parijnàla, prahîna, sâxât krta, bhâvita
Si l’on énumère les termes en suivant les colonnes verticales, on se conforme à l’ordre du Db. c. pr. pâli; si on les énumère suivant les lignes horizontales , on se conforme à celui des textes tibétains, du Mabâvastu et du Lalitavistara.
Voilà cette fameuse théorie de l’évolution duodécimale pour laquelle nos textes réservent leurs éloges les plus hyperboliques, à laquelle ils attribuent d’une manière toute spéciale les effets les plus puissants. C’est en découvrant cette admirable arithmétique que le Buddha trouva «l’oeil, la connaissance, la connaissance supérieure, la science, la lumière, » termes auxquels le Mahâvastu et le Lalitavistara en ajoutent encore deux, 6/iuri et mêdhâ, qui désignent l’intelligence et la sagacité. Je renonce à étudier un à un, en eux-mêmes, et dans les tra-
ductions tibétaines, les termes de cette énumération; je veux seulement dire un mot de deux d’entre eux, du mot vijjâ u science , « pour faire remarquer que c’est celui qui est le sujet du huitième sûtra du Dli. c. pp. vaggô pâli, et du mot âlôka, le dernier de l’énumération, diversement rendu en tibétain. Les traductions du Dh, c. pr. et du Lalitavistara disent l’une et l’autre snaiï-va «lumière;» mais les textes tibétains emploient vtogs «raisonnement,» ce qui donnerait à penser que le mot du texte original inconnu pouvait nôtre pas ulôlia, mais cela est peu probable. L’accord des textes sur le reste de l’énumération ne permet pas d’admettre une variante sur ce point, et l’on comprend sans rlilhculté une divergence d’interprétation; les idées de lumière et de raisonnement se rencontrant dans celle de «vue, » qui paraît être le sens propre du mot âlôka'.
L’énumération à laquelle nous venons de consacrer quelques lignes est répétée à chaque affirmation du texte, c’est-à-dire douze fois; elle est suivie d’une sorte de conclusion que l’on peut considérer comme
* Un texte du Palisambhida (le XN' ouvrage, .selon Turnour, du hhuddaka-niliâja] , inlhulé Dhammacakkaiipavattcma-lcathâ, sorte de commentaire ou d’amplification des principaux termes de la prédication de Bénarès, met en présence âlôka n vue» et ohliâso a lumière..- Obliâso est le mot pâli qui correspondrait au tibétain sna/t-va: on voit que les deux termes âloka-obhaso étant corrélatifs, âlôka doit signifier « la vue, » et les deux termes concordent avec le mot cakkhu «œil,» répété aussi souvent qu’eux. 11 est évident que l’œil, la vue, et la lumière dont il s’agit, sont intellectuels, et que, par conséquent, le tibétain rforys «raisonnement» peut fort bien désigner cette « vue » de l’esprit.
J. As. Extrait u” i i. (1866-1870.)
une quatrième partie du discours, mais qui se rattache expressément à la troisième ; nous lui consacrerons néanmoins un paragraphe spécial.