémoire parfaite; — la contemplation parfaite.
{Reprise du récit.)
En vertu du système que Bhàgavat adopta pour instruire, par cette doctrine, le groupe des cinq Bhixus, il communiquait avant midi la parole de l’enseignement à deux des Bhixus de ce groupe, et en envoyait trois mendier en ville ; ils vivaient ensuite
Et quelle est-elle , Bhixus , cette voie moyenne perçue par leTathâgata au moyen de la Bôdhi, et qui, produisant l’œil, produisant la connaissance, aboutit au calme absolu, à la connaissance supérieure , à la Bôdhi parfaite , au Nirvana?
C’est précisément la vole sublime à huit branches, telles que : la vue parfaite; — le raisonnement parfait; — la parole parfaite; — la fin de l’œuvre parfaite ; — la vie parfaite; — l’effort parfait; — la mémoire parfaite; — la contemplation (sa'màdhi) parfaite.
C’est là, Bhixus, la voie moyenne, perçue par le Taihâgata au moyen de la Bôdhi, et qui, produisant la vue, produisant la connaissance, aboutit au calme absolu, à la connaissance supérieure, à la Bôdhi parfaite, au Nirvàna.
tous les six de ce que ces trois avaient recueilli. Après midi, Bhagavat communiquait à trois des cinq Bhixus la parole de l’enseignement, et en envoyait deux mendier en ville; les cinq vivaient alors de ce que ces deux avaient recueilli.
Le Tathàgata ne mange qu’avant midi.
(Dul-va, Abhiniskramnnasûtra. )
S II. Enumération et définition des vérités.
1. Voici donc, Bhixus, ce que c’est que la vérité sublime de la DOULEUR.
La naissance est douleur, la maladie est douleur, la mort est douleur *, le chagrin , la lamentation, la soufl’rance, la tristesse, l’alBiction, tout cela est douleur * ‘ ; — l’union avec l’objet haï est douleur, la séparation d’avec l’objet aimé est douleur; — ne pas obtenir ce qu’on désire est douleur; — en somme les cinq agrégats de la perception , voilà la douleur.
‘ Phrase manquant dans la traduction tibétaine, quelquefois même supprimée dans les textes pâlis de la prédication de Bénarès, mais très-fréquemment répétée dans d’autres textes pâlis, sanskrits , tibétains.
2. Voici donc aussi, Bhixus, ce qu’est la sublime vérité de l’oRiGiNE de la douleur :
C’est la soif de revenir à l’existence, c’est la joie unie a rattachement (ou à la passion) qui se livre au plaisir à tout propos, c’est-à-dire, la soif des désirs , la soif de l’existence, la soif de l’agrandissement de l’existence
3. Voici donc aussi , Bhixus , ce que c’est que la sublime vérité de la destruction de la douleur.
C’est précisément la destruction de cette même soif par la suppression absolue des attachements; (c’est) le renoncement, le rejet complet, la délivrance, le détachement (par rapport à cette soif ^ ).
4- Voici donc aussi , Bhixus , ce que c’est que la vérité sublime (appelée) la voie qui tend à la destruction de la douleur.
C’est précisément ce chemin à huit branches [ou sec-
* D’apris le tibétain : c’est la soif d’exister, la passion du plaisir, l’ardeur à se livrer au plai.sir en toute occasion, c’est-à-dire la soif des désirs, la soif de la transmigration, la soif de la privation de la transmigration (!).
^ D’après le tibétain : c’est l’absence complète de désirs par rap-
SU (III). Évolution (ou Énumération ) duodécimale des vérités.
Ensuite Bhagavat parla ainsi au groupe des cinq Bhixus :
1 . Blîixus, au sujet de lois qu’on n’avait point encore entendu (exposer) avant moi, j’ai dit : Voilà la sublime vérité de la DODLEDR. Quand je fus bien pénétré de cette idée selon la réalité [ou la règle), l’œil naquit pour moi, la connaissance naquit, la science naquit, le discernement naquit, le raisonnement naquit.
2. Bhixus , au sujet de lois qu’on n’avait point encore entendu (exposer) avant moi, j’ai dit ; Voilà I’origine de la douleur. Quand je fus bien pénétré de cette idée selon la règle, l’œil naquit pour moi, la connaissance naquit, la science naquit, le discer-
tions), à savoir : la vue parfaite la contemplation par-
faite.
S 111. Evolution (ou Enumération) duodécimale des vérités.
1. Telle est la sublime vérité de la DOULEUR, ai-je dit. A ces mots, Bhixus , relativement à des lois qu’on n’avait point encore entendu (exposer), l’œil naquit pour moi, la connaissance naquit , la connaissance avancée [ou la haute sagesse) naquit, la science naquit, la vue (ou la lumière) naquit.