Deuxième exhortation à bien retenir
Gardez bien, ô vous, Bhixus, les quatre vérités sublimes que j’ai enseignées.
A ces mots, un des Bbixus parla ainsi à Bhagavat : Pour moi, ô vénérable, je garde avec soin les quatre vérités enseignées par Bhagavat.
Comment donc , et de quelle façon , gardes-tu , toi , Bhixu , les quatre vérités sublimes que j’ai enseignées ?
La DOULEUR, ô vénérable, telle est la première vérité enseignée par Bhagavat; je la garde avec soin, et si quelqu’un , ô vénérable, soit Cramana, soit Brahmane, venait dire : « Ce n’est pas là la douleur, la première vérité sublime (celle) que le Çramana Gôtama a enseignée ; et moi, après avoir réfuté [ou à l’encontre de') cette première vérité sublime de la douleur, je ferai connaître une autre première vérité su-
‘ Le mot du texte est paccàkhhâya (= pratvaxàya). Pratjaxâya serait le datif de prnijaxam a sous les yeux, en présence de;» mais ce mot exige un complément au génitif; or nous avons l’accusatif (arijasaccam, paccakhhâya). Je sais bien qu’on dit avec une construction accusative Gôtamam. dmsanâya upakasnissâmi «j’irai pour voir [classanâya au datif) Gotania; » mais cet accusatif est motivé par le verbe renfermé dans le substantif dassanâya; on ne pourrait pas expliquer aussi facilement l’accusatif construit avec pratyaxàya. — Paccakkhâyii pourrait être le participe passé indéclinable du verbe XI «détruire,» augmenté des prépositions prali+â, ce qui donnerait la forme pratyâxîya : cette forme peut-elle être l’origine du pâli paccakkhâya? Je ne voudrais pas l’affirmer; je traduis cependant en me fondant sur cette identification; l’autre traduction «à l’encontre de» SI' réfère à paccakkhdva = pratyaxàya = pratyaxam.
blime de la douleur,» celle ihèse ne sérail pas admise {nétam thânam vijjaii).
La PRODUCTION de la douleur, ô vénérable, etc.
L’empêchement de la douleur, ô vénérable, etc.
La VOIE qui tend à l’empêchement de la douleur, telle est, ô vénérable, la quatrième vérité sublime, enseignée par Bhagavat, et que je garde avec soin; et si quelqu’un, Çramana ou Brahmane, venait dire : «Ce n’est pas là, etc.. . . » celte thèse ne serait pas admise. — C’est ainsi que moi, ô vénérable, je garde avec soin les quatre vérités sublimes enseignées par Bbagavat.
Bien, bien, Bhixu! oui, tu gardes bien les quatre vérités sublimes que j’ai enseignées. — La douleur, Bhixu, telle est la première vérité sublime que j’ai enseignée ; tu la gardes telle qu’elle est; et si quelqu’un, Bhixu, soit Çramana, soit Brahmane, parlait ainsi: «Ce n’est pas là cette première vérité sublime de la douleur, que le Çramana Gôtama a enseignée; mais moi, après avoir réfuté celte première vérité sublime de la douleur, je ferai connaître une autre première vérité sublime de la douleur ‘, » celte thèse ne serait pas admise. — La PRODUCTION de la douleur, Bhixu, etc.. . . — La destruction de la douleur, Bhixu, etc. — La voie cjui tend à la destruction de la douleur, Bhixu, telle est la quatrième vérité sublime que j’ai enseignée, et si quelqu’un, Çramana
ou Brahmane, venait dire, etc cette thèse ne serait pas
admise.
Garde bien ainsi, Bhixu, les quatre vérités sublimes que j’ai enseignées. En conséquence, Bhixu , après avoir dit: Telle
* Celte phrase, répétée plusieurs fois, et qui exprime la pensée même du sûtra, peut être prise dans deux sens différents; elle signi- Ge, ou bien : Ce n’est pas là la vérité de la douleur enseignée par Bhagavat; ou bien ; Cette vérité, enseignée par Bbagavat, n’est pas la vraie douleur. La première interprétation met en question la mémoire ou l'intelligence du disciple; la deuxième met en question la doctrine du maître. On attendrait plutôt le deuxième sens; mais il est probable que la phrase n’exprime que le premier.
est la douleur, il faut s’y appliquer étroitement Après
avoir dit : Telle est la voie qui mène à la destruction de la douleur, il faut s’y appliquer étroitement.